Catégorie : Vendre une entreprise
Les acquisitions stratégiques sont un levier puissant pour accélérer la croissance et renforcer son positionnement sur le marché. Contrairement aux acquisitions purement financières, elles maximisent les synergies, l’innovation et l’expansion. Pour l’acheteur, elles offrent un avantage concurrentiel immédiat; pour le vendeur, elles assurent une valorisation optimale et la continuité de l’entreprise. Toutefois, évaluer les risques, surmonter les défis culturels et planifier l’intégration sont essentiels au succès de l’opération. À la fin de la présentation, les participants ont eu la possibilité de poser leurs questions aux experts des deux organisations.
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Dans ce webinaire, des experts en fiscalité et en vente d’entreprise explorent les meilleures pratiques liées au transfert d’une entreprise à un membre de la famille. Découvrez comment naviguer à travers les défis fiscaux, juridiques et humains grâce à des conseils concrets et des stratégies adaptées.
À la fin de la présentation, les participants ont eu la possibilité de poser leurs questions aux experts des deux organisations.
Voici les réponses à deux questions auxquelles ils n’ont pas eu le temps de répondre
Dans le cadre de l’intégration des enfants dans une entreprise individuelle, serait-il préférable de créer une société par actions (inc.) avec le parent cédant, puis de transférer les parts par la suite ?
Oui, il peut être avantageux de convertir l’entreprise individuelle en société par actions. Cette transformation peut se faire au moyen d’un roulement fiscal, permettant le transfert des actifs de l’entreprise individuelle à une société par actions sans impôt immédiat. La société par actions devient ainsi propriétaire des biens qui composaient auparavant l’entreprise individuelle.
Cette approche permet d’accéder à l’exonération sur le gain en capital (EGC) lors de la revente des actions, sans qu’il soit nécessaire d’attendre le délai habituel de 24 mois requis pour satisfaire au critère de détention. Toutefois, certaines conditions précises doivent être rigoureusement respectées afin que les actions soient admissibles à l’EGC.
Nous recommandons fortement de consulter un conseiller fiscal afin de structurer l’opération adéquatement et de s’assurer du respect des exigences prévues par la loi.
Si le repreneur acquiert les actions de l’entreprise par l’entremise d’une société de gestion, pourra-t-il tout de même profiter de l’exonération sur le gain en capital (EGC) ?
L’utilisation d’une société de gestion par le repreneur est souvent une stratégie utile pour faciliter le financement de l’acquisition. Toutefois, pour profiter de l’EGC, les actions admissibles doivent généralement être détenues directement par une personne physique, et non par une société de gestion.
Cela ne signifie pas qu’il est impossible de structurer l’acquisition de façon optimale. Plusieurs options de réorganisation organisationnelle peuvent être envisagées afin de permettre, à terme, une détention personnelle des actions par le repreneur. Par exemple :
- une fusion entre la société de gestion et la société opérante
- un gel des actions de l’actionnaire actuel, suivie de la souscription personnelle de l’entrepreneur ou d’une fiducie familiale dans l’actionnariat
- une vente directe des actions de la société de gestion, si celle-ci ne détient que les actions de la société opérante.
Ces solutions permettent à la fois de maintenir les avantages financiers liés à la structure de la société de gestion (notamment la déductibilité des intérêts liés au financement et les dividendes intersociétés non imposables), tout en maximisant le potentiel d’EGC lors d’une revente future.
Une planification fiscale rigoureuse est donc essentielle pour tirer pleinement parti des mécanismes disponibles.
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Le processus de transfert d’entreprise débute souvent par une lettre d’intention, formalisant une offre. Bien que préliminaire, cette offre soulève une question clé : le prix est-il raisonnable ? L’acheteur potentiel craint de surpayer l’entreprise, impactant son retour sur investissement. Le vendeur espère la pleine valeur de son entreprise. L’évaluation est donc cruciale.
Cet article propose des outils inspirés des experts en évaluation d’entreprises (EEE) pour analyser la raisonnabilité d’une offre, sans prétendre à une évaluation exhaustive.
Attention : Nous supposons une offre basée sur la valeur d’entreprise (VE), « sans encaisse ni dette ». Les termes de chaque lettre d’intention doivent être examinés attentivement.
1) La juste valeur marchande comparée au prix
La question de la raisonnabilité du prix partagé lors de la lettre d’intention trouve sa réponse dans la notion de la juste valeur marchande (JVM).
La JVM, calculée par des EEE, correspond au prix optimal théorique qui serait obtenu sur un marché libre, concurrentiel et transparent, entre un acheteur et un vendeur consentants, parfaitement informés et agissant indépendamment. Elle constitue ainsi un prix de référence, reflétant la valeur intrinsèque de l’entreprise, hors éléments conjoncturels ou spécifiques à une transaction particulière.
Il est toutefois fréquent que le prix de transaction diverge de la JVM. Ce prix réel intègre en effet des facteurs qui ne sont pas (ou pas entièrement) pris en compte dans la JVM. Par exemple, un acheteur peut valoriser l’entreprise au-delà de la JVM s’il anticipe des synergies significatives avec une entreprise qu’il possède déjà (ex. : réduction de coûts ou augmentation de parts de marché). Également, des conditions de marché défavorables, des caractéristiques propres au vendeur (problèmes de santé, urgence de la vente) ou l’habileté de négociateurs peuvent également influencer le prix final.
Malgré ces divergences potentielles, la JVM conserve un rôle fondamental. Elle sert de référentiel objectif et constitue généralement un prix plancher pour le vendeur. En somme, la JVM demeure la mesure indispensable pour apprécier la raisonnabilité d’une offre transactionnelle.
2) Comparer l’offre reçue : la méthode des multiples
Afin d’évaluer la raisonnabilité d’une offre ou d’une JVM, la méthode des multiples est souvent employée. Elle consiste à comparer l’entreprise cible à des entreprises comparables, sociétés cotées ou entreprises privées dont les transactions sont connues. La comparaison est effectuée en utilisant certains multiples qui rapportent la VE de chaque société à un indicateur clé de performance, souvent le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA).
Le multiple VE/BAIIA est favorisé, car il compare la valeur d’entreprise à la rentabilité opérationnelle. Il exclut l’impact des choix comptables, financiers et fiscaux, permettant des comparaisons plus objectives entre entreprises.
Cette approche conduit généralement à une fourchette de multiples (par exemple, VE/BAIIA de 4,5x à 5,5x). Pour une entreprise cible avec un BAIIA de 200 000 $, la valeur d’entreprise initiale se situerait donc entre 900 000 $ et 1 100 000 $.
Le défi est de déterminer le positionnement à l’intérieur de cette fourchette puisqu’il requiert une analyse rigoureuse de plusieurs facteurs d’ajustement :
- Comparabilité réelle: les comparables parfaits sont rares. Des différences (secteur, modèle économique, croissance, risque) nécessitent des ajustements.
- Taille: une entreprise plus grande justifie un multiple plus élevé (stabilité, diversification).
- Statut boursier: la liquidité des sociétés cotées se traduit par des multiples supérieurs.
- Facteurs qualitatifs: qualité de la direction, relations clients, avantages technologiques, ou, à l’inverse, dépendance à un client ou risque opérationnel précis.
- Profitabilité: une marge de BAIIA supérieure justifie un multiple plus élevé.
La méthode des multiples, accessible et rapide, permet une première estimation de la justesse d’un prix. Cependant, cette approche, bien qu’utile, demeure partielle. Sa véritable force réside dans sa combinaison avec d’autres méthodes d’évaluation, afin d’obtenir une analyse complète et nuancée.
3) Actifs intangibles et achalandage : la valeur invisible
Outre la méthode des multiples, l’analyse d’une offre doit considérer les actifs incorporels, souvent substantiels. Ces actifs, non physiques, incluent la marque, le savoir-faire, les brevets, et les relations clients. L’achalandage représente la valeur résiduelle excédant la somme des actifs identifiables.
Pour déterminer la valeur implicite de l’achalandage et des actifs incorporels, on soustrait de la VE la valeur des actifs opérationnels identifiables (fonds de roulement et immobilisations corporelles). On analyse ensuite le délai de récupération (achalandage/flux monétaires après impôt) pour juger du caractère raisonnable de cette évaluation.
Ce ratio estime le temps théorique de retour sur investissement pour ces actifs incorporels. Toutes choses étant égales par ailleurs, un délai de remboursement plus élevé suggère une évaluation plus risquée ou optimiste, car elle repose moins sur des actifs tangibles et davantage sur des éléments intangibles non garantis.
Pennons deux exemples :
- Entreprise de transport routier : actifs principalement tangibles (ex. : camions ou entrepôts). Le délai de remboursement d’achalandage sera probablement faible puisqu’une grande partie de la VE sera constituée d’actifs opérationnels.
- Société de logiciels : peu d’actifs physiques. La valeur repose sur la technologie (ex. : logiciel, algorithmes), la clientèle (abonnements récurrents) et la marque de commerce. L’achalandage constituera une part majeure de la VE. Le délai de récupération pourrait être plus long et démontre l’appréciation de ces actifs intangibles par un acquéreur potentiel.
Il est crucial de comprendre que ce délai de remboursement n’est pas une méthode d’évaluation en soi. C’est un indicateur qui peut éclairer l’analyse, mais qui doit toujours être utilisé avec discernement et complété par d’autres approches.
Vers une évaluation plus éclairée
La méthode des multiples, par son approche comparative, et l’analyse du délai de remboursement de l’achalandage et des actifs intangibles offrent des outils accessibles pour une première appréciation de la raisonnabilité d’une offre.
Ces approches fournissent des indications précieuses, mais il est souhaitable de les combiner et de les interpréter avec discernement. L’accompagnement d’un EEE peut alors apporter une valeur ajoutée considérable, en offrant un regard professionnel, objectif et personnalisé.
Cet article est écrit par :
Premier directeur, Évaluation d’entreprises
Crowe BGK S.E.N.C.R.L./LLP
Lors de ce webinaire, des expertes de Raymond Chabot Grant Thornton démontrent qu’en contexte de transfert d’entreprise, il est primordial d’avoir un plan bâti sur mesure.
Elles parlent de la monétisation, qui consiste à convertir la valeur d’une entreprise en liquidités personnelles.
Des étapes bien planifiées vont permettre d’assurer une optimisation de la valeur pour le propriétaire qui prévoit se retirer tout en assurant la stabilité financière et organisationnelle de l’entreprise pour la suite.
À la fin de la présentation, les participants ont eu la possibilité de poser leurs questions aux experts des deux organisations.
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Qu’est-ce que la vérification diligente ?
La vérification diligente, parfois exprimée par son appellation anglophone « due diligence », est une procédure essentielle dans le cadre de l’acquisition d’une entreprise. Elle consiste en une analyse des aspects financiers, fiscaux, juridiques et opérationnels de l’entreprise cible que l’acquéreur juge pertinents. Cette étape intervient généralement après la signature d’une lettre d’intention et avant la finalisation de la transaction.
Son objectif est de s’assurer que toutes les informations fournies par le vendeur sont exactes et de révéler les risques et les occasions cachées. Elle peut également permettre de renégocier certaines conditions de la transaction à la lumière des constatations qui en ressortent. Cependant, elle est parfois négligée par les acheteurs, notamment en raison de l’urgence de conclure la transaction ou du manque de ressources pour mener une analyse détaillée, ce qui peut entraîner des conséquences financières importantes après l’acquisition.
Les principales composantes de la vérification diligente
La vérification diligente couvre plusieurs dimensions. Voici quelques exemples pour chacune.
- Financière : analyse des états financiers, vérification de la rentabilité, évaluation de la trésorerie et de l’endettement
- Fiscale : examen de la conformité fiscale, vérification des déclarations et des litiges fiscaux potentiels, évaluation des impacts fiscaux de l’acquisition
- Juridique : revue des contrats, litiges en cours, droits de propriété intellectuelle
- Opérationnelle : évaluation des processus, des actifs physiques et de la chaîne d’approvisionnement
- Humaine : analyse de la culture d’entreprise, des contrats de travail et des dépendances envers certains employés clés
Il est primordial de bien savoir bien identifier les risques afin de concentrer les efforts et les ressources sur les aspects les plus critiques pour la réussite de l’opération. Cela permettra à l’acquéreur de se tourner vers les bons experts pour l’épauler dans ses démarches.
Cet article met l’accent sur les aspects financiers et fiscaux, mais il est recommandé de poursuivre vos recherches pour vous renseigner aussi sur les autres volets d’une vérification diligente.
Vérification des aspects financiers
Les aspects comptables se concentrent sur l’analyse approfondie des données financières pour assurer leur exactitude et leur cohérence avec la réalité économique de l’entreprise. Cela inclut la vérification des états financiers, des actifs et passifs ainsi que de la performance historique pour identifier les risques.
Voici quelques exemples concrets :
Exactitude des chiffres
Si le bilan de l’entreprise indique des stocks de 200 000 $, il faudra vérifier physiquement les inventaires pour confirmer cette valeur. Il pourra également être pertinent de questionner la méthode de calcul des inventaires et de s’assurer qu’elle respecte les normes comptables.
Analyse de la performance historique
Supposons qu’une entreprise présente une baisse subite de chiffre d’affaires sur une année. Il sera important d’enquêter pour comprendre si cela est lié à la perte d’un client majeur ou à une baisse de la demande dans le marché.
Qualité des revenus
Dans un cas où 50 % des revenus proviennent d’un seul client, cela pourrait être risqué en cas de départ de ce client. Il faudra donc évaluer cette dépendance sur les activités de l’entreprise.
Valeur réelle des actifs
La valeur comptable des actifs peut ne pas être représentative de la juste valeur de ceux-ci. Obtenir une évaluation professionnelle permettra de s’assurer de la valeur des biens transigés et de faciliter le financement de la transaction.
Examen du fonds de roulement
Le transfert peut avoir un impact considérable au niveau des liquidités. Il sera donc important d’analyser le fonds de roulement de l’entreprise et de s’assurer qu’il est suffisant pour garantir une transition harmonieuse après l’acquisition. Il faudra également examiner les délais de paiement moyens et évaluer si les liquidités disponibles permettent de couvrir les besoins opérationnels immédiats.
Vérification des aspects fiscaux
Les aspects fiscaux jouent un rôle crucial dans la vérification diligente, car ils permettent d’évaluer la conformité de l’entreprise avec les obligations fiscales et de comprendre les conséquences potentielles pour l’acheteur. Cela inclut l’examen des déclarations fiscales, des litiges fiscaux potentiels et des différents crédits fiscaux dont bénéficie l’entreprise.
Voici quelques exemples concrets :
Déclarations fiscales
Si l’entreprise prétend ne pas avoir de dettes fiscales, il faudra demander des copies des avis de cotisation des trois dernières années pour en avoir la confirmation.
Litiges fiscaux
Une entreprise pourrait avoir un litige avec l’Agence du revenu du Canada (ARC). Dans ce cas, il faut s’assurer d’en connaître les détails avant d’aller de l’avant avec l’acquisition.
Régimes fiscaux spécifiques
Dans un cas où une entreprise bénéficie d’un crédit d’impôt pour la recherche scientifique, il faudra vérifier que les documents justificatifs sont bien en règle.
Structure de l’achat
En fonction du type d’acquisition réalisée (achat d’actions ou d’actifs) ainsi que de la structure en place, les impacts fiscaux pourraient diverger. Il faudra donc analyser l’impact de l’acquisition sur vos activités actuelles.
Crédits ou pertes reportés
Si l’entreprise a accumulé des pertes fiscales, les impôts futurs pourraient en être réduits. Identifier ces occasions est donc important.
Conclusion
Les volets financiers et fiscaux de la vérification diligente offrent une vision claire de la santé financière et de la conformité de l’entreprise cible. Il ne faut donc pas sous-estimer leur importance puisqu’un manque d’attention à ces détails pourrait avoir des conséquences coûteuses.
Pour maximiser ses chances de succès, les acheteurs doivent s’entourer d’experts compétents qui sauront les guider tout au long de cette démarche essentielle. Leur soutien permettra de transformer une transaction complexe en une occasion stratégique pour atteindre ses objectifs d’affaires.
Conflits de valeurs
Un conflit de valeurs survient lorsque des individus ou des groupes ont des croyances, des priorités ou des principes incompatibles, entraînant des désaccords profonds sur la manière d’agir ou de prendre des décisions. Ce genre de conflit peut jouer un rôle déterminant dans le succès d’une transaction, tant pendant qu’après celle-ci. Les divergences au niveau des valeurs touchent aux fondements mêmes de l’entreprise, comme sa culture, sa vision ou ses objectifs à long terme. Cette réalité s’applique aussi aux personnes clés de l’entreprise, car les valeurs des propriétaires sont souvent profondément enracinées et partagées avec l’équipe.
Exemple concret
Prenons l’exemple d’une entreprise familiale fondée sur des principes de responsabilité sociale, de soutien à la communauté locale et de préservation de l’environnement. Si un investisseur potentiel, motivé principalement par une rentabilité rapide, réduit les contributions ou propose des choix moins alignés avec les valeurs connues de l’équipe, des tensions risquent d’apparaître. Ce décalage pourrait engendrer des départs d’employés, nuisant à la rentabilité et à la réputation de l’entreprise, voire à sa survie.
Pistes de solutions
Pour éviter ces écueils, il est important d’établir dès le début du processus de transaction des balises claires sur les valeurs fondamentales de l’entreprise et des principaux intervenants. En somme, il s’agit de vérifier la compatibilité des valeurs entre le vendeur et l’acheteur potentiel. Ces vérifications permettent de prévenir des tensions futures et d’assurer que les principes de base de l’entreprise sont respectés.
Communication défaillante
La communication est un aspect fondamental d’un transfert d’entreprise. Les détails techniques et les attentes doivent être clairement exprimés et compris par toutes les parties impliquées. Une mauvaise communication peut entraîner des malentendus, des conflits et même l’échec de la transaction.
Dans une situation aussi délicate et fragile qu’un transfert d’entreprise, il est crucial de rester vigilant face aux pièges potentiels de la communication. Bien que nous disposions aujourd’hui d’une multitude de moyens pour échanger, il est paradoxal de constater que la communication est parfois moins efficace. Les textos, courriels et échanges tronqués créent souvent de la confusion. Rappelez-vous que seulement 7 % de la communication passe par les mots, 35 % par l’intonation et 58 % par le non verbal.
Exemple concret
Supposons qu’une entreprise de technologie en pleine croissance a été approchée par un grand conglomérat pour une acquisition. Les discussions initiales étaient prometteuses, mais au fil du temps, des malentendus ont émergé. Le vendeur pensait que l’acheteur conserverait l’équipe de direction actuelle, tandis que l’acheteur prévoyait de remplacer plusieurs membres clés. Ce manque de clarté a généré des tensions et des suspicions, conduisant à l’échec de la transaction.
Pistes de solutions
Afin de pallier ces problèmes, il est essentiel d’établir des canaux de communication clairs et constants tout au long du processus transactionnel. L’utilisation de documents écrits et la planification de réunions régulières permettent de discuter des enjeux, des attentes, des objectifs et des limites de chacun. La traditionnelle réunion face à face prend ici tout son sens.
Complexité émotionnelle
Une dimension souvent négligée et pourtant cruciale est l’aspect émotionnel de la transaction. Vendre une entreprise est un processus généralement chargé d’émotions, surtout lorsqu’il s’agit d’une entreprise où le propriétaire-dirigeant a investi une grande partie de sa vie et de ses ressources. Comme il s’agit souvent d’un deuil et d’un changement de vie important, cette dimension émotionnelle peut amplifier les conflits et rendre la communication encore plus complexe.
Exemple concret
Prenons le cas d’un cédant qui vend son entreprise familiale à un employé. Pour lui, cette vente est une étape émotionnellement chargée, marquée par des craintes et un besoin de sécurité. À l’inverse, pour la personne qui achète, le montant à débourser représente à la fois un engagement financier colossal, un changement de vie et une augmentation de responsabilité importante. La manière dont chacun vit cette transaction sera donc très différente.
Pistes de solutions
Afin de maximiser les chances de succès de la transaction, l’implication de professionnels est primordiale. Cela permettra de maintenir une perspective rationnelle tout au long du processus en s’appuyant sur des faits et des objectifs clairs. De plus, cela optimisera la communication en évitant la surcharge émotionnelle qui pourrait dégénérer et assurera une gestion efficace des peurs et des émotions.
Une approche complète
Les valeurs de chacune des parties, leurs compétences en communication ainsi que leurs émotions ressenties face à cette transaction jouent un rôle crucial dans le succès ou l’échec d‘un transfert d’entreprise. En abordant ces aspects avec une préparation minutieuse et en impliquant des professionnels expérimentés, il est possible de naviguer à travers ces défis de manière plus efficace.
Prendre conscience de cette réalité permet de maintenir un équilibre entre les aspects légaux, financiers, comptables et humains de la transaction, favorisant ainsi un transfert réussi et harmonieux. Cela permet également de réaliser des économies substantielles, car l’incompatibilité des valeurs peut être détectée dès le début. De plus, l’implication de professionnels améliore nettement la communication et permet de mieux contrôler les émotions, évitant ainsi des complications coûteuses.
Lors de ce webinaire, les spécialistes d’IG Gestion privée de patrimoine vous présentent plusieurs stratégies financières éprouvées pour maximiser les chances de succès de votre projet d’achat ou de vente d’entreprise.
Vous découvrirez entre autres comment augmenter la valeur de votre entreprise, structurer la transaction efficacement et en réduire l’impact fiscal, le tout en vue d’assurer sa pérennité et d’optimiser vos gains.
À la fin de la présentation, les participants ont eu la possibilité de poser leurs questions aux experts des deux organisations.
Savez-vous à qui vendre votre entreprise pour en assurer la continuité ? Trouver un acheteur capable de poursuivre votre vision et de préserver l’héritage de votre entreprise est un défi pour beaucoup de propriétaires-dirigeants. La reprise collective est une solution qui permet de la transférer à un groupe de personnes engagées, assurant ainsi sa pérennité tout en respectant ses valeurs fondamentales.
Dans le cadre du mois de l’économie sociale, nous avons consulté trois experts de la reprise collective pour démystifier le sujet. Que vous envisagiez un départ prochain, ou que vous soyez simplement curieux des options disponibles, apprenez-en plus sur ce mode de transfert.
Tout d’abord, qu’est-ce qu’une reprise collective ?
C’est un mode de transfert d’entreprise qui permet à des acteurs internes (employés ou successeurs familiaux) et/ou à des acteurs externes (fournisseurs, clients, collectivités, travailleurs autonomes) de reprendre collectivement une entreprise pour l’exploiter conformément aux règles d’une entreprise d’économie sociale (de type coopérative ou OBNL).
Note : Dans cet article, nous utiliserons le terme « entreprise classique » afin de désigner les entreprises non collectives.
Les avantages de transférer une entreprise classique en entreprise collective
Pour beaucoup d’entrepreneurs n’ayant pas de relève identifiée la reprise collective peut être une option de choix. En effet, ce type de reprise offre de nombreux avantages en comparaison avec un transfert classique.
- Partage de la charge mentale de la gestion d’une entreprise
- Partage des risques et responsabilités
- Financement adapté
- Mise de fonds moins élevée (totale et par personne)
- Accès à un écosystème dédié à la reprise collective, autant en soutien qu’en financement
- Plus facile pour les membres de partir puisqu’il n’est pas nécessaire de vendre l’entreprise collective
- Taux de survie plus élevé (2x plus que les entreprises privées selon une étude du CQCM).
À qui vendre mon entreprise ?
Voici les différentes options qui s’offrent aux propriétaires-dirigeants:
Coopérative ou OBNL : comprendre les différences
Beaucoup mélangent ces deux grandes familles. « La principale différence est que dans une coopérative (coop), le lien d’usage des membres est économique, alors que l’OBNL existe pour servir un besoin d’une communauté. », Soda Diack, coordonnatrice à la reprise collective pour la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ)
Le lien d’usage désigne la manière dont un membre utilise la coopérative. Par exemple, dans une coopérative de producteurs, les membres fournissent leurs biens et services. Dans une coopérative de travailleurs, les membres l’utilisent pour travailler et se rémunérer. Une coopérative de solidarité peut inclure des membres ayant différents liens d’usage ainsi que des membres de soutien sans lien d’usage.
Les différents types de reprises
Pour les cédants qui ne savent pas à qui transférer, les experts conseillent de s’interroger sur les impacts d’une fermeture. Si l’entreprise ferme, quel groupe sera le plus impacté ? Si ce sont les consommateurs, par exemple pour la seule épicerie d’un village, il serait logique de commencer par le leur proposer à eux. Il faut penser au lien d’usage, à l’intérêt que les parties prenantes ont avec l’entreprise.
« De façon générale, il faut que le cédant ait la capacité de rassembler un groupe significatif de personnes qui ont envie de transcender leur rôle habituel par rapport à l’entreprise et de s’investir pour en être les administrateurs à travers un collectif. », Luc Malo, coordonnateur au repreneuriat collectif au CTEQ.
Puis, identifier les leaders et sonder leur intérêt. Selon la dynamique et la taille de l’entreprise, y aller prudemment et progressivement pour ne pas effrayer les parties prenantes.
Cédants et repreneurs : qui fait quoi ?
Selon Pierre Charette, coordonnateur en transfert d’entreprise et conseiller principal en finances au Réseau COOP, « dans la plupart des cas, l’initiative vient du cédant ». Ce dernier peut choisir de rester impliqué dans l’entreprise après son transfert en coopérative ou OBNL, ou au contraire, décider de se retirer complètement. La préparation de l’entreprise au transfert incombe principalement au cédant, tandis que les repreneurs sont généralement responsables de réunir le financement nécessaire et de mettre en place la nouvelle structure de l’entreprise.
Cependant, la transition vers une structure collective implique un changement de posture pour tous les acteurs impliqués. Il est donc essentiel d’être bien accompagné tout au long de ce processus pour en assurer le succès. Clients, fournisseurs ou employés qui deviennent entrepreneurs collectifs doivent s’adapter à leur nouveau rôle, ce qui représente un défi important. Pour le cédant, s’il demeure dans l’entreprise, cela signifie aussi accepter de partager la prise de décisions avec d’autres, ce qui peut être un ajustement considérable.
Principales différences avec un transfert non collectif
Un écosystème de soutien tissé serré
L’écosystème de la reprise collective au Québec est constitué d’acteurs qui se connaissent bien et qui partagent une mission commune : faire réussir chaque projet. Grâce à une communication fluide et à des produits financiers spécialement conçus pour soutenir ce type de reprise, les entrepreneurs peuvent compter sur un réseau solide et interconnecté, dédié à leur succès.
Des programmes de financement adaptés
Plusieurs programmes de financement spécifiques à la reprise collective peuvent grandement aider les cédants et les repreneurs dans ce type de projet.
Tout d’abord, il y a le Programme de soutien à la reprise collective (PSRC), qui est administré par le CTEQ. Ce programme vise à rendre accessibles aux cédants et aux repreneurs intéressés par la reprise collective plusieurs services professionnels. L’aide financière prend la forme d’une contribution non remboursable pouvant aller jusqu’à 11 000 $ pour les cédants et 31 500 $ pour les repreneurs.
Ensuite, Investissement Québec propose le Programme de capitalisation des entreprises de l’économie sociale (CAES) Volet 2 qui offre des prêts comportant des avantages significatifs, tels que des congés sur les versements du capital et la prise en charge partielle des intérêts.
Finalement, d’autres programmes en économie sociale proposent des congés de remboursement de capital, avec une variété de produits financiers adaptés aux besoins spécifiques des entreprises collectives. Ces initiatives sont concertées au sein de Cap Finance, dont le mandat est de garantir la complémentarité entre les différents acteurs financiers en économie sociale et solidaire. Ce réseau inclut de grands partenaires, tels que Desjardins Capital et le Réseau d’investissement social du Québec.
Par où commencer ?
Pour débuter, il est essentiel que le cédant s’informe sur les diverses options qui s’offrent à lui. Le site repreneuriatcollectif.ca est une ressource incontournable pour obtenir des informations complètes sur la reprise collective, avec une vaste documentation et des témoignages enrichissants. Ce site, régulièrement mis à jour, est la porte d’entrée idéale vers l’écosystème des organisations dédiées à la reprise collective au Québec.
LA MISSION DE NOS ORGANISATIONS
Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ)
Chef de file du repreneuriat au Québec, le CTEQ est un organisme de développement économique qui offre une solution unique combinant une équipe-conseil en transfert d’entreprise et une plateforme confidentielle de mise en relation entre acheteurs et vendeurs de PME. Service-conseil neutre et personnalisé – Occasions d’affaires – Réseau d’affaires – Formations et événements sont offerts afin de donner les meilleures chances de succès pour la réalisation d’un projet de vente ou d’achat d’entreprise.
Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ)
La Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ) propose un encadrement, un soutien et une expertise en accompagnement d’entreprises collectives (coopératives et OBNL) dans toutes les régions du Québec grâce à l’expertise d’une équipe composée de spécialistes en développement collectif.
Réseau COOP
Le Réseau COOP soutient le développement et la reconnaissance de la coopération du travail au Québec afin de favoriser une plus grande participation des travailleur.euse.s aux décisions et un meilleur partage de la richesse créée.
En tant que Fédération, le Réseau COOP est également le porte-parole des coopératives gérées par les travailleur.euse.s, et un animateur facilitant les rencontres, les échanges et le partage entre coopérateur.trices.

