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Par Sylvain Caron, CPA, EEE, CFF

Bien qu’il soit essentiel de préparer la documentation adéquate afin de faciliter la vente de son entreprise, le présent article discutera littéralement des stocks. Si vous êtes mal préparés, ils peuvent entraîner des discussions difficiles, des ajustements de dernière minute, voire des conflits après la vente.

Un actif stratégique

Dans le cadre d’une transaction d’achat ou de vente d’entreprise, une mauvaise compréhension ou une évaluation imprécise des stocks peut entraîner des écarts significatifs entre la valeur réelle de l’entreprise et le prix payé, pouvant mener à des litiges post‑transaction ou une diminution de la valeur pour l’une des parties.

Dans plusieurs PME, la valorisation des stocks est reléguée au second plan. Les systèmes de suivi et les contrôles sont parfois insuffisants et les décomptes d’inventaire sont réalisés rapidement en fin d’exercice. Dans ce contexte, les stocks deviennent un simple poste au bilan, sans réelle analyse critique.

Une incidence sur les flux monétaires et la valeur

Pourtant, les stocks sont souvent un actif essentiel à la capacité de l’entreprise de générer des flux monétaires. D’une part, ils peuvent représenter une partie importante des décaissements et avoir une incidence sur le besoin de fonds de roulement. D’autre part, les inventaires représentent un élément clé du coût des marchandises vendues et de la rentabilité de l’entreprise.

Une erreur d’évaluation des stocks peut donc fausser la perception de la performance financière réelle de l’entreprise ou des risques, ainsi que l’analyse du fonds de roulement, faisant en sorte d’affecter potentiellement en double le prix de vente, soit au niveau de la rentabilité et du fonds de roulement.

Les facteurs de la valeur des stocks

L’analyse des stocks doit dépasser le simple décompte annuel. Trois (3) facteurs doivent être considérés : la quantité, la valeur et la qualité.

Une pièce peut se retrouver en plusieurs exemplaires et il est possible de lui attribuer un coût unitaire, mais il est important de prendre en compte si cette pièce est désuète ou bien si la période d’écoulement est très longue (quantité en trop ou utilisation spécifique).

La découverte d’écart peut entraîner une perception de risque additionnel de la part de l’acheteur.

L’incidence des erreurs d’évaluation sur le fonds de roulement

Une sous‑évaluation ou une surévaluation des stocks depuis plusieurs exercices aura une incidence sur le calcul du fonds de roulement requis. Dans une transaction, la cible de fonds de roulement établie au départ peut être remise en question lors de la vérification diligente ou, pire encore, à la clôture lors du décompte final.

Imaginons une entreprise qui sous‑estime historiquement son inventaire. Si, au moment de la clôture, la valeur des stocks augmente significativement sans variation notable du volume d’affaires, le vendeur voudra réclamer un ajustement de fonds de roulement positif. L’acheteur, pour sa part, pourrait remettre en question la fiabilité des données historiques et la pertinence de la cible de fonds de roulement.

Ce dernier se questionnera à savoir si l’inventaire n’était pas sous‑évalué depuis longtemps et que la cible de fonds de roulement n’était pas trop basse. Ce questionnement peut alors provoquer des délais pour conclure la transaction ou mener à un litige post‑clôture.

En contrepartie, si la valeur des stocks à la clôture est plus basse que celle présentée aux états financiers historiques, l’acheteur pourra percevoir un risque supplémentaire par rapport au prix payé ainsi que pour les garanties possibles reliées au financement.

Finalement, une valeur plus basse des inventaires à la clôture à la suite d’un travail plus minutieux peut affecter le prix à la baisse pour le vendeur et ainsi créer des frustrations.

Les effets sur la rentabilité et la valeur d’entreprise

Une mauvaise évaluation des stocks affecte également la rentabilité présentée aux états financiers. La valeur d’entreprise étant généralement déterminée en fonction de la rentabilité de cette dernière, une variation des bénéfices aura une incidence directe sur la valeur.

Bien que le maintien de la méthodologie, aussi bonne qu’elle soit, puisse niveler les écarts d’un exercice à l’autre, car l’inventaire du début aura les mêmes enjeux que l’inventaire à la fin, un changement dans les activités de l’entreprise peut exposer ces faiblesses et générer des écarts subséquents si la méthodologie n’est pas ajustée.

Un ajustement ponctuel de la valeur des stocks aura une incidence directe sur les bénéfices de l’entreprise. Une présentation adéquate des ajustements permet alors de bien identifier les ajustements et redresser le bénéfice en conséquence.

À titre d’exemple, un ajustement pour désuétude dans le dernier exercice pourrait s’appliquer à des stocks qui sont désuets depuis quelques années. Bien qu’un ajustement du dernier exercice soit nécessaire, il faut aussi se questionner si cet ajustement ne doit pas être alloué à plusieurs exercices antérieurs.

Des ajustements importants de la rentabilité pourront provoquer une renégociation du prix ou des conditions.

Pourquoi agir avant la transaction

Contrairement aux immobilisations, les stocks sont dynamiques, sensibles aux cycles économiques, à l’obsolescence, à la gestion opérationnelle et aux politiques comptables. Tous ces éléments peuvent être des sources potentielles de tension pouvant être atténuées par une analyse rigoureuse réalisée en amont de la transaction.

La démonstration d’une gestion adéquate des stocks et de leur valorisation contribue à réduire la perception de risque par l’acheteur et possiblement offrir un levier pour la création ou la protection de la valeur.

Suivant les tendances démographiques, les entrepreneurs représentent une population vieillissante année après année. La proportion d’entrepreneurs de moins de 40 ans est en baisse depuis plus de 30 ans. Entre 1978 et 2024, la proportion d’entrepreneurs de moins de 40 ans est passée de 42% à 24,1%, et l’âge moyen des entrepreneurs est passé de 43 ans à 50 ans[1].

Cette réalité soulève un enjeu majeur pour la survie des entreprises : au-delà du changement de propriétaire lors du transfert, il y a des années de savoir, d’expérience et de savoir‑faire qui sont à risque de quitter l’organisation. Sans une approche structurée pour préserver et transmettre ces connaissances, la continuité même des activités pourrait être compromise.

L’importance du savoir organisationnel 

Le savoir organisationnel regroupe l’ensemble des connaissances qui permettent à une entreprise de fonctionner, de s’adapter et de croitre. Il se décline en deux grandes catégories. D’abord, les connaissances explicites, qui sont formalisées : procédures, outils, guides et politiques internes. Ensuite, les connaissances tacites, qui sont moins formelles et s’acquièrent principalement par l’expérience. Le savoir‑faire, les réflexes d’affaires, les relations et l’intuition en sont des exemples concrets. Bien qu’essentielles, ces connaissances tacites sont aussi les plus fragiles, puisqu’elles sont rarement documentées et souvent concentrées entre les mains de quelques personnes clés.

Du risque à l’action : protéger les savoirs essentiels

La perte de savoir comporte des conséquences concrètes pour les entreprises : baisse de performance, erreurs opérationnelles, dépendance accrue à certaines personnes clés et allongement de la courbe d’apprentissage pour la relève. Dans un contexte de transfert d’entreprise, le tout peut fragiliser la continuité des activités et menacer la pérennité de l’organisation. La réponse à ces enjeux ne réside pas dans un transfert exhaustif, mais plutôt dans une priorisation rigoureuse des savoirs « critiques ». Lors d’un transfert d’entreprise, la perte de savoir est souvent amplifiée par un décalage entre les compétences du cédant et celles du repreneur, surtout lorsque ce dernier présente un profil différent ou complémentaire plutôt que similaire.

À cela s’ajoute un autre enjeu souvent sous-estimé : la dépendance excessive à un dirigeant fragilise l’entreprise lors d’un transfert. Lorsque décisions, relations clés et savoirs critiques sont trop centralisés, la transmission devient plus difficile et la continuité des activités est menacée. Une décentralisation progressive du savoir et des rôles permet toutefois de renforcer la pérennité de l’organisation et sa capacité à fonctionner malgré un transfert ou l’absence prolongée du dirigeant.

Et les ressources humaines dans tout cela ?

Trop souvent mobilisées tard dans le parcours de transfert, notamment pour gérer l’annonce d’un transfert, les ressources humaines peuvent pourtant jouer un rôle plus important qu’on le pense. Leur expertise permet de cartographier les savoirs critiques et les connaissances, de cibler les zones de vulnérabilité et d’accompagner autant le cédant que le repreneur. En plaçant les RH au cœur de la démarche, les entreprises se donnent les moyens de structurer un transfert de savoir cohérent, humain et durable.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire l’article de Les Affaires Et si les RH prenaient le repreneur sous leur aile? à laquelle a participé notre Alexandre Ollive, pdg de Repreneuriat Québec.

Les leviers d’un transfert de connaissances efficace

Un transfert de savoir efficace repose sur des méthodes adaptées à la nature des connaissances à préserver. Les connaissances explicites peuvent être transmises à l’aide d’outils structurés comme la documentation, les guides ou la formation. Les connaissances tacites requièrent des approches axées sur l’humain, telles que le mentorat, le jumelage ou l’observation en situation réelle. Dans ce cas-ci, une transition « progressive » avec une cohabitation entre le cédant et le repreneur peut être bénéfique au partage de connaissances tacites.

Transmettre pour durer

Le savoir est un capital vivant d’une grande importance et d’une grande fragilité. Il doit lui aussi se transférer pour permettre aux organisations de se pérenniser dans le tissu économique et social du Québec. En structurant les pratiques de transfert et en en faisant une priorité stratégique, les organisations se donnent les moyens de traverser les transitions avec succès, tout en valorisant l’expertise humaine qui constitue leur véritable richesse.

[1] Portrait des entrepreneurs 2025 – Ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (Québec)

Imaginez ceci.

Vous êtes propriétaire d’entreprise depuis plusieurs années. Les affaires vont bien. Les contrats s’enchaînent, les liquidités s’accumulent, vous investissez, vous bâtissez quelque chose de solide. Vous commencez à réfléchir à l’avenir : vendre l’entreprise, la transférer à un associé, à un membre de la famille ou préparer votre relève.

Et puis, sans prévenir, un problème surgit : un litige avec un client, une poursuite, un conflit avec un fournisseur, une erreur coûteuse, une réclamation inattendue.

En quelques semaines, ce que vous avez mis des années à construire est exposé et à risque.

Ce scénario n’a rien d’exceptionnel. Il arrive chaque jour à des entrepreneurs de tous les secteurs. Et pourtant, beaucoup réalisent trop tard qu’ils n’avaient mis en place aucune véritable stratégie pour protéger leurs actifs.

C’est précisément là qu’entre en jeu la protection d’actifs.

Qu’est-ce que la protection d’actifs ?

La protection d’actifs consiste à mettre en place des mesures légales, administratives et juridiques afin de protéger, le mieux possible, le patrimoine de l’entreprise et de l’entrepreneur contre divers risques :

  • Poursuites civiles
  • Dettes commerciales
  • Litiges contractuels
  • Responsabilités professionnelles
  • Obligations fiscales
  • Enjeux environnementaux

Concrètement, il ne s’agit pas de cacher des biens ou d’éviter ses responsabilités. Il s’agit plutôt de structurer intelligemment son entreprise pour éviter qu’un problème mette en danger les activités de l’entreprise, ses actifs ainsi que ceux du propriétaire (vous-même).

Sans protection adéquate, ces risques peuvent affecter directement les liquidités, les immeubles, les placements ou même la survie de l’entreprise.

À qui s’adresse la protection d’actifs ?

La réponse est simple : à toute personne en affaires.

Le risque est présent partout, et ce, même avant le démarrage d’une entreprise. En effet, se lancer en affaires implique souvent de prendre des risques financiers importants pour concrétiser un projet. Peu importe la taille de l’entreprise ou le secteur d’activité, le simple fait d’exploiter une activité commerciale crée une exposition aux risques.

D’ailleurs, plusieurs entrepreneurs font déjà de la protection d’actifs sans le savoir. Par exemple, le fait d’incorporer son entreprise en société par actions est déjà une première mesure de protection.

Cela dit, la protection d’actifs devient encore plus cruciale dans certains domaines : construction, services professionnels, immobiliers, transport, fabrication, restauration ou toute activité comportant des risques élevés ou des responsabilités importantes. Dans ces cas, une structure plus robuste est souvent nécessaire.

Comment peut-on faire de la protection d’actifs ?

L’objectif est toujours le même : protéger le patrimoine de l’entreprise sans nuire à ses opérations.

D’abord, certaines mesures administratives sont essentielles :

  • La présence de contrats clairs et complets
  • Des assurances adaptées
  • Une bonne gestion interne
  • Une documentation rigoureuse

Ces éléments réduisent les risques à la source.

Prenons un exemple fréquent : un entrepreneur qui signe systématiquement des contrats bien rédigés et qui maintient des assurances adéquates réduit déjà certains risques.

Cela dit, aussi essentielles soient-elles, ces mesures peuvent s’avérer insuffisantes à elles seules.

Ainsi, il est pertinent de savoir qu’il existe des stratégies juridiques plus avancées pouvant offrir une protection supplémentaire, notamment :

La société de gestion (holding)

Imaginez votre entreprise opérante comme un navire en pleine mer. Elle génère des revenus, mais demeure exposée aux tempêtes. La société de gestion agit comme un port sécuritaire : on y transfère les liquidités excédentaires ou certains investissements afin d’éviter de les laisser à risque dans l’entreprise opérante. En plus d’agir comme moyen de protection, la société de gestion est un véhicule qui permet une planification à long terme notamment dans le cadre de tout transfert d’entreprise.

La fiducie

La fiducie permet d’isoler des actifs importants, comme des immeubles, des placements ou des actions. Comme elle possède un patrimoine distinct de celui de la société opérante et de celui de l’entrepreneur, elle offre une couche de protection supplémentaire et, dans certains cas, une flexibilité intéressante en matière de planification à long terme notamment dans le cadre de tout transfert d’entreprise, tout en sécurisant une partie des actifs. Elle permet également de mieux protéger la société contre les créanciers de l’entrepreneur.

La purification corporative

Cette stratégie consiste à séparer les activités à risque des actifs importants. Par exemple, une société peut être responsable des opérations, tandis qu’une autre détient les immeubles ou les placements. Ainsi, un problème opérationnel n’affecte pas automatiquement l’ensemble du patrimoine. En plus de limiter les risques, la purification corporative permet des économies d’impôts importantes lorsqu’elle est appliquée correctement notamment dans le cadre d’un transfert ou d’une vente d’entreprise.

L’autofinancement et les hypothèques internes

Dans certains cas, la société de gestion peut prêter des fonds à l’entreprise opérante et prendre une hypothèque en garantie sur les actifs de cette dernière.

Chaque stratégie doit être adaptée à la réalité de l’entrepreneur. Il n’existe pas de solution universelle.

À quel moment faut-il penser à la protection d’actifs ?

Le meilleur moment, c’est avant qu’un problème survienne.

Idéalement, la protection d’actifs devrait être envisagée avant même le démarrage d’une entreprise. Une consultation précoce permet de mettre en place, dès le départ, une structure adaptée.

Bonne nouvelle : si vous êtes déjà en affaires, il n’est pas trop tard. Toutefois, il est essentiel d’agir avant qu’un litige, une poursuite ou un conflit ne survienne. Une fois qu’un problème est sur la table, les options deviennent beaucoup plus limitées. En matière de protection d’actifs, l’anticipation est la clé.

Au-delà de la limitation des risques, la protection d’actifs possède un rôle clé dans toute vente ou dans tout transfert d’entreprise. En effet, une structure bien établie au sein de votre entreprise permettra de faciliter le processus de vente ou de transfert à tout tiers, employé ou membre de la famille notamment en :

  • Favorisant une meilleure transition
  • Assurant un sentiment de sécurité à la personne qui reprendra l’entreprise
  • Permettant une meilleure conservation de la valeur de l’entreprise bâtie au fil des années.

Les limites de la protection d’actifs

Il est important d’être clair : la protection d’actifs réduit les risques, mais elle ne rend ni l’entreprise ni l’entrepreneur intouchable.

Dans certaines circonstances, les administrateurs d’une société peuvent être personnellement responsables de certaines obligations de celle-ci, par exemple :

  • Les dettes fiscales portant sur les taxes à la consommation et des déductions à la source (DAS, taxes, impôts)
  • Certaines obligations en droit du travail
  • Certains enjeux environnementaux
  • Les cas de fraude ou de faute intentionnelle

Il faut également demeurer prudent à l’égard des cautionnements personnels pouvant être exigés, notamment par des institutions financières et des fournisseurs, particulièrement dans un contexte de croissance ou de transfert d’entreprise.

Un litige peut survenir. Une erreur peut arriver. Un conflit peut éclater.

Ce qui distingue l’entrepreneur qui traverse la tempête de celui qui y perd tout, c’est souvent la structure qu’il a mise en place avant que les choses ne se compliquent.

Une stratégie de protection d’actifs bien pensée permet de :

  • Compartimenter les risques plutôt que de tout exposer
  • Sécuriser les liquidités et les actifs clés
  • Préserver la pérennité de l’entreprise
  • Protéger ce que vous avez mis des années à bâtir
  • Augmenter la valeur de l’entreprise
  • Préparer toute vente ou tout transfert d’entreprise

Autrement dit, il ne s’agit ni d’une dépense inutile ni d’une précaution excessive. C’est un véritable outil de gestion et de croissance, au même titre qu’un bon plan d’affaires ou qu’une stratégie fiscale efficace.

Chaque entrepreneur est unique. Chaque entreprise comporte ses propres risques, ses propres objectifs et sa propre réalité. C’est pourquoi il n’existe pas de solution standard. Une bonne protection d’actifs commence toujours par une analyse personnalisée, réfléchie et adaptée à votre situation tant pour protéger l’entreprise aujourd’hui que pour assurer sa continuité demain.

Notre rôle, comme professionnelles, est justement de vous accompagner dans cette réflexion, de vulgariser les options, d’anticiper les risques et de bâtir avec vous une structure qui protège votre entreprise aujourd’hui et demain.

Vous souhaitez mieux protéger votre entreprise, ce que vous avez bâti et préparer tout transfert d’entreprise ? L’équipe d’EKITAS peut vous conseiller et vous accompagner dans la mise en place d’une structure adaptée à votre réalité.

Vous avez manqué le webinaire « Perspectives repreneuriat 2026 : bilan des intentions de transferts et de fermetures des entreprises du Québec » ?

La rediffusion complète est maintenant disponible.

Au programme :
→ Les tendances récentes en matière de transfert d’entreprise
→ Les enjeux liés à la fermeture et à la relève
→ Les pistes à considérer pour mieux se préparer

Un regard concret sur l’évolution du repreneuriat au Québec, à partir des données de l’Observatoire de Repreneuriat Québec. Un contenu utile pour prendre du recul… et mieux orienter ses prochaines décisions.
par Mes Sylvain Aird, Aurélia Vallette Grisel et Ophélie Lamard du cabinet Cain Lamarre

Une convention d’actionnaires est un document qui encadre les relations entre les actionnaires d’une entreprise. Elle est pertinente dès qu’il y a au moins deux actionnaires, notamment lorsqu’un repreneur se joint aux actionnaires existants ou que la reprise entraîne un changement complet de l’actionnariat.

La convention d’actionnaires permet notamment d’anticiper certaines situations auxquelles vous pourriez être confronté dans votre vie d’affaires. Elle prévoit les modalités de vente des actions et peut intégrer divers mécanismes importants, dont le retrait forcé.

Même si elle n’est pas obligatoire, il s’agit sans doute de l’un des outils les plus importants pour prévenir les conflits. À l’image d’une assurance, elle prend toute son importance lorsque surviennent des situations délicates.

Les lois corporatives, notamment la Loi sur les sociétés par actions (Québec) et la Loi canadienne sur les sociétés par actions, posent les bases du fonctionnement des sociétés par actions. Toutefois, elles n’encadrent pas tous les aspects en détail et laissent une certaine latitude aux actionnaires pour adapter les règles à leur réalité. C’est dans cet espace que la convention d’actionnaires prend toute son utilité.

Protéger l’entreprise

Un des mécanismes centraux de protection qui peut être mis en place dans la convention d’actionnaires est le droit de premier refus. Il oblige un actionnaire qui souhaite vendre ses actions à les offrir d’abord à ses coactionnaires avant de pouvoir les vendre à un tiers. S’ils refusent d’acquérir les actions selon les modalités convenues à la convention d’actionnaires, la vente à un tiers devient possible.

Dans la même logique, la convention peut prévoir ce qui se passe en cas de décès ou d’inaptitude d’un actionnaire. Elle peut imposer un processus précis de transfert des actions, afin d’éviter l’intégration dans l’actionnariat d’un tiers non désiré, tel qu’un descendant non impliqué dans les activités de la société. À défaut de telles clauses, vous pourriez vous retrouver en affaires avec les héritiers ou les proches de vos coactionnaires, lesquels pourraient avoir un pouvoir décisionnel important en fonction de leur détention d’actions. La convention permet ainsi de protéger la stabilité et la pérennité de l’entreprise.

La convention peut également prévoir des mécanismes de vente forcée d’actions en cas de survenance de certains événements, tels que l’adoption d’un comportement répréhensible. Ces comportements sont décrits à la convention et peuvent, par exemple, viser une fraude, une atteinte à la réputation de la société, une violation de la convention entre actionnaires ou encore d’un contrat important impliquant la société. Dans de telles situations, la convention peut prévoir un rachat des actions à un prix inférieur à leur juste valeur marchande, exposant ainsi l’actionnaire visé à des conséquences financières importantes.

Éviter la dilution

Le droit de préemption répond à un autre enjeu fondamental, soit la dilution de la participation des actionnaires.

Ce droit accorde aux actionnaires existants la priorité pour acheter les nouvelles actions émises par la société, avant qu’elles ne soient offertes à des tiers. L’achat se fait au même prix que celui offert aux tiers et au prorata des actions déjà détenues. L’objectif de ce mécanisme est de protéger les actionnaires d’une dilution potentielle de leurs droits. Il est particulièrement important pour les actionnaires minoritaires, puisqu’il limite la capacité des actionnaires majoritaires à diluer leur participation par l’émission de nouvelles actions.

Protéger l’information et l’activité

Une convention d’actionnaires inclut généralement des clauses destinées à protéger l’entreprise, au-delà de la simple détention des actions.

Ainsi, une clause de confidentialité impose à l’actionnaire de préserver les informations sensibles de la société et permet d’éviter toute divulgation non autorisée.

De son côté, la clause de non-concurrence restreint la possibilité, pour un actionnaire, de concurrencer l’entreprise. Elle s’accompagne le plus souvent d’une clause de non-sollicitation, qui empêche notamment le démarchage de clients, de fournisseurs ou d’employés de la société.

Ces engagements s’appliquent pour une durée déterminée, adaptée en fonction du rôle et du niveau d’implication de l’actionnaire.

Quand signer une convention d’actionnaires ?

La convention peut être mise en place avant le lancement de l’entreprise, en cours de route ou lors de l’arrivée d’un nouvel actionnaire.

Dans un contexte de reprise, une convention d’actionnaires peut donc déjà être en place et le repreneur pourra être appelé à y adhérer aux côtés des autres actionnaires. Il est alors essentiel d’en analyser attentivement les clauses, afin de négocier des ajustements potentiels. Dans d’autres situations, une nouvelle convention d’actionnaires peut être mise en place, que ce soit pour répondre à de nouveaux enjeux ou parce que la reprise entraîne un changement complet de l’actionnariat ou de la dynamique entre les actionnaires.

Cela dit, la convention d’actionnaires et ses clauses doivent être considérées le plus tôt possible, puisqu’il est toujours plus simple de s’entendre lorsque les relations sont bonnes, ce qui permet d’anticiper certaines situations plutôt que d’avoir à les gérer dans un contexte de tension.

Un document clé, en exploitation comme en transaction

La convention d’actionnaires est essentielle dans la gestion quotidienne de l’entreprise, mais elle l’est tout autant en amont d’une transaction.

En effet, lorsqu’un acheteur, notamment un repreneur, envisage l’acquisition d’une entreprise, il doit porter une attention particulière à l’existence de toute convention d’actionnaires. Dans certains cas, comme lors de la vente de la totalité ou de la quasi-totalité des actifs d’une société, la loi exige l’adoption d’une résolution spéciale, soit une résolution approuvée par au moins les deux tiers des voix exprimées par les actionnaires habiles à voter. Toutefois, une convention d’actionnaires peut prévoir un seuil différent, par exemple 90 %, ou encore accorder un droit de veto à un actionnaire, de sorte que son accord devient nécessaire même si le seuil légal est atteint, ce qui peut avoir un impact sur la réalisation d’une reprise.

De la même manière, certaines clauses peuvent encadrer la vente des actions en imposant des conditions particulières, comme l’obligation pour un acheteur ou un repreneur, d’acquérir également les actions des actionnaires minoritaires.

Il est néanmoins important de souligner qu’en pratique, notamment aux premières étapes d’une transaction et plus particulièrement dans le cadre d’une acquisition d’actifs, l’acheteur ou le repreneur n’a pas toujours connaissance de l’existence d’une convention entre actionnaires.

Il est ainsi essentiel d’être conscient de la possibilité d’existence d’une telle convention et de ses effets potentiels, puisqu’elle peut directement influencer la faisabilité et les modalités de la transaction.

En conclusion

La convention d’actionnaires est un outil stratégique qui permet d’éviter ou de régler plus facilement toute situation de conflit, de sécuriser l’entreprise et d’encadrer les relations entre actionnaires.

Elle est tout aussi importante au moment de créer une entreprise que lors de son acquisition ou de sa vente.

Enfin, elle doit être révisée régulièrement afin de refléter l’évolution de l’entreprise et des besoins de ses actionnaires, notamment lors d’une reprise.

Sommet du repreneuriat - Chiffres à l’appui, les entreprises reprises sont plus productives et plus innovantes

Québec, le 31 mars 2026 — Les entreprises ayant fait l’objet d’un transfert présentent une productivité supérieure à celles dont le propriétaire est demeuré le même. C’est ce que révèlent de nouvelles données dévoilées par l’Observatoire de Repreneuriat Québec à l’occasion du Sommet du repreneuriat tenu au Palais des congrès de Montréal sous le thème « Productivité, innovation et souveraineté économique ».

Il s’agit de la première étude québécoise à documenter de manière chiffrée cette réalité qui demeurait jusqu’alors une hypothèse. « Les entreprises issues d’un transfert sont substantiellement plus productives et innovantes. Au cours de la période 2015-2023, la productivité des PME qui procèdent à un transfert d’entreprise est supérieure de 11,1 % en moyenne par rapport aux entreprises qui conservent le même propriétaire-dirigeant. Ces résultats confirment que le repreneuriat constitue un formidable levier de développement économique et un tremplin de productivité, d’innovation et de prospérité pour le Québec », a affirmé Alexandre Ollive, président-directeur général de Repreneuriat Québec.

« Le constat est frappant. En moyenne, les entreprises transférées dépensent 13,2 % de plus en recherche scientifique et en développement expérimental que celles qui n’ont pas changé de propriétaire-dirigeant », a ajouté Marc Duhamel, directeur scientifique de l’Observatoire de Repreneuriat Québec et professeur au département de finance et économie de l’UQTR.

Entre 2015 et 2023 le nombre de transferts d’entreprise a augmenté de 38,1 % au Québec et frôle les 12 000 entreprises pour la seule année 2023. 

Faits saillants

Activité record des transferts d’entreprise

  • 2023 est l’année la plus active depuis 2015 en matière de transferts d’entreprise au Québec.
  • Le taux de transfert atteint 6,0 %, un sommet historique depuis le début de la série.
  • Cela représente 11 755 PME transférées (1 à 499 employés), soit une hausse de 9,7 % par rapport à 2022, alors que le nombre total de PME actives avec employés a augmenté de 0,9 %.

Contribution économique

  • En 2023, les transferts d’entreprise touchent plus de 194 000 emplois au Québec.
  • Ces entreprises représentaient :
    • Plus de 60 G$ en actifs
    • Près de 62 G$ de revenus

Croissance plus rapide que l’ensemble des PME

  • Entre 2015 et 2023 :
    • Le nombre de transferts d’entreprise a augmenté de 38,1 %.
    • Le nombre d’employés directement touchés par un transfert a progressé de 64,3 %.
    • Les revenus des entreprises transférées ont augmenté de 88,5 % en dollars constants de 2017.
    • La valeur des actifs a crû de 96,0 %, en dollars constants de 2017.

Productivité supérieure des PME issues du repreneuriat

  • Sur l’ensemble de la période 2015–2023, les PME issues d’un transfert sont en moyenne 11,1 % plus productives que celles conservant le même propriétaire dirigeant.
  • En 2023, chaque employé d’une PME issue du repreneuriat générait 39 751 $ de revenus supplémentaires, soit un écart de 13,3 % par rapport aux entreprises sans transfert.

Dépenses accrues en recherche et développement

  • Le nombre de PME issues du repreneuriat déclarant des dépenses en RS&DE a augmenté de 16,3 % entre 2015 et 2023.
  • Sur la même période, le nombre total de PME québécoises déclarant des dépenses en RS&DE a diminué de 23,3 %.
  • Les PME transférées dépensent en moyenne 13,3 % de plus en RS&DE que les entreprises conservant le même propriétaire‑dirigeant.
  • En 2023, cela représente 453 400 $ en moyenne par entreprise transférée.

Une mobilisation importante pour le défi de la décennie

Présidé par Lucien Bouchard, ancien premier ministre du Québec et associé chez Davies, l’événement affiche complet et réunit près de 700 propriétaires d’entreprise, repreneurs, experts et chercheurs de partout au Québec. Cette édition, la première sous la bannière de Repreneuriat Québec, lance la Semaine nationale du repreneuriat, qui se poursuit jusqu’au 5 avril à l’échelle du Québec.

« Je suis très heureux d’avoir l’occasion aujourd’hui de promouvoir le repreneuriat, qui est l’enjeu de la prochaine décennie. Pour notre économie, nos régions et nos talents, il faut mettre en place des outils en vue de permettre aux repreneurs et aux entrepreneurs de réussir leur transfert d’entreprise. Pour l’année à venir, c’est près de 16 000 dirigeants qui déclarent avoir l’intention de vendre ou de transférer leurs actifs. Ces derniers doivent bien s’informer et se préparer afin de réaliser avec succès leur transaction et, on le souhaite, de garder les entreprises ici, au Québec », a déclaré Samuel Poulin, ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, ministre responsable de la Jeunesse et ministre responsable de la région de la Chaudière-Appalaches.

« Nous sommes particulièrement fiers du succès du Sommet sur le repreneuriat, qui affiche cette année un niveau de participation record, tant du côté des cédants que des repreneurs. Plus que jamais, la création de cet événement unique et de la semaine nationale que nous avons mis en place en 2023 démontre que le réseau mobilisé par Repreneuriat Québec a su créer une véritable prise de conscience nationale. Ensemble, nous contribuons à faire du repreneuriat un véritable enjeu collectif », a ajouté M. Ollive. 

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À propos de Repreneuriat Québec            

Repreneuriat Québec est ancré sur une conviction forte : le transfert d’entreprise est l’un des leviers les plus puissants pour assurer la vitalité économique du Québec et la productivité des entreprises d’ici. Porteur d’une vision structurante du repreneuriat, Repreneuriat Québec est à l’origine de la Semaine nationale du repreneuriat et de l’Observatoire de Repreneuriat Québec, deux initiatives phares qui contribuent à sensibiliser, documenter et mesurer les tendances du marché du transfert d’entreprise. Depuis plus de dix ans, Repreneuriat Québec accompagne les entrepreneurs à chaque étape de leur projet de relève. Pionnier d’un modèle d’accompagnement unique, Repreneuriat Québec est présent dans toutes les régions du Québec pour faire avancer concrètement les projets de relève. L’organisation a guidé plus de 35 000 entrepreneurs et des milliers d’entreprises, représentant plus de 11 milliards de dollars en chiffre d’affaires transféré, avec un taux de survie de 87,5 % pour les entreprises accompagnées. Repreneuriat Québec agit comme un acteur clé de la continuité entrepreneuriale, avec le soutien du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.

Pour plus d’informations
Guillaume Beaudin
Conseiller relations publiques et communications
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Près de 16 000 entreprises québécoises ont l’intention de vendre au cours des 12 prochains mois

Montréal, le 25 mars 2026 — Il s’agit du 3e plus important volume d’entreprises ayant l’intention de transférer dans l’histoire du Québec. Au premier trimestre de 2026, le taux des intentions de transfert d’entreprise a bondi de 3,6 points de pourcentage (pp) par rapport au quatrième trimestre de 2025 pour atteindre 7,8 %, une augmentation de 2,0 pp par rapport au premier trimestre de 2025.

« Alors que la tendance historique des transferts réalisés depuis 2015 nous laissait présager de tout juste franchir le cap des 10 000 entreprises transférées en 2026, nous constatons une importante accélération des intentions de transfert au premier trimestre. Partout au Québec, nos experts sont plus actifs que jamais et la sophistication de notre accompagnement permet d’offrir les meilleures chances de succès au cœur du renouvellement du Québec inc. en cours », a réagi Alexandre Ollive, président-directeur général de Repreneuriat Québec.

Le 31 mars prochain, lors du 9e Sommet du repreneuriat, dont Lucien Bouchard sera président d’honneur, l’organisation présentera une mise à jour de l’impact du repreneuriat sur l’économie québécoise. De nouvelles données permettront de comparer les entreprises ayant été transférées à celles restées sous le même propriétaire, notamment en matière de productivité et d’innovation.

Un portrait renouvelé des intentions de transferts 

Les secteurs affichant les intentions les plus élevées au premier trimestre de 2026 sont l’immobilier, location et location-bail (20,2 %), les services d’hébergement et de restauration (17,9 %), le commerce de détail (10,1 %), la finance et assurances (8,6 %) ainsi que le transport et l’entreposage (8,4 %). Quelques secteurs enregistrent des hausses par rapport au trimestre précédent : le commerce de gros progresse de 6,9 pp, la construction de 5,0 pp et la fabrication de 2,0 pp.

Les intentions de transfert d’entreprise varient fortement selon la taille et l’âge des entreprises. Les entreprises en activité depuis plus longtemps concentrent les intentions les plus importantes : près d’une entreprise sur dix parmi celles âgées de 11 à 20 ans (9,5 %), et plus d’une sur huit chez celles de 20 ans et plus (13,3 %). Par ailleurs, les intentions de transfert demeurent nettement plus élevées chez les petites entreprises, atteignant 8,5 % pour celles de 1 à 4 employés et 7,6 % pour celles de 5 à 19 employés, comparativement à seulement 1,0 % chez les entreprises de 100 employés et plus.

Des données importantes pour coordonner le milieu du transfert d’entreprises

« Il faut souligner l’importance du travail qui est fait pour obtenir les données dévoilées dans le cadre du bilan trimestriel. Grâce à celles-ci, nous sommes capables de donner l’heure juste à l’écosystème du transfert d’entreprise du Québec. Ce faisant, Repreneuriat Québec joue un rôle fédérateur auprès des divers acteurs de l’écosystème, et ce, au profit des cédants et repreneurs de partout au Québec », indique Alexandre Ollive.

« Je tiens donc à remercier les partenaires de notre observatoire : le gouvernement du Québec, l’UQTR, Statistique Canada, Desjardins et l’Institut de recherche sur les PME. Grâce à cette précieuse collaboration, nous disposons de données solides pour mieux comprendre les enjeux de transfert d’entreprise au Québec. Ainsi, nous pouvons soutenir l’écosystème avec des actions adaptées à une économie dynamique », rajoute-t-il.

Faits saillants du premier trimestre de 2026

  • Après cinq trimestres consécutifs de recul, la deuxième vague des intentions de transfert d’entreprise atteint un point d’inflexion et met fin à la phase de baisse au premier trimestre de 2026.
    • Le taux des intentions de transfert d’entreprise bondit à 7,8 %, en hausse de 3,6 points de pourcentage (pp) par rapport au quatrième trimestre de 2025.
    • Près de 16 000 entreprises privées au Québec déclarent avoir l’intention de procéder à une vente ou à un transfert au cours des douze (12) prochains mois au premier trimestre de 2026.
    • Le niveau des intentions de transfert observé au T1‑2026 est supérieur aux prévisions volumétriques présentées dans la deuxième édition de l’Étude nationale du repreneuriat et du transfert d’entreprise.
  • Les intentions de fermeture d’entreprise atteignent 2,5 %, en hausse de 0,7 pp par rapport au trimestre précédent, mais affichent tout de même un recul de 1,3 pp par rapport au premier trimestre de 2025.
    • Environ 5 000 entreprises privées au Québec envisagent une fermeture au cours des douze (12) prochains mois.
  • Les secteurs où les intentions de transfert sont nettement supérieures à la moyenne québécoise (7,8 %) sont :
    • Immobilier, location et location-bail (20,2 %)
    • Services d’hébergement et de restauration (17,9 %)
    • Commerce de détail (10,1 %)
    • Autres services (9,6 %)
    • Finance et assurances (8,6 %)
  • On observe également une hausse des intentions de transfert par rapport au trimestre précédent dans les secteurs du commerce de gros (+6,9 pp), de la fabrication (+2,0 pp) et de la construction (+5,0 pp).
  • Les intentions de transfert demeurent plus élevées chez les petites entreprises, atteignant 8,5 % pour les entreprises de 1 à 4 employés et 7,6 % pour celles de 5 à 19 employés, comparativement à 1,0 % pour les entreprises de 100 employés et plus.
  • Les entreprises âgées de plus de 10 ans concentrent les intentions de transfert les plus élevées, touchant près d’une entreprise sur dix chez celles de 11 à 20 ans (9,5 %) et plus d’une sur huit chez celles de 20 ans et plus (13,3 %). 

Pour plus de détails : Bilan trimestriel des intentions de transfert et de fermeture d’entreprise au Québec, 2026:T1

À propos de Repreneuriat Québec    

Repreneuriat Québec est ancré sur une conviction forte : le transfert d’entreprise est l’un des leviers les plus puissants pour assurer la vitalité économique du Québec et la productivité des entreprises d’ici. Depuis plus de dix ans, Repreneuriat Québec porte la cause du repreneuriat en accompagnant les entrepreneurs à chaque étape de leur projet de relève. Pionnier d’un modèle d’accompagnement unique, Repreneuriat Québec est présent dans toutes les régions du Québec pour faire avancer concrètement les projets de relève.

Repreneuriat Québec a guidé plus de 35 000 entrepreneurs et des milliers d’entreprises, représentant plus de 11 milliards de dollars en chiffre d’affaires transféré, avec un taux de survie de 87,5 % pour les entreprises accompagnées. Repreneuriat Québec agit comme un acteur clé de la relève entrepreneuriale, avec le soutien du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.

Pour en savoir plus sur nos services et sur la plateforme de maillage Index, rendez-vous sur repreneuriat.quebec.

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Pour plus d’informations

Guillaume Beaudin
Conseiller relations publiques et communications
Repreneuriat Québec
[email protected] | 1 844 200-2837 p.1062

Pour écouter cet épisode en audio

Dans cet épisode, Marie-Christine Ekedi revient sur son parcours de reprise d’entreprise en pleine pandémie.

Elle partage les défis qu’elle a dû surmonter, son regard sur la montée en popularité du repreneuriat au cours des dernières années ainsi que les avantages concrets de reprendre une entreprise existante.

Elle aborde également les qualités et compétences essentielles pour réussir un projet d’achat d’entreprise et rappelle que savoir s’entourer est une composante essentielle du succès de tout entrepreneur.

1. Assister à des ateliers, des conférences et des panels en lien avec le transfert d’entreprise

Entrez dans les coulisses du repreneuriat. Le Sommet du repreneuriat réunit tout ce qu’il faut savoir pour mieux naviguer l’achat ou la vente d’une PME au Québec. Augmentez vos connaissances sur le sujet grâce à de nombreux ateliers et conférences destinés aux vendeurs et aux acheteurs d’entreprises ainsi qu’aux experts. 

Un programme axé sur la réalité économique actuelle : préparation d’un transfert, erreurs à éviter, financement, enjeux légaux et humains, sans oublier les leviers de productivité et d’innovation qui soutiennent la continuité et la croissance après le transfert.

Consultez la programmation complète ici !

2. Assister en primeur au dévoilement de nouvelles données sur le repreneuriat

Encore une fois cette année, le Sommet sera l’occasion de découvrir en exclusivité de nouvelles données issues de l’Observatoire de Repreneuriat Québec. Parmi les thèmes abordés : la mise à jour de l’impact économique annuel du repreneuriat, l’évolution de la productivité à la suite d’un transfert d’entreprise, l’investissement en recherche et développement dans les entreprises transférées ainsi que les projections du nombre de transferts d’entreprises pour 2026.

Si les tendances du marché vous intéressent, ne manquez pas ce dévoilement.

3. Rencontrer des experts spécialisés dans tous les aspects du repreneuriat

Cet événement majeur est le point de rencontre des acteurs et partenaires de l’écosystème du repreneuriat au Québec.

Venez échanger avec nos experts du transfert d’entreprise : conseillers, comptables, avocats, évaluateurs d’entreprises, fiscalistes et bailleurs de fonds. Assistez à leurs conférences ou ateliers, visitez leurs kiosques et n’hésitez pas à leur poser vos questions. C’est le moment idéal pour rencontrer des personnes qui connaissent vos enjeux !  

4. Réseauter avec des propriétaires-dirigeants à la recherche d’une relève et des repreneurs cherchant une occasion d’affaires

Entre les activités, prenez une pause et échangez avec des entrepreneurs qui vivent les mêmes défis que vous. Acheteurs et vendeurs d’entreprises seront réunis lors de cet événement, créant un espace privilégié pour partager vos réalités et tisser des liens avec de futurs partenaires. 

5. Découvrir les entreprises et les repreneurs affichés sur notre plateforme de mise en relation

Plongez dans l’Index et découvrez pourquoi c’est la plateforme confidentielle est numéro 1 de mise en relation entre vendeurs et acheteurs de PME au Québec. Explorez son potentiel grâce à une borne interactive en parcourant l’Accès découverte, la version gratuite et limitée de l’Index. Repreneuriat Québec est aussi là pour vous accompagner, rendez-vous à notre kiosque !

Restez à l’affût : quelques surprises vous attendent lors de cette journée dédiée au repreneuriat. Une raison de plus d’être des nôtres !

Informations pratiques 

Quand : 31 mars 2026
Où : au Palais des congrès de Montréal 
Comment : en vous inscrivant en quelques clics ! 

Faites vite, les places sont limitées ! 

 

Selon les données de notre observatoire, en 2022, ces transferts ont permis de préserver 144 000 emplois au sein de 9 365 entreprises représentant 37 G$[1] d’actifs.

Transformer le défi démographique en moteur économique

Le vieillissement de la population représente bien plus qu’un défi : c’est une occasion de bâtir l’avenir. Aujourd’hui, près de 38 % des dirigeants ont 55 ans et plus, comparativement à 27 % en 2008.

Cela signifie que près de 50 000 entreprises seront à transférer d’ici 5 ans. Ce sont autant d’occasions de préserver le savoir-faire québécois et de prolonger l’impact de nos bâtisseurs.

À court terme, au troisième trimestre de 2025 plus précisément, nos données sur les intentions de transfert d’entreprise indiquent qu’un peu moins de 9 700 entreprises prévoient un transfert au cours des 12 prochains mois[2].

Les secteurs à surveiller

Les intentions de transfert se concentrent dans des secteurs clés de l’économie québécoise :

  • Fabrication (15,3 %)
  • Services d’hébergement et de restauration (10,7 %)
  • Commerce de gros (9,7 %)
  • Industrie de l’information et industrie culturelle (9,5 %)
  • Arts, spectacles et loisirs (8,8 %)
  • Services immobiliers et services de location et de location bail (8,2 %)
  • Commerce de détail (5,0 %)[3]

Ces secteurs sont les piliers du Québec inc. Leur renouvellement est essentiel pour maintenir notre compétitivité et la vitalité des régions.

Appel aux cédants : il est temps de planifier

Les fleurons québécois que sont les entreprises d’ici sont une ressource précieuse pour le Québec inc. Ils sont le fruit de décennies de vision et de travail acharné d’une génération d’entrepreneurs dévoués et astucieux.  Pourtant, 61 % des propriétaires d’entreprise n’ont pas encore planifié leur transfert.

L’écosystème du développement économique québécois doit se mobiliser rapidement pour sensibiliser et outiller les chefs d’entreprise afin d’éviter que leurs intentions de transfert se convertissent en intentions de fermeture. Des efforts doivent aussi être fournis pour valoriser le repreneuriat comme un choix positif et novateur auprès des futurs entrepreneurs et gestionnaires. Le repreneuriat, en plus d’assurer le maintien des emplois et la création de richesse dans toutes les régions, permet aux entreprises de profiter du renouvèlement stratégique et de l’innovation amenés par cette nouvelle génération de dirigeants.

Reprendre une entreprise, c’est innover, renforcer le tissu économique et bâtir le Québec de demain.

[1] Marc Duhamel, Étude nationale du repreneuriat et des transferts d’entreprise au Québec, 2015-2022, 2e édition, juin 2025, Repreneuriat Québec / Observatoire du repreneuriat / UQTR

[2] Marc Duhamel, Bilan trimestriel des intentions de transfert et de fermeture d’entreprise au Québec, 2025: T3, septembre 2025, Repreneuriat Québec / Observatoire du repreneuriat / UQTR

[3] Ibid.