Catégorie : Univers du repreneuriat

Le transfert d’entreprise est au cœur des préoccupations économiques au Québec, et certains secteurs se démarquent particulièrement en matière d’attractivité pour les repreneurs. Grâce à l’expérience de terrain de notre équipe-conseil en transfert d’entreprise et aux données recueillies sur l’Index*, notre plateforme de mise en relation, voici les secteurs qui risquent d’être les plus populaires cette année auprès des acheteurs.

7 secteurs d'activité populaires après des repreneurs au Québec en 2025

*L’Index, c’est la plateforme confidentielle numéro 1 au Québec pour la mise en relation entre acheteurs et vendeurs de PME.

1- Fabrication et transformation

Le secteur manufacturier occupe une place de choix dans les priorités des repreneurs. Il regroupe des entreprises souvent bien implantées avec des infrastructures et des processus rodés. Les repreneurs sont attirés par leur stabilité, leur potentiel de modernisation et leur contribution à des secteurs clés comme la construction, l’énergie ou l’alimentation. La transformation numérique et l’intégration de technologies écoénergétiques représentent également des leviers de croissance importants.

Exemples d’entreprises :

  • Une entreprise spécialisée dans la fabrication de composants pour véhicules électriques
  • Un fabricant de pièces métalliques pour le secteur de la construction
  • Une entreprise de production de matériaux isolants écoénergétiques

Exemples d’histoires de transfert :

2- Commerce de gros et distribution

Ce secteur attire de nombreux acheteurs d’entreprises en raison de leur rôle stratégique dans les chaînes d’approvisionnement. Il regroupe des entreprises bien établies, souvent dotées d’un réseau solide de partenaires et de clients. Les repreneurs y voient une occasion d’investir dans des structures stables offrant des revenus récurrents, tout en ayant la possibilité de moderniser les opérations grâce à la numérisation et à l’automatisation logistique. De plus, ce secteur est un maillon essentiel pour des industries clés comme la construction, l’alimentation et la santé, offrant ainsi un fort potentiel de croissance et de diversification.

Exemples d’entreprises :

  • Une entreprise distribuant des fournitures pour l’industrie de la construction
  • Un distributeur de produits biologiques et sans gluten pour les épiceries indépendantes
  • Une plateforme logistique spécialisée dans les livraisons express pour le commerce électronique

Exemples d’histoires de transfert :

3- Services professionnels

Les services professionnels sont aussi très recherchés par les repreneurs. Ceux-ci y trouvent un potentiel de croissance en intégrant des solutions numériques, en diversifiant les services offerts ou en élargissant leur portée géographique. En outre, ces entreprises jouent un rôle clé dans l’écosystème économique, soutenant des secteurs variés et contribuant activement à l’innovation et à l’efficacité organisationnelle de nombreuses PME.

Exemples d’entreprises :

  • Un cabinet d’avocats spécialisé dans le droit des affaires
  • Une firme de consultants en gestion de projets pour le secteur industriel
  • Une agence de marketing numérique avec une expertise en création de contenu

Exemples d’histoires de transfert :

4- Hautes technologies

Les entreprises technologiques ont la cote auprès des repreneurs en raison de leur potentiel de croissance rapide et de leur capacité à innover dans des secteurs variés comme la santé, la finance ou la fabrication. Les acheteurs recherchent souvent des entreprises disposant de brevets, d’une clientèle internationale ou d’un produit différenciateur.

Exemples d’entreprises :

  • Une PME spécialisée dans le développement d’applications de gestion pour le secteur de la santé
  • Un fournisseur de solutions de cybersécurité pour les PME
  • Une entreprise en intelligence artificielle appliquée à l’optimisation des chaînes d’approvisionnement

Exemples d’histoires de transfert :

5- Commerce de détail

Le commerce de détail reste un secteur de prédilection pour les repreneurs, offrant des occasions d’affaires dans une vaste gamme de produits et services essentiels. Les commerces de proximité tels que les épiceries, les quincailleries et les magasins de vêtements jouent un rôle clé dans le dynamisme économique des régions et des quartiers urbains. Ces entreprises ne se contentent pas de répondre aux besoins des consommateurs locaux ; elles renforcent également les communautés en maintenant des emplois, en soutenant d’autres entreprises locales et en contribuant à une économie circulaire.

Exemples d’entreprises :

  • Une épicerie de quartier offrant des produits alimentaires variés et un service personnalisé qui fidélise la clientèle locale
  • Une quincaillerie indépendante fournissant des matériaux et conseils pour des projets résidentiels ou agricoles, essentiels dans les régions éloignées
  • Un magasin de vêtements de plein air proposant des collections pour toute la famille, avec une clientèle fidèle et une présence bien ancrée dans sa communauté

Exemples d’histoires de transfert :

6- Construction et rénovation

Le secteur de la construction et de la rénovation connaît une croissance de la demande, portée par la pénurie de logements, la modernisation des infrastructures et l’intérêt croissant pour des projets écoresponsables. Les entreprises avec une spécialisation, comme les rénovations écologiques, attirent particulièrement les repreneurs.

Exemples d’entreprises :

  • Une entreprise spécialisée dans la rénovation de bâtiments patrimoniaux, répondant à des exigences architecturales strictes
  • Un fabricant de structures modulaires pour les projets de logements temporaires
  • Une société offrant des services de conception et de construction de maisons écologiques

Exemples d’histoires de transfert :

7- Commerce électronique et contenu multimédia

Le commerce électronique et la production de contenu multimédia figurent parmi les secteurs à la croissance la plus rapide grâce à la transformation numérique et l’évolution des habitudes de consommation. Les entreprises qui réussissent dans ces domaines combinent une solide présence en ligne, des stratégies de marketing numérique innovantes et efficaces ainsi qu’une offre de produits ou services différenciée, répondant aux attentes d’une clientèle de plus en plus connectée. De plus, ce secteur offre un potentiel d’expansion rapide, particulièrement grâce à la possibilité de toucher des marchés nationaux et internationaux sans nécessiter une infrastructure physique lourde.

Exemples d’entreprises :

  • Une boutique en ligne vendant des produits artisanaux québécois, avec une clientèle internationale
  • Une entreprise de création d’expériences en réalité virtuelle ou augmentée pour des événements ou des campagnes marketing immersives
  • Une entreprise développant des outils de gestion de campagnes publicitaires numériques

Exemples d’histoires de transfert :

Bonus : ESG et développement durable

Au-delà du secteur d’activité, certains repreneurs cherchent d’abord une entreprise qui concorde avec leurs valeurs. Pour beaucoup d’entre eux, les entreprises axées sur le développement durable ou qui répondent aux critères ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont plus attrayantes. Celles-ci sont donc en forte demande, non seulement pour leurs impacts environnementaux et sociaux positifs, mais aussi pour leur potentiel à attirer une clientèle fidèle et des partenaires financiers.

Exemples d’entreprises :

  • Un fabricant de matériaux de construction recyclés pour des projets écologiques
  • Une société de gestion des déchets spécialisée dans le compostage et la valorisation énergétique
  • Une entreprise développant des solutions de chauffage écoénergétiques pour les bâtiments résidentiels et commerciaux

Exemples d’histoires de transfert :

Ces secteurs représentent une variété d’occasions d’affaires intéressantes pour les repreneurs au Québec en 2025. Que vous soyez intéressé par une entreprise manufacturière, technologique ou une firme de services professionnels, le marché regorge de possibilités adaptées à différents profils d’acheteurs. L’Index demeure votre outil privilégié pour explorer ces occasions et concrétiser votre projet de reprise.

Vendre son entreprise : comprendre l’exonération sur le gain en capital

L’exonération sur le gain en capital (EGC) est une stratégie fiscale clé pour les propriétaires d’entreprise souhaitant vendre leur PME tout en réalisant des économies d’impôt substantielles.

Pour profiter pleinement de cette exonération, il est important de comprendre ce qu’est un gain en capital, les critères d’admissibilité ainsi que les mesures pour en profiter. Cet article écrit par les experts d’Ekitas vise à guider les propriétaires de PME à travers ces éléments afin d’optimiser les avantages fiscaux lors de la vente de leur entreprise.

Histoire de transfert d’entreprise à succès : Yan Corriveau et Jean-Simon Bherer

Reprendre une entreprise, c’est plus qu’une décision d’affaires. C’est une aventure qui se construit avec le soutien d’une équipe solide et d’un réseau bien établi.

Pour Yan Corriveau et Jean-Simon Bherer, ce soutien a été essentiel pour reprendre deux entreprises manufacturières totalisant près de 70 employés. « Avec l’aide de nos experts, nous avons pu racheter deux entreprises en moins d’un an », soutiennent-ils.

Découvrez leur histoire dans cette vidéo.

Un nouveau programme pour le repreneuriat immigrant au Québec

Le repreneuriat immigrant est un levier important pour la préservation de la vitalité économique du Québec et de ses régions. Dans cet article, apprenez-en plus sur le tout nouveau programme qui a comme objectif de favoriser la reprise de PME québécoises par des personnes immigrantes.

Mon histoire d’achat d’entreprise : Philippe Gervais

Découvrez l’histoire repreneuriale de Philippe Gervais et de son groupe d’actionnaires dans l’acquisition de Formothane, une entreprise manufacturière spécialisée dans la fabrication de machines industrielles. Il nous révèle entre autres comment s’est composé l’équipe de repreneurs ainsi que les défis auxquels ils ont fait face lors du processus d’acquisition.

Réforme de la fiscalité des entreprises : dénouement historique

La sanction royale du projet de loi C-59, adoptée le 20 juin 2024, marque un tournant historique au Québec dans le traitement fiscal des entreprises familiales. En harmonisant l’application de l’article 84., elle donne enfin l’accès à l’exonération cumulative sur le gain en capital (ECGC) pour les entreprises familiales.

Ces modifications, résultant d’un long parcours législatif, apportent des changements significatifs, longuement demandés par le monde des affaires et les experts du domaine.

Apprenez-en plus dans cet article co-rédigé avec Éric Dufour, vice-président régional chez Raymond Chabot Grant Thornton.

À la rencontre de Remorques 2000

Depuis près de trois décennies, Remorques 2000 offre une gamme complète de produits et de services. En plus de vendre plusieurs remorques québécoises et américaines, ils fabriquent leurs propres remorques en aluminium, reconnues pour leur légèreté et leur durabilité.

Remorques 2000 est l’unique fabricant de remorques en aluminium dans la région, comblant un besoin essentiel pour les particuliers et les entreprises recherchant des solutions robustes et performantes.

Depuis 2018, l’entreprise est également distributrice exclusive de faucheuses à bleuets Tardif, fabriquées au Québec. Celles-ci sont essentielles pour l’industrie des bleuetières qui est très présente dans la région. Grâce à cette exclusivité, Remorques 2000 est devenu le partenaire de confiance pour les producteurs locaux, qui profitent également des subventions de la MAPAQ pour l’achat de ces équipements.

L’entreprise est également mandataire de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) depuis 2010, ce qui lui permet d’effectuer des inspections de véhicules lourds et adaptés. Avec cinq mandats de la SAAQ, elle est devenue un incontournable pour les inspections dans la région.

Une équipe expérimentée

L’entreprise emploie une équipe stable et expérimentée, avec certains membres comptant plus de 20 ans d’ancienneté. La structure de l’équipe est composée de :

  • Trois inspecteurs SAAQ avec expertise mécanique pour les inspections de véhicules
  • Deux mécaniciens assurant les réparations et l’entretien des remorques et véhicules
  • Un commis aux pièces responsable de la gestion des stocks et de l’approvisionnement
  • Une adjointe administrative veillant à la coordination des activités administratives.
  • Le propriétaire qui s’implique dans la gestion générale et les décisions stratégiques de l’entreprise

L’expérience et la loyauté de cette équipe contribuent à la renommée de Remorques 2000, en offrant aux clients un service de qualité et un accompagnement professionnel.

Une clientèle variée et fidèle

L’entreprise dessert une clientèle variée composée de particuliers, d’entrepreneurs, d’entreprises forestières et d’agriculteurs. Que ce soit pour des besoins commerciaux ou résidentiels, Remorques 2000 propose des remorques adaptées à divers usages : transport de véhicules de loisirs, outils de construction, équipements agricoles et bien plus.

Avec une évaluation client de 4,8/5 sur Google, Remorques 2000 est reconnue pour son engagement envers la satisfaction de ses clients, un atout précieux pour le futur propriétaire.

Des occasions de développement

L’entreprise présente de belles perspectives de croissance. Il y a notamment la possibilité d’accélérer la fabrication des remorques en aluminium, un segment de marché en croissance et avec beaucoup de potentiel non exploité, particulièrement avec l’essor des véhicules électriques. En agrandissant l’équipe, le nouveau propriétaire pourra profiter de cette expertise pour faire croitre le chiffre d’affaires de l’entreprise.

Le profil du repreneur recherché

Le repreneur idéal est un entrepreneur motivé, axé sur la satisfaction de la clientèle et prêt à s’impliquer activement dans les opérations pour poursuivre la mission de Remorques 2000. Un investisseur pourrait également acquérir l’entreprise et placer une personne de confiance pour diriger les opérations quotidiennes.

Plusieurs options de transfert

Le propriétaire de Remorques 2000 est ouvert à des options de transfert flexibles. Que vous soyez un repreneur individuel prêt à prendre les rênes de l’entreprise ou un groupe souhaitant partager la gestion, plusieurs possibilités s’offrent à vous.

Le transfert peut se faire de manière progressive, permettant une transition en douceur avec l’appui du propriétaire actuel, ou encore de manière partielle, laissant place à une collaboration ou un partage des responsabilités. Cette souplesse vise à maximiser les chances de réussite du repreneur tout en assurant la continuité et la pérennité des activités de l’entreprise.

Prête à être cédée, Remorques 2000 est l’entreprise idéale pour un repreneur souhaitant non seulement s’implanter dans la région, mais aussi assurer la continuité et le développement d’une entreprise bien établie.

Prix de vente : 3 200 000 $

La bâtisse n’est pas incluse dans le prix de vente, mais le propriétaire souhaite également la vendre. Sa valeur marchande est de 2 500 000 $.

Déjà abonné à l’INDEX ? Cliquez ici pour visualiser la fiche INDEX de l’entreprise, ou cherchez le numéro 36896.

Pas encore inscrit ? Apprenez-en plus et commencez vos recherches !

Le marché du transfert d’entreprise est en pleine effervescence au Québec. On parle de plus en plus de l’importance d’assurer la relève de nos entreprises. Cela permet non seulement de préserver notre tissu entrepreneurial, mais aussi de servir de vecteur de prospérité économique. Parmi les entreprises qui changeront de main dans les prochaines années, bon nombre sont des entreprises familiales, avec 30,8 % des PME du Québec appartenant majoritairement aux membres d’une même famille. Cela constitue donc une part importante de notre patrimoine économique[1].

Article co-rédigé avec Éric Dufour, vice-président régional chez Raymond Chabot Grant Thornton. 

Réforme de la fiscalité des entreprises familiales : dénouement historique

Force est de reconnaître que les statistiques sur le transfert d’entreprise sont rares, parcellaires et parfois incomplètes. Bien que nous ayons eu pour la première fois de l’histoire du Québec un décompte national du transfert d’entreprise, nous ne savons pas encore combien d’entreprises familiales se transfèrent par année au Québec. Ce que nous savons, c’est que selon les estimations de Marc Duhamel, directeur scientifique de l’Observatoire du repreneuriat et du transfert d’entreprise du Québec (ORTEQ), 27,1 % des 34 000 entreprises qui envisagent d’effectuer un transfert entre 2020 et 2025 procèderaient à un transfert intergénérationnel[2].

Un premier coup d’œil aux résultats nous montre qu’il y a une asymétrie entre les intentions de transferts et l’importance des entreprises familiales au Québec. Pourquoi ? C’est certainement une question complexe qui mérite qu’on s’y attarde.

En revanche, un des éléments qui a fort probablement contribué à cette asymétrie est la non-neutralité du traitement fiscal des transferts intergénérationnels tel que décrit par Duhamel, M., Brouard, F., et Cadieux, L. (2020)[3]. En effet, l’article 84.1 de la Loi de l’impôt sur le revenu empêche le dépouillement des surplus imposables en franchise d’impôt lors d’une vente d’une société entre un contribuable et une personne avec qui il possède un lien de dépendance. En cas d’application, plutôt que de réaliser un gain en capital, le contribuable sera réputé avoir reçu un dividende. En conséquence, le contribuable ne pourra réclamer l’exonération cumulative des gains en capital (ECGC), ce qui représente un traitement fiscal désavantageux.

DE L’INIQUITÉ À L’ÉQUITÉ : HISTORIQUE DE L’ECGC ET DES TRANSFERTS FAMILIAUX

La sanction royale du projet de loi C-59 du 20 juin dernier marque un tournant historique au Québec dans le traitement fiscal des entreprises familiales en permettant pour la première fois une exception harmonisée à l’application de l’article 84.1, ce qui peut potentiellement permettre l’utilisation de l’ECGC. Ces modifications, résultant d’un long parcours législatif, apportent des changements significatifs, longuement demandés par le monde des affaires et les experts du domaine. Ces modifications joueront un rôle crucial dans l’écosystème repreneurial québécois dans les années à venir pour assurer la pérennité de nos entreprises[4]. À noter cependant que ces modifications prévoient une exception uniquement dans le cas de transfert d’un parent vers ses enfants ou neveux/nièces, mais ne permettent pas, par exemple, d’exception en cas de transfert entre frère et sœur.

D’emblée, il faut contextualiser l’iniquité du traitement fiscal des transferts intergénérationnels. L’ECGC existe depuis 1985 pour les sociétés agricoles et, depuis 1988, pour les actions admissibles de petites entreprises. Dès l’arrivée de l’ECGC est introduit l’article 84.1 de la Loi sur l’impôt et le revenu afin d’empêcher l’accès à l’ECGC aux transferts s’effectuant par un particulier en faveur d’une société ayant un lien de dépendance. Le raisonnement du législateur tient au fait qu’il tente alors d’empêcher des stratégies pour dépouiller un surplus sans qu’un réel transfert soit opéré. Or, les professeurs Duhamel, Brouard et Cadieux ont démontré en 2020 que cette lutte à l’évitement fiscal pénalisait principalement les plus petites entreprises[5].

À travers les années, plusieurs projets de loi ont été déposés à la Chambre des Communes afin de revoir et faciliter les transferts intergénérationnels. On peut remonter jusqu’à 2014 avec le projet de loi C-691 qui appelait à une « équité horizontale de la fiscalité » en plus d’avancer que « la loi de l’impôt sur le revenu pénalise les transmissions d’entreprises aux enfants et petits-enfants »[6].

On doit cependant attendre le projet de loi C-208 en 2020 afin de voir un certain élan législatif pour fin d’encadrement du transfert intergénérationnel. Or, bien que C-208 ait eu sanction royale en juin 2021, le gouvernement fédéral avait émis certaines réserves et annoncé son intention de proposer des modifications. Dans ce contexte, le gouvernement du Québec ne s’était pas harmonisé aux nouvelles règles, créant l’utilisation de celle-ci peu avantageuse pour un résident du Québec.

Les transferts intergénérationnels sont désormais admissibles à l’ECGC, et ce, rétroactivement depuis le 1er janvier 2024.

DEUX SCÉNARIOS : TRANSFERT IMMÉDIAT ET TRANSFERT PROGRESSIF

Les derniers changements législatifs prévoient deux scénarios pour qu’un transfert soit considéré comme un « véritable transfert intergénérationnel » aux yeux de la loi. Le premier scénario, un transfert immédiat s’échelonnant sur 3 ans où le contrôle de fait et de droit est immédiatement transféré. Le deuxième scénario, un transfert progressif pouvant avoir lieu sur un horizon de 5 à 10 ans, où il n’y a pas d’obligation de transférer le contrôle de fait.

Pour les deux scénarios, les nouvelles règles stipulent que le vendeur doit être un particulier (et non une fiducie) et le contrôle de la société acquéreuse doit être entre les mains d’un, ou plusieurs des enfants du vendeur. Aussi, le parent doit détenir moins de 50 % des actions ordinaires après la disposition initiale et s’en départir totalement sur un horizon de trois ans.

La première version des dispositions prévoyait l’obligation pour les parents de contrôler la société cible avant la vente. Cette condition était problématique à plusieurs égards. Heureusement, cette condition a été retirée dans le texte adopté[7].

À noter qu’il y a toujours un flou entourant certaines règles, comme c’est le cas au niveau du transfert de la gestion de l’entreprise. Par exemple, il est prévu que le transfert de la gestion par les enfants s’effectue dans les trois ans dans le cas d’un transfert immédiat, sauf exceptions, sans que celles-ci soient balisées pour le moment. On devra attendre l’interprétation des autorités compétentes afin d’avoir des éclaircissements. Dû aux délais plus longs qu’offre le transfert progressif quant à la gestion de l’entreprise, mais également au fait que les parents désirent s’impliquer lors de la transition dans les transferts familiaux, il est possible que ce scénario soit la voie privilégiée par la majorité.

L’ECGC est aujourd’hui un incontournable dans la planification fiscale d’un transfert d’entreprise. Les nouvelles règles sont complexes et demandent absolument l’implication d’un fiscaliste. Comme c’est le cas pour l’ensemble d’un processus de transfert, l’implication des experts est essentielle tout au long du processus.

PORTRAIT FUTUR DES TRANSFERTS INTERGÉNÉRATIONNELS

Les nouvelles règles fiscales permettant l’ECGC sont une avancée historique pour les entreprises familiales. Ce sont des changements législatifs qui étaient attendus par les entrepreneurs, les experts ainsi que toutes les organisations composant l’écosystème repreneurial québécois dont font partie le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) et Raymond Chabot Grant Thornton.

De plus, nous ne pouvons répéter davantage toute l’importance de bien se préparer en amont en mettant sur pied un plan de relève tactique afin de clarifier les choix entre les deux scénarios, la période de transition souhaitée, le plan de transfert progressif de propriété, le plan de transfert de direction, la faisabilité financière du projet et les garanties possibles à prendre en lien avec une balance de prix de vente.

Ce qui est intéressant, c’est que pour la première fois depuis tout ce temps, un texte de loi fiscal impose une nécessité d’avoir un plan de relève complet qui n’est pas soutenu que par la réflexion fiscale, mais aussi par une approche de management à la relève familiale. Le manque de préparation des entrepreneurs étant un des grands enjeux dans le domaine du transfert d’entreprise, cet effet indirect sera certainement profitable.

Également, ces changements arrivent à un moment propice, puisque nous sommes dans la décennie du repreneuriat au Québec. L’ORTEQ estimait à près de 3 000 le nombre d’intentions de transferts intergénérationnels pour l’année 2022 uniquement[8]. Les intentions de transfert ne cessent d’augmenter au Québec depuis quelques années, et bien que nous observions maintenant une amélioration dans le traitement fiscal des transferts d’entreprises familiales, il demeure difficile de savoir si cela résultera en un intérêt grandissant pour les transferts intergénérationnels.

En conclusion, il reste à déterminer dans quelle mesure les intentions de transferts intergénérationnels augmenteront dans les prochaines années ainsi que le nombre réel de transferts qui se concrétiseront. Malgré leurs imperfections, ces changements sont avantageux, surtout lorsqu’on considère que ce sont souvent les petites entreprises qui ont le plus souffert des mesures visant à lutter contre l’évitement fiscal. Il sera également important d’évaluer comment des mesures telles que l’augmentation du taux d’inclusion affecteront les transferts intergénérationnels, de façon à possiblement réduire une éventuelle hausse de l’intérêt découlant de l’atteinte de la neutralité fiscale dans les transferts d’entreprises. Ce qui est certain, c’est qu’un entrepreneur peut désormais identifier le meilleur mode de transfert qui assura une relève réussie de son entreprise sans égard au traitement fiscal du type de transfert.

[1] Institut de la statistique du Québec (2023). Enquête sur le financement et la croissance des PME 2020.

[2] Duhamel, M. (2024). Profils du repreneuriat au Québec, 2020. Institut de recherche sur les PME, Université du Québec à Trois-Rivières. Janvier.

[3] Duhamel, M., Brouard, F., et Cadieux, L. (2020). L’influence des facteurs fiscaux sur les intentions de transferts de PME québécoises et canadiennes. Rapport de recherche préparé pour le Centre de transfert d’entreprise du Québec, Institut de recherche sur les PME, Université du Québec à Trois-Rivières, Trois-Rivières, QC.

[4] Voir également : Hamelin, E., Duhamel, M., and Godbout, L. (2023). De nouvelles options pour favoriser le transfert inter- générationnel d’entreprise. Stratège, 28(3) : 12–14.

[5] Duhamel, Brouard et Cadieux (2020). Op. cit.  

[6] PL C-691. Loi modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu (transmission d’entreprises), 41e législature, 2e session, 2015 (non adopté)

[7] Rudy Mezzeta (2024). Règles révisées sur l’IMR et transfert intergénérationnel d’entreprise. Publié sur Finance et Investissement (en ligne)

[8] Hamelin, E., Duhamel, M., and Godbout, L. (2023). Op. cit.

Capsules cultures avec Daniel Lamarre
Dans cette série de trois courtes capsules vidéo, Daniel Lamarre, VP exécutif du conseil d’administration du Cirque du Soleil et ambassadeur du CTEQ pour le secteur culturel, partage son expertise avec les cédants et les repreneurs d’entreprises culturelles. Il répond à trois questions fréquemment posées par les entrepreneurs de cette industrie unique.

Cette année, on fait les choses en grand ! Plusieurs centaines de personnes sont attendues au Palais des congrès de Montréal.

1 - Assister à des ateliers, des conférences et des panels en lien avec le transfert d’entreprise

Le Sommet du repreneuriat, c’est l’événement par excellence pour tout savoir sur l’achat et la vente d’une PME au Québec. Augmentez vos connaissances sur le sujet grâce à nos trois parcours (repreneur, cédant et spécialisé) totalisant 16 ateliers.

Axée sur la réalité économique actuelle et sur celle des cédants et des repreneurs, la programmation traitera de financement, d’enjeux légaux, humains, et bien plus !

Consultez la programmation complète ici.

2 - Participer au tout nouveau Club des repreneurs

Nouveauté majeure de cette année, le Club des repreneurs est une activité de réseautage dédiée spécifiquement aux repreneurs. Dans un espace réservé, trois profils de repreneurs pourront réseauter entre eux à la manière d’un speed dating en groupe. Que vous soyez un repreneur en début de réflexion ou que vous cherchiez un partenaire investisseur ou un gestionnaire, cette activité est pour vous !  

Pour une expérience optimale, un questionnaire sera préalablement envoyé à tous les participants afin d’en savoir plus sur leurs objectifs et ainsi mieux les jumeler avec d’autres repreneurs. L’option de vous inscrire au Club des repreneurs vous est offerte lors de votre inscription au Sommet.  

Une centaine de participants sont attendus, joignez-vous à eux ! 

3 – Assister en primeur au dévoilement de la toute première étude nationale sur le repreneuriat au Québec

Devant le manque de données probantes en matière de transfert d’entreprise, le CTEQ a mis en place l’Observatoire du repreneuriat et du transfert d’entreprise du Québec (ORTEQ) en 2023. Le dévoilement de cette première étude est le premier jalon de l’ORTEQ afin de mener à bien sa mission.

Si les statistiques vous intéressent, ne manquez pas son dévoilement lors de la seconde journée du Sommet.

4 - Rencontrer des experts spécialisés dans tous les aspects du repreneuriat

Cet événement unique rassemble les acteurs majeurs de l’écosystème repreneurial du Québec.

Une foule d’experts du transfert d’entreprise seront présents tels que des conseillers en transfert d’entreprise, des comptables, des avocats, des notaires, des évaluateurs d’entreprises, des fiscalistes et des bailleurs de fonds. Les différents experts donneront des conférences, animeront des ateliers, tiendront des kiosques et seront là pour réseauter avec tous les participants. Venez leur poser vos questions !

5 - Réseauter avec des propriétaires-dirigeants à la recherche d’une relève et des repreneurs cherchant une occasion d’affaires

Joignez la plus grande communauté repreneuriale au Québec ! Les acheteurs et les vendeurs d’entreprises seront réunis lors de cet événement. Profitez de cette occasion pour rencontrer des entrepreneurs qui vivent ou qui ont vécu des défis similaires aux vôtres ou rencontrer des partenaires potentiels pour votre projet repreneurial. Des pauses sont prévues pour vous donner le temps de réseauter tout au long de la journée.

D’autres surprises vous attendent également le jour de l’événement. Soyez-là pour ne pas les manquer !

Informations pratiques

Quand : 1er et 2 mai 2024

Où : au Palais des congrès de Montréal

Comment : en vous inscrivant en quelques clics !

Faites vite, les places sont limitées !