Quelques mois après la signature, Jessica raconte comment l’équipe est passée d’une idée à un garage bien à elle. À ses côtés depuis le début, Amélie Carrier, experte en transfert chez Repreneuriat Québec, pose son regard sur chaque étape de cette histoire.
Une idée qui mûrissait depuis des années
L’idée de reprendre le garage flottait dans l’air depuis longtemps. Une fois l’idée devenue un vrai projet, il a encore fallu deux ans pour la mener à terme. « Le temps de réfléchir, de planifier, j’en passe », nous raconte Jessica, une des repreneurs.
Au début, ce sont surtout les doutes qui prennent de la place. « On se remet beaucoup en question », confie Jessica. C’est à ce moment qu’Amélie Carrier entre dans l’histoire, il y a environ deux ans et demi. Son soutien est d’abord psychologique. Elle propose à l’équipe des pistes de réflexion pour s’assurer que le match est bon à quatre.
Avec le recul, Jessica sait que tout commence par une conversation. « Il y a beaucoup de gens qui ont l’intérêt de reprendre une entreprise et qui n’en parlent pas. » Son conseil est simple, il faut d’abord en parler, puis planifier tôt.
De l’intention à l’action
Une fois l’idée sur la table, une autre question se pose. « C’est beau d’en parler avec les vendeurs, mais quelle est la première action ? Qui appeler ? »
Amélie aide alors l’équipe à bâtir son plan, puis l’accompagne à chaque étape. Repreneuriat Québec lui donne accès à une boîte à outils et à de la documentation pour préparer les rencontres avec les professionnels. Chaque fois que Jessica lui envoie un document, Amélie le relit et revient avec des commentaires constructifs. La lettre d’intention, par exemple, passe entre ses mains avant d’être confiée à un avocat. Cet accompagnement leur a permis de passer de l’intention à l’action.
Mais le chemin reste long, des enjeux surgissent en cours de route, et les contraintes de temps prennent plus de place que prévu.
Ce temps de préparation, Amélie le recommande tout autant à ceux qui vendent.
Le regard d’Amélie Carrier, experte en transfert
Vous pensez vendre votre entreprise dans les prochaines années ?
Accordez-vous du temps. Un délai suffisant évite les situations d’urgence et les compromis contraires à vos attentes. Faites le point sur vos objectifs personnels et vos besoins financiers avant d’être sous pression, puis définissez votre scénario de transfert idéal, en tenant compte des impacts comptables, financiers, légaux et fiscaux.
Votre entreprise représente souvent une grande part du patrimoine que vous avez bâti. Sa juste valeur marchande s’établit pourtant de façon rationnelle et comptable, jamais émotive. Faites-la établir par des professionnels indépendants. Avec l’heure juste, vous pourrez cibler les stratégies qui optimiseront cette valeur avant la vente.
Deux générations sous le même toit
Le défi qui a suivi Jessica à toutes les étapes, c’est la cohabitation intergénérationnelle. « Pour moi, c’est un très gros défi. »
La technologie arrive en tête de liste. Il y a aussi le fameux statu quo, ces façons de faire qui ont toujours fonctionné. « Quand on a toujours les mêmes procédures, il faut les remettre en question. Ça allait bien, mais est-ce que c’est la meilleure façon de faire, la plus efficace ? » Et de l’autre côté de la balance, il y a la fiabilité et les connaissances accumulées.
Le regard de l’experte
Le fossé générationnel est un défi courant, malgré tout ce que la cohabitation apporte. Les valeurs et les styles de gestion diffèrent, et les divergences apparaissent vites sur les décisions à prendre. Le vendeur peut privilégier une gestion traditionnelle et prudente. L’acheteur veut souvent moderniser les processus et intégrer de nouvelles technologies.
Cadrez la cohabitation comme un vrai plan de match. Des rôles et des responsabilités clairement définis évitent la confusion et limitent les conflits. Ils donnent aussi à l’acheteur la crédibilité dont il a besoin pour diriger. Une communication bien organisée autour du transfert rassure ensuite l’équipe, tout comme vos partenaires d’affaires.
Le rêve de tout entrepreneur
Sur papier, Alain reste deux ans comme commis aux pièces. Jessica le voit rester bien plus longtemps. « Alain, c’est un passionné. Je pense qu’il va rester longtemps, à temps plein ou à temps partiel, par passion. »
Les nouveaux propriétaires, eux, mesurent leur chance. « Pour nous, c’est un privilège de travailler avec quelqu’un qui a autant d’expérience et qui veut nous accompagner. » Alain est là pour éclairer, et c’est l’équipe qui tranche. Quand se présente un enjeu, l’équipe se tourne vers lui et peut profiter de ses conseils pour ensuite prendre les décisions qui correspondent le plus à leur vision.
Le regard de l’experte
Vendre son entreprise, c’est souvent le projet le plus important d’une vie d’entrepreneur. Le vendeur a besoin d’être compris et guidé, dans une relation fondée sur la confiance. La charge émotive est normale, car il y a énormément de temps et d’énergie mis dans l’entreprise. Mais il est maintenant temps d’envisager sa pérennité d’une manière différente.
La période de cohabitation est aussi l’occasion de transférer des savoirs et des façons de faire, souvent peu ou pas documentés. Le vendeur acquiert une posture de mentor. Ensemble, vendeur et acheteur cernent les compétences qui restent à acquérir, et la façon d’y arriver.
La suite s’écrit à dix
Depuis la signature, l’équipe avance à son rythme. Des investissements ont été faits, notamment pour la sécurité. Pour l’instant, la priorité est de peaufiner les processus pour répondre à la demande actuelle. Deux mécaniciens rejoindront bientôt l’équipe, qui comptera alors dix personnes.
Et après ? Jessica voit déjà plus loin. « Ensuite, on parle peut-être d’un agrandissement, de nouveaux produits et de nouvelles marques. Il faut rester à l’affût ! »
Le regard de l’experte
Avant de changer le terrain, mieux vaut bien le connaître. Ici, la relève est impliquée dans les opérations depuis plusieurs années. Elle connaît l’entreprise et sait déjà repérer les irritants et les améliorations à apporter.
Vous achetez une entreprise de l’extérieur ? Évitez les changements majeurs pendant les premiers mois. Prenez le temps de comprendre les rouages de l’entreprise et de maîtriser ses processus avant de choisir vos priorités.
Le premier pas
À ceux qui hésitent encore, Jessica répète ce qu’elle a appris en chemin. « Commencez le processus le plus tôt possible et soyez accompagnés par une équipe multidisciplinaire qui a vos intérêts à cœur. » Un accompagnement solide, des années à l’avance, peut être avantageux, entre autres, sur les plans financier et fiscal.
Nos experts en transfert d’entreprise accompagnent vendeurs et acheteurs dès les premières réflexions, comme Amélie l’a fait pour l’équipe du Garage Alain Bolduc. Et comme le rappelle Jessica, tout commence par une conversation.
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