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conseiller en entreprise

Un facilitateur neutre

Au CTEQ, nous aidons autant les cédants que les repreneurs d’entreprise. Un de nos rôles principaux est celui de gardien du processus de transfert d’entreprise. Nous n’avons pas de parti pris ni d’implications financières dans les transferts, deux gages de notre objectivité. Notre seul intérêt : assurer la pérennité des entreprises québécoises à travers une transition fluide et satisfaisante pour chaque partie prenante.

 

Au cœur d’un vaste réseau

En sa qualité d’organisme de référence panquébécois, le CTEQ travaille en collaboration avec tout un écosystème d’experts du transfert d’entreprise. Il sert de liant entre les expertises et les besoins des repreneurs et des cédants. Pour chaque repreneur et cédant qui nous consulte, nous garantissons le référencement de ressources qui pourront l’aider à faire avancer son projet. Faire appel au CTEQ, c’est avoir accès à ce vaste réseau d’experts et de collaborateurs.

 

L’humain avant tout

Dans notre approche, la vente ou l’achat d’une entreprise n’est pas traité comme une simple transaction, mais plutôt abordé comme le projet d’un être humain. Projet de retraite pour l’un, rêve de devenir patron pour l’autre; certains sont motivés par l’envie de faire fructifier un capital, d’autres guidés par une passion à transmettre, à léguer ! Nous ne sommes pas là pour juger de vos motivations, mais bien pour assurer l’avancement de votre projet. Dans nos efforts de maillage entre les cédants et leur relève, nous nous assurons également d’un bon arrimage émotionnel, garant du transfert harmonieux des avoirs, des pouvoirs et des savoirs.

 

Une offre flexible

Parmi notre éventail de services, le repreneur ou le cédant, selon son expérience et ses besoins, pourra faire appel à une aide ponctuelle, un outil ou une approche personnalisée à travers les étapes de sa démarche. Entre les deux, c’est le monde des possibles ! Nous nous adaptons à vos besoins et soutenons tout type de repreneur et de cédant, sans discrimination d’âge, d’expérience, de taille d’entreprise et de la nature du transfert d’entreprise.

Certains se contenteront de s’inscrire à l’INDEX, notre plateforme en ligne confidentielle et neutre qui rassemble des entreprises à vendre de tous les secteurs et régions du Québec, ainsi que des entrepreneurs à la recherche d’une entreprise à acheter. C’est le meilleur site de rencontre pour la relève en affaires !

 

À lire : L’INDEX du CTEQ : un puissant outil de recherche au service des vendeurs et acheteurs d’entreprise

 

Ceux qui souhaiteront plus d’accompagnement pourront faire appel au programme CTEQ+, une solution plus exhaustive pour les cédants et les repreneurs souhaitant être guidés dans les différentes phases de leur processus respectif. Le CTEQ+ propose une approche intégrée qui donne accès à :

  • Un plan d’action rédigé par un conseiller
  • Une boîte à outils
  • Des rabais sur nos formations et d’autres avantages

Des plus accessibles

Notre accessibilité se définit par le fait que le CTEQ est ancré dans la réalité des 17 régions administratives québécoises. Nos conseillers travaillent sur leur territoire et en connaissent les spécificités.

Finalement, c’est grâce, entre autres, à nos partenaires publics et privés que nous pouvons offrir des ressources à tarifs des plus accessibles pour vous aider à concrétiser votre projet et ainsi remplir pleinement notre mission : assurer la pérennité de nos précieuses PME québécoises.

Communiquez avec nous pour toutes questions!

Noba

Robert Larocque, CPA, CGA, a toujours voulu être à la tête d’une entreprise. Il réalise ce rêve à l’âge de 55 ans, en reprenant l’automne dernier, une petite entreprise du secteur bioalimentaire en Estrie. Il nous raconte son parcours de repreneur.

POURQUOI AVOIR CHOISI LE REPRENEURIAT ?

Je suis un comptable de formation, mais je n’ai jamais voulu être un spécialiste de la comptabilité. En sortant de l’université, j’ai lancé deux entreprises, de manière un peu naïve et avec peu de succès.

Dans ma carrière, j’ai toujours cherché à être au service des entreprises et surtout, des petites entreprises au sein desquelles je finissais toujours par faire un peu de tout. On me confiait non seulement des tâches de comptabilité, mais aussi de gestion des TI, des ressources humaines par moment, de la qualité et de la logistique. Ce bagage m’a préparé à devenir repreneur.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE PREMIÈRE DÉMARCHE COMME REPRENEUR ? 

J’ai pris le temps de « magasiner » des entreprises sur différentes plateformes, notamment sur l’INDEX du CTEQ. Après trois mois de recherches, c’est là que j’ai trouvé. J’ai d’ailleurs apprécié la position neutre et professionnelle du CTEQ dans le processus de transfert.

À lire : Acheter une entreprise : de l’intention à l’action – Nos réponses à vos questions

DÉCRIVEZ-NOUS L’ENTREPRISE QUE VOUS AVEZ ACQUISE

Alégria est un fabricant artisanal de pâtes alimentaires sèches biologiques de Stornoway, au nord de Lac-Mégantic. L’entreprise a été fondée par la meunerie La Milanaise. Elle a été reprise en 2008 par un couple qui se dirige maintenant vers la retraite.

POURQUOI L’AVEZ-VOUS CHOISIE ? 

Alegria était mon coup de cœur. Même si je la trouvais trop petite, je voyais tout son potentiel. Ce qui m’a plu, c’est le côté écoresponsable de ce fabricant d’aliments biologiques. Cela s’inscrit dans mes valeurs et dans les tendances actuelles.

L’entreprise a peu de compétiteurs : elle est la seule productrice de pâtes biologiques au Québec à mettre en marché une gamme aussi variée de produits.

RACONTEZ-NOUS BRIÈVEMENT VOTRE PREMIÈRE RENCONTRE AVEC LES CÉDANTS  

Quand j’ai visité les lieux, il y a eu un « clic » entre nous. Ce sont des gens extraordinaires qui voulaient céder à quelqu’un qui partageait les mêmes valeurs d’écoresponsabilité et d’approche humaine.

QUEL TYPE DE TRANSFERT AVEZ-VOUS FAIT ?

Je suis devenu actionnaire principal de la compagnie. Les anciens propriétaires ont gardé des parts.

QUELS ONT ÉTÉ VOS PRINCIPAUX DÉFIS ? 

Mon premier défi a été d’aller chercher le financement. Pour ce faire, j’ai dû :

  • Convaincre des banquiers traditionnels comme la Banque Nationale, Desjardins ou autre
  • Convaincre un organisme comme Investissement Québec afin qu’il donne une garantie de prêt à la banque
  • Avoir un troisième partenaire comme un Centre local de développement (CLD) qu’on doit convaincre afin qu’il nous octroie un prêt
  • Faire une mise de fonds d’au moins 25 %

Un autre de mes défis est de gérer une entreprise située à 150 km de chez moi qui habite à Bromont.

SELON VOUS, QUELS SONT LES AVANTAGES DE REPRENDRE UNE ENTREPRISE ? 

Quand on démarre une entreprise, on n’a pas validé le marché pour notre produit. Avec une reprise, on peut se baser sur un historique, sur une expertise acquise au sein de l’équipe. On garde aussi tous les collaborateurs, cela facilite les opérations.

Lire aussi : Parcours d’un repreneur avec Antoine Chatel

QUELLES SONT LES QUALITÉS ET COMPÉTENCES À AVOIR EN TANT QUE REPRENEUR ? 

Il faut détenir des compétences pour les différents aspects de la gestion d’une entreprise et pas seulement avoir des notions financières. J’avais touché à plusieurs de ces fonctions dans le passé, mais j’avoue que je me suis doté de renfort pour ce qui est du marketing et des ventes.

COMMENT SE DÉROULE VOTRE PROPRE PLAN DE RELÈVE ? 

J’avais plutôt besoin d’un transfert de connaissances techniques, car je maîtrise bien la gestion financière et la gestion d’une usine. Je ne connaissais cependant rien à la fabrication de pâtes bio !

C’est pour cela que l’ancien propriétaire, le directeur des opérations, reste à mes côtés. Il est prêt à rester le temps qu’il faudra, mais pour un maximum de 3 ans. Comme il reste actionnaire, il s’implique beaucoup. On est tous gagnants.

QUELS CHANGEMENTS AVEZ-VOUS FAITS DEPUIS ?

J’ai décidé de changer le nom de la marque pour Noba. Alégria n’était pas une marque déposée. Je me suis dit : « Tant qu’à pivoter, changeons le nom ! ».

Nous sommes passés d’environ 40 produits à 6, fabriqués avec 2 farines (kamut et épeautre). J’ai aussi changé l’emballage en passant du sac de plastique à la boîte faite de fibre recyclée et biodégradable.

Nous lancerons d’ailleurs nos produits en avril sur le marché québécois. C’est très excitant !

COMMENT VOUS PORTEZ-VOUS EN TANT QUE NOUVEAU PATRON D’ENTREPRISE ?

Je suis stimulé à l’os ! J’ai beaucoup trop d’idées, je dois parfois me lever la nuit pour les noter !

Cette histoire vous inspire ? Parlez-nous de votre rêve repreneurial en communiquant avec nous !

acheteur d'une entreprise

Le 18 février dernier, le CTEQ organisait un webinaire en collaboration avec Femmessor sur le thème : Acheter une entreprise en période d’incertitude. Lors de cet événement, quelques questions posées par les participants n’ont pu être couvertes faute de temps. Découvrez dans cet article, les réponses apportées par les conférenciers et d’autres experts aux questions restées en suspens pendant le webinaire.

Vincent Lecorne, président-directeur général, Centre de transfert d’entreprise du Québec

Est-ce que les statistiques émises par M. Lecorne émanent toutes de Statistique Canada ou elles proviennent d’autres sources ?

Les chiffres concernant les intentions de transfert proviennent de Statistique Canada. Les données quant au vieillissement des entrepreneurs et de l’âge moyen des entrepreneurs au Québec proviennent du recensement de 2016 de Statistique Canada.

Finalement, les statistiques évoquées quant aux possibles fermetures d’entreprise proviennent de la note de recherche de janvier 2021 de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante intitulée : Entreprises et emplois à risque au Canada en raison de la COVID-19.

Parmi les 15 000 entreprises, quel pourcentage sont des TPE, PME et grande entreprise ?

  • Le chiffre de 15 000 est une approximation, donc il ne faut pas oublier que l’on parle d’environ 15 000 entreprises (plus précisément entre 15 050 et 15 200 entreprises qui ont l’intention de transférer). En ce sens, toujours selon les récentes données de Statistiques Canada, on peut estimer qu’au Québec c’est environ : 7 800 entreprises de 1 à 4 employés qui ont l’intention de transférer en 2021
  • 5 800 entreprises de 5 à 19 employés ont l’intention de transférer en 2021
  • 1 300 entreprises de 20 à 99 employés ont l’intention de transférer en 2021
  • 120 entreprises de 100 employés ou plus ont l’intention de transférer en 2021
Nathalie Boudreau, conseillère en transfert d’entreprises touristiques, Centre de transfert d’entreprise du Québec

Comment réussir à trouver des opportunités de reprise au sein de l’industrie touristique ?

La première étape est de s’inscrire et de consulter l’INDEX du CTEQ. Cette plateforme compte plus d’un millier d’entreprises à vendre partout au Québec.

Cependant, malgré la pandémie, il ne faut pas s’attendre à acquérir une entreprise à rabais. La plupart des cédants qui sont prêts à vendre sont propriétaires depuis plusieurs années et ont su faire face à ce ralentissement de clientèle, voire profiter de l’affluence des touristes québécois.

Cela dit, les cédants sont toutefois conscients des difficultés qu’auront à surmonter les repreneurs en cette période particulière et ils feront tout leur possible pour faciliter le transfert.

À lire aussi :

L’INDEX, un puissant outil de recherche au service des vendeurs et acheteurs d’entreprise

Je souhaite acheter une entreprise : comment faire mes recherches activement ?

Pour les restaurants quels sont les enjeux d’achat ?

Trouver du financement pour ce secteur d’activité compte habituellement des défis et la pandémie n’aide en rien. Ensuite, le manque de main-d’œuvre est un problème auquel les restaurateurs font face en temps normal. De plus, en raison du contexte actuel, les employés de la restauration se sont réorientés pour la plupart, donc, les propriétaires doivent s’attendre à travailler de longues heures.

Quel message lanceriez-vous aux entrepreneurs/repreneurs des domaines du tourisme ?

Plusieurs secteurs du tourisme ont la cote. Les Québécois(es) ont envie de découvrir leur Québec : le plein air, le sentiment de liberté, le goût de vivre des expériences, pour ne nommer que quelques exemples.

Soyez créatifs, unissez-vous dans vos régions pour vous assurer une offre touristique intéressante. Vous avez tous besoin les uns des autres pour traverser cette tempête !

À consulter :

Vendre une entreprise touristique : les enjeux et les possibilités

Le transfert d’entreprises touristiques au temps de la COVID-19

Guylaine Vézina, propriétaire, Boutiques Twist à Saguenay

Acceptez-vous des artistes qui sont en dehors des régions où sont vos boutiques ? Mais toujours au Québec bien sûr.

L’artisan peut nous contacter directement par téléphone à nos bureaux au 418 512-1818 ou nous proposer ses services par courriel à : [email protected]. Lorsque les produits nous intéressent, nous expliquons les modalités, termes et conditions de vente à l’artisan et si nous nous entendons, nous signons une entente.

Comment est-ce que le potentiel de développement que vous avez constaté dans votre entreprise a influencé votre prix d’achat ? Vous êtes-vous basée seulement sur les états financiers ou étiez-vous prête à payer plus cher pour le potentiel ?

Je me suis basée beaucoup sur les états financiers, le domaine d’activités et l’état actuel de l’entreprise. Mon potentiel de développement provient de mes idées, mon bagage et ma vision du domaine des affaires afin de faire prospérer et accroître l’entreprise, ce qui est n’est pas attribuable à l’ancienne propriétaire, mais à moi seule.

Est-ce que vous avez dû négocier une balance de vente pour permettre la transaction ?

Oui, je l’ai négocié, et ce fut très facilitant, ne serait-ce que pour attacher l’ancien propriétaire aux résultats futurs et aux obligations. Cependant, la transaction aurait eu lieu quand même.

Est-il déjà arrivé à Guylaine de se planter en repreuneuriat, malgré son « flair » et son intuition ? Si oui, comment gérer l’impact sur les collaborateurs afin de conserver la relation ?

Tout est une question de communication et de perception. Lorsque nous établissons un climat de confiance et de respect dès le départ et que les choses sont claires entre le cédant et le repreneur, la relation va très bien par la suite, même si l’acquisition de l’entreprise n’a pas pu s’effectuer. C’est la vie !

Est-ce que les employés, fournisseurs artisans en place savaient que l’entreprise était à vendre avant l’achat par Guylaine ?

Non. Les fournisseurs ont été avisés après mon entrée du 1er octobre 2020. Pour les employés, ils ont été mis au courant lors d’une réunion de l’équipe, un mois avant mon entrée du 1er octobre.

Vicky Pronovost, Associée, Mallette

Peut-on financer 100% de l’achat d’une entreprise ? Est-ce une bonne idée ?

Il est rare que l’on voie une acquisition d’entreprise financée à 100%. Souvent, les banquiers veulent voir l’entrepreneur prendre des risques également.

Souvent, les liquidités provenant des profits générés par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour payer le capital et les intérêts d’un financement à 100%.

Vous pouvez obtenir une portion équité (investissement en capital-actions) provenant de certains prêteurs afin d’alléger la portion de la dette à rembourser.

La structure financière dépend principalement de la solidité financière de l’entreprise, de sa capacité à générer des profits et des actifs à donner en garantie.

Dans une perspective de reprise d’entreprise, au regard des banquiers et autres acteurs financiers, quelle est la crédibilité du repreneur s’il a été essentiellement « Intrapreneur » durant sa carrière ?

Un intrapreneur est un employé qui développe l’entreprise, c’est quelqu’un qui innove. Donc, en principe les banquiers et financiers voient d’un bon œil un employé à l’interne qui a le sens de développer l’entreprise. Si l’intrapreneur propose un bon plan de match pour la poursuite de l’entreprise, démontre qu’il a une vision, qu’il est sensible aux résultats financiers, et qu’il peut s’adjoindre des collaborateurs pour l’aider dans ses faiblesses, tout devrait bien se passer.

Bien s’entourer pour une transaction peut coûter combien en matière de pourcentage de la valeur de la transaction ?

Il existe plusieurs organismes qui offrent de l’accompagnement gratuitement ou à peu de frais (CTEQ, Femmessor, CLD, SADC, etc.). C’est difficile de chiffrer des honoraires, car il y a une partie qui est difficile à déterminer, soit le temps consacré aux négociations qui peut être court, comme très long. Pour certaines transactions, vous allez avoir besoin de prévisions financières complètes pour obtenir du financement, alors que pour d’autres transactions vous n’en aurez pas besoin. L’important, c’est de prendre le temps de trouver un bon professionnel qui a de l’expérience en transaction. Vous devez être à l’aise avec le professionnel choisi de discuter d’honoraires et d’avoir une discussion franche.

Est-ce un bon moment pour vendre ou il est préférable d’attendre… puisque les bénéfices ne sont pas nécessairement au rendez-vous ?

Ça dépend du secteur et de la raison justifiant pourquoi les bénéfices ne sont pas au rendez-vous. Est-ce simplement la COVID ? Est-ce qu’après la COVID, votre produit ou service va revenir à la normale ou il pourrait y avoir une modification des habitudes des consommateurs qui étaient ciblés par votre produit ou service, à la baisse ? Est-ce que votre historique de profit (cinq dernières années) est assez stable ou en dent de scie ? Si vous êtes capables de démontrer le retour des profits après la pandémie, vous pourriez tenter votre chance, mais les négociations peuvent être plus ardues et il pourrait y avoir des clauses d’ajustement de prix de la part de l’acheteur conditionnel au retour des profits. Cependant, si vous attendez, cela vous permettra de prouver à un acheteur que les profits sont de retour et les négociations pourraient être plus faciles.

Est-ce que les sources de financement pour un repreneuriat sont autant disponibles maintenant qu’avant la pandémie ? Est-ce que les bailleurs de fonds sont compréhensifs en vue d’une baisse des ventes et des profits qui seraient causés par la pandémie ou bien est-ce qu’ils demandent de plus grandes mises de fonds ?

Oui, les institutions financières ont des fonds disponibles pour financer des acquisitions. La vitesse du retour à la profitabilité va avoir un impact important sur le montant de financement. Il en faut comprendre qu’un prêteur veut s’assurer d’être remboursé dans les délais prévus. Donc, selon votre secteur, les actifs à donner en garantie, la vitesse de retour à la normale, la solidité du repreneur et son bilan personnel vont avoir un impact sur le montant du prêt.

Comment calculer l’impact des subventions salariales aux états financiers ? Il est difficile dans une entreprise en croissance de voir si l’impact de la subvention aux états financiers est un avantage ou désavantage en fonction des profits vraiment perdus.

Premièrement, il faut demander au vendeur s’il n’est pas indiqué clairement dans les états financiers, toutes les subventions reçues en lien avec la pandémie. Une bonne analyse financière mensuelle historique (24 mois minimum) avant la pandémie et les mois après la pandémie (sans les subventions), est nécessaire pour comprendre la rentabilité mensuelle de l’entreprise (stable ou cyclique). Elle peut permettre d’évaluer l’impact des subventions salariales. Bref, en comparant, mensuellement sur trois ans, exemple avril 2018, avril 2019 et avril 2020 (pandémie) cela permet d’évaluer l’impact de celle-ci sur les profits perdus.

J’ai déjà eu l’expérience de rachat d’entreprise dans le domaine manufacturier avec l’apport nécessaire (mise de fonds) et balance de 25% du prix négocié avec le vendeur. Mais aucune banque ne s’est avancée dans ce contexte de pandémie. Quelle est la position des banques pour le financement ? Sachant que ce contexte est là pour un bon moment !

Ça dépend du secteur manufacturier, des projets pour la reprise, de sa capacité actuelle à payer de nouvelles dettes, des actifs qu’elle peut donner en garantie. Il faut prendre le temps de regarder le dossier avec plusieurs institutions financières, car leur tolérance au risque pour certains secteurs peut être différente d’une banque à l’autre. Il est souvent intéressant de demander à deux institutions financières de partager le risque. Exemple : banque traditionnelle avec BDC, ou IQ, Fonds régionaux FSTQ, CSN, Desjardins Capital de risque, DEC Canada, etc.

En tant que repreneur individuel, comment se différencier par rapport à un acheteur stratégique ?

L’acheteur stratégique peut être prêt à payer un peu plus cher une transaction, sachant qu’il réalisera des économies par la suite, donc il faut en être conscient. Vous n’avez pas intérêt à payer une entreprise trop cher, donc il est important de bien évaluer le projet. Vous pourrez vous différencier par votre connaissance de l’entreprise et du secteur, votre leadership, votre solidité financière (personnelle), les projets que vous désirez réaliser avec cette entreprise.

En tant que repreneur, je trouve que les entreprises québécoises ont un prix très élevé par rapport à leur BAIIA. Comment travaillez-vous avec les cédants pour gérer leurs attentes en ce qui concerne la valeur de leur entreprise ?

Lorsque j’établis la valeur d’une entreprise avec un cédant, je regarde toujours dans une 2e étape la capacité de l’entreprise à financer la transaction selon le prix établi. Par cet exercice, le cédant est en mesure de comprendre, combien l’acheteur pourrait obtenir d’une institution financière et combien l’acheteur devra mettre de sa poche pour acquérir l’entreprise. Si l’acheteur n’a pas ce montant, je lui explique que c’est lui qui pourrait avoir à demeurer en balance de vente. Cet exercice permet de conscientiser le cédant, surtout s’il veut vendre à ses employés qui souvent n’ont pas de fortune personnelle à investir.

Si l’entreprise que j’aimerais acheter avait dû avoir de meilleurs résultats en raison de la pandémie, mais que dans les états financiers il n’y avait pas de croissance est-ce une bonne idée d’acheter ?

La première étape est de bien comprendre pourquoi les résultats n’ont pas été au rendez-vous. La réponse à cette question permettra de déterminer si c’est une bonne idée ou non.

Visionnez le webinaire complet ici.

N’hésitez pas à communiquer avec nous pour toute question !

Plan de transfert d'entreprise

Vous avez consacré une grande partie de votre vie à bâtir votre entreprise. En cours de route, un ou plusieurs de vos enfants se sont joints à votre aventure, à votre rêve entrepreneurial ?

Votre entreprise a poursuivi sa croissance et aujourd’hui vous vous dites : « Je suis prêt à laisser les rênes de mon entreprise à mes enfants. C’est à mon tour de profiter de mes efforts, c’est le temps de transférer mon organisation ! ». 

Vous pensez avoir tout prévu ? Valeur de l’organisation, montage financier, évaluation de votre indépendance financière, fiscalité, etc. Il n’y a pas à dire, vous êtes fin prêt ! Donc, pourquoi dépenser davantage pour faire un plan de transfert ?

LE PIÈGE DANS LE SUCCÈS D’UN TRANSFERT

Un des plus grands pièges est de réaliser votre transfert d’entreprise uniquement du point de vue de la transaction.

Il est fréquent de voir des entrepreneurs attendre jusqu’au moment d’être prêt à vendre pour enclencher le processus de transfert tout en ayant une valeur de vente bien en tête. Il n’est pas facile d’annoncer le désir de vendre son entreprise comme entrepreneur. Cela devient émotif et amène son lot de peurs personnelles et de perceptions autour de vous.

Il y a un mythe persistant pensant que vendre son entreprise représente une vente de biens comme un autre, « voici mon entreprise et son prix ». Malheureusement, le constat est très dur. Attendre au dernier moment met fortement à risque le succès de votre transfert.

Les cas réels l’ont démontré, si votre projet n’est pas bien planifié, c’est la valorisation même de votre entreprise et sa pérennité après la transaction qui en seront affectées.

À lire : La médiation dans le contexte du transfert d’entreprise

ACCROÎTRE LES PROBABILITÉS DE SUCCÈS DE VOTRE TRANSFERT

Afin d’accroître les probabilités de succès de votre transfert, vous devez disposer d’un plan de transfert qui prendra en compte non seulement les éléments quantifiables liés à la transaction, mais aussi les éléments non quantifiables comme les dimensions humaines et organisationnelles de votre transfert. 

Une fois ce plan élaboré, celui-ci devient votre référence tout au long du projet de transfert, non seulement pour vous, mais aussi pour votre relève, vos employés clés et l’ensemble de votre organisation. 

Il vous permet de démarrer à temps votre projet de transfert et d’atteindre une plus grande quiétude. Vous pouvez continuer à vous concentrer dans la gestion de vos opérations courantes tout en n’oubliant rien au passage dans votre projet de transfert.

Une organisation qui se dote d’un plan de transfert :

  • Augmente ses chances de succès d’un transfert « réussi »
  • Diminue son risque d’affaires
  • Accrois l’adhésion et l’engagement de la relève
  • S’assure que « tout le monde tire dans le même sens ! »

En général, pour chaque dollar investi dans un plan de transfert, l’entrepreneur peut envisager un retour sur investissement de l’ordre de 4 à 10 fois la valeur initiale.

Les bénéfices se font sentir dans les premiers mois de la mise en application du plan jusqu’à la conclusion du transfert et souvent, longtemps après celui-ci.

UN PLAN DE TRANSFERT, C’EST QUOI AU JUSTE ?

Le plan de transfert détaille l’ensemble des principales activités qui doivent être complétées pour assurer le succès du projet et permet d’échelonner dans le temps les initiatives qui doivent être réalisées.

Dans un monde idéal, un plan de transfert est d’une durée de 36 mois et se conclue peu après la transaction de transfert. Un plan de transfert de moins de 12 mois risque d’être bâclé et n’apportera que peu ou pas les bénéfices espérés.

Le plan de transfert devrait faire partie intégrante des objectifs d’une réflexion stratégique ou du plan d’affaires.

QUE DOIT CONTENIR VOTRE PLAN DE TRANSFERT ?

Votre plan de transfert doit toujours être adapté en fonction de votre réalité d’affaires pour être pratique et efficient.

À haut niveau, un plan de transfert doit tenir compte de quatre grandes dimensions :

  • La dimension financière: nous y retrouvons les facteurs liés à la qualité des données et des ratios financiers de l’organisation, du cédant et des repreneurs, à la croissance, la diversification, etc.
  • La dimension humaine : nous y retrouvons les facteurs de succès liés à la qualité de gestion du cédant, des repreneurs, des employés clés, des pratiques en ressources humaines, etc.
  • La dimension organisationnelle : nous retrouvons les facteurs liés aux opérations, aux ventes, au marketing, à la gestion des clients, aux systèmes de gestions et de gouvernance, etc.
  • La dimension fiscale & légale: nous y retrouvons les facteurs liés à la structure fiscale et contractuelle de l’entreprise, du cédant et des repreneurs, la gestion du patrimoine du cédant et des repreneurs, etc.

SE DIRE QUE LE PLAN VA SE RÉALISER SANS EFFORT

La probabilité de réussite d’un plan de transfert sera aussi grande que le désir de l’organisation de le mettre en pratique.

Quand on sait que près de 70% des projets entrepris dans une organisation n’aboutissent pas par manque d’orientation, de direction ou simplement de suivi, nul besoin de mentionner qu’il y va de même pour un projet de transfert.

Plusieurs entrepreneurs traitent ce défi en s’alliant à des professionnels qui s’assurent du suivi du projet de transfert. Ces derniers assistent l’équipe de direction et s’assurent de maintenir le cap sur la réussite du projet.

LES BÉNÉFICES D’UN PLAN DE TRANSFERT EN QUELQUES MOTS

Le plan de transfert permet aux cédants et aux repreneurs de tirer dans le même sens efficacement et en harmonie.

Ils possèdent la même vision, les mêmes objectifs et surtout le même désir de réussir. Ils évitent ainsi la majorité des écueils liés au transfert, et ceux-ci sont nombreux. Pensons à la gestion des opérations, des fournisseurs et des clients ! Au plan de croissance, des investissements requis – l’un veut protéger ses acquis, l’autre veut croître à la vitesse grand « V » ! Les fins de semaine en Famille sont souvent plus agréables quand on travaille en équipe vers un même but.

La mise en place d’un plan de transfert ne doit pas être faite sur un coup de tête. Il faut être prêt, avoir un réel désir de réussir et surtout connaître sa date, même hypothétique, de transfert. Aussi, un projet de transfert ne doit pas être fait en vase clos.

Le cédant, tout comme les repreneurs doivent avoir la même volonté de réussite et de réalisation. Dans le cas contraire, une ou l’autre des parties sera déçue par l’expérience et le coût associé à la mise en place du plan de transfert ne restera qu’une dépense et non un investissement.

Les bénéfices d’un plan de transfert sont multiples et propres à chaque organisation, entrepreneur et relève. Si les bénéfices escomptés sont supérieurs à la dépense, on parle ici d’un investissement !

Découvrez l’offre spéciale réservée aux clients du CTEQ :  Vision Transfert inc

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Sarah Perreault, co-propriétaire de Toiture 24

TOUT D’ABORD, PRÉSENTEZ-NOUS BRIÈVEMENT VOTRE ENTREPRISE

Depuis 2008, Toitures 24 dessert des clients de la Rive-Sud de Montréal et ses environs. Fondée par trois frères, l’entreprise se spécialise dans l’installation de bardeaux et la réparation de toitures. Cet esprit familial règne encore aujourd’hui entre les employés qui comptent une nouvelle recrue : Sarah Perreault, co-propriétaire.

POURQUOI AVOIR PRIS LE VIRAGE DU REPRENEURIAT ?

J’ai souvent voulu me lancer en affaires, mais je n’arrivais pas à m’arrêter sur une idée précise. C’est une occasion qui s’est présentée à mon conjoint. Le repreneuriat est devenu un projet de couple.

Son patron voulait laisser son entreprise rapidement. Comme il avait fait preuve d’un bel engagement et d’un esprit d’intrapreneur, il a tout de suite été vu comme le successeur idéal.

Lire aussi : Parcours d’une repreneure avec Jacinthe Larivière

QUEL TYPE DE REPRISE AVEZ-VOUS FAIT ? 

Il s’agit d’une reprise interne par un employé.

COMBIEN DE TEMPS S’EST ÉCOULÉ ENTRE VOTRE DÉCISION ET VOTRE PASSAGE À L’ACTION ? 

Une semaine ! Les propriétaires laissaient tout à bon prix, mais voulaient une réponse rapide.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE PREMIÈRE DÉMARCHE ?

De mon côté, comme je ne connaissais pas le domaine, j’ai demandé conseil auprès d’un organisme de développement économique de ma région pour savoir si le prix de rachat semblait juste. On m’a mentionné que c’était une très bonne affaire !

Ensuite, j’ai eu une montagne de tâches à faire pour lesquelles j’ai dû m’armer de patience. Magasiner des assurances et un prêt en temps de pandémie n’a pas été de toute évidence. Il y a une réticence auprès de certaines instances. Finalement, c’est en changeant de banque que j’ai obtenu un prêt.

J’ai aussi fait appel à un conseiller au CTEQ, qui m’a guidée dans les étapes à suivre pour le transfert. Il m’a aussi beaucoup encouragée dans les moments de stress.

Dans le domaine de la construction, on n’achète pas les actions pour reprendre une entreprise. Il faut s’incorporer à nouveau.

« Nous avons presque tout repris de Toitures 24 : on a racheté le nom, le nom de domaine, l’équipement de base, le numéro de téléphone ».

QUELS ONT ÉTÉ VOS PRINCIPAUX DÉFIS ?

Les cédants voulaient se libérer rapidement parce qu’ils avaient un autre projet d’entreprise. Ils ont mis un peu de pression sur nous. Mais le problème était que les démarches de type administratives ont pris beaucoup de temps : obtention des permis, des assurances, de ma licence de la Régie du Bâtiment du Québec. De mon côté, je n’avais aucune expérience dans le domaine. J’ai dû me former.

Si vous comptez que j’ai gardé mon emploi jusqu’à la fin du transfert et que nous avons un bébé de moins d’un an, vous imaginez pourquoi j’ai de nouveaux cheveux blancs cette année !

SELON VOUS, QUELS SONT LES AVANTAGES DE REPRENDRE UNE ENTREPRISE ? 

On ne part pas dans le vide. Dans notre cas, les propriétaires ont été très généreux. Il y a aussi tout un transfert de connaissances qui s’est fait; ils nous ont soutenus dès le début. Avec une clientèle déjà bâtie, une confiance sur la marque, des fournisseurs contents de pouvoir continuer à travailler, il y a beaucoup d’étapes de franchies par rapport au démarrage d’entreprise.

AVEZ-VOUS COMMENCÉ À PRÉPARER VOTRE PROPRE PLAN DE RELÈVE ? 

Comme mon conjoint connaît bien l’entreprise, cela a été assez fluide. Les propriétaires nous ont aussi transmis des mines d’or d’informations, car ils voulaient se dégager rapidement. Après seulement deux mois et demi, nous étions autonomes. On a aussi gardé le même comptable, c’est très pratique !

QUELLES SONT LES QUALITÉS ET COMPÉTENCES À AVOIR EN TANT QUE REPRENEUR D’ENTREPRISE ? 

Savoir gérer son stress ! Il faut aussi avoir de l’assurance quand on reprend les commandes. Ce rôle est très nouveau pour moi, mais je pense que j’ai de belles habiletés. Je mets les clients en confiance.

SI VOUS RETOURNIEZ EN ARRIÈRE, QU’AIMERIEZ-VOUS CHANGER PAR RAPPORT AU PARCOURS QUE VOUS AVEZ EU OU QUE FERIEZ-VOUS AUTREMENT ?  

Je pense qu’on prendrait plus notre temps et on céderait moins à la pression des cédants. Nous avons réussi, mais ce fut une grosse année !

QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS À QUELQU’UN QUI SE LANCE AUJOURD’HUI DANS UN PROJET REPRENEURIAL ? 

Bien se renseigner : il y a des risques à reprendre une entreprise. Il faut demander de l’aide, il y a beaucoup de ressources au Québec, dont le CTEQ. Et je dirais qu’il faut lutter contre l’envie de tout faire vite. Il faut analyser, se poser les bonnes questions.

De mon côté, j’ai trouvé sur les médias sociaux un groupe de femmes œuvrant dans le domaine de la construction qui a été d’une grande aide. N’ayez pas peur de demander de l’aide.

RACONTEZ-NOUS UNE ANECDOTE COCASSE QUE VOUS AVEZ VÉCUE LORS DE VOTRE PARCOURS REPRENEURIAL.

Notre maison est maintenant aménagée en fonction de l’entreprise. Les photos de couple au mur ont été remplacées par des calendriers de travail.

 

Cette histoire vous inspire ? Qu’attendez-vous pour vous lancer dans l’achat d’une entreprise ? Communiquez avec nous pour plus d’information !

« Acheter une entreprise en temps d’incertitude » est le sujet qui a réuni le 18 février dernier, 3 experts en transfert d’entreprise ainsi que Guylaine Vézina, nouvelle propriétaire des boutiques Twist qui partage avec nous les différentes étapes de sa reprise d’entreprise en pleine crise sanitaire.

Découvrez dans ce webinaire les conseils aguerris de nos experts pour acheter une entreprise en temps de pandémie, mais aussi l’histoire inspirante de Guylaine Vézina qui a su transformer les menaces en opportunités pour voir son rêve se réaliser.

Mon histoire de vente d entreprise

Une entreprise leader au Québec

Café Saint-Henri arrive en 2011 comme le premier micro-torréfacteur québécois. Au-delà de la qualité des produits, l’entreprise mise sur une démarche de responsabilité sociale. Du petit café-boutique dans le quartier dont il porte le nom, Café Saint-Henri gagne ses lettres de noblesse, multiplie ses pignons sur rues et son réseau de distribution. Une décennie plus tard, l’entreprise emploie 70 personnes, fait rouler deux ateliers de torréfaction (à Montréal et à Québec) qui fournissent ses 8 cafés.

Pourquoi vendre cette belle entreprise en croissance ?

« Pour plusieurs raisons », de répondre l’ex-propriétaire, fondateur de l’entreprise, Jean-François Leduc.

« Je sentais que j’avais amené l’entreprise au bout de mes connaissances et que pour passer à un autre niveau, il lui fallait du sang nouveau. J’avais aussi le sentiment du travail accompli. J’ai fait fleurir ce leader de la micro-torréfaction au Québec et j’en suis très fier. La phase de la gestion de sa croissance me tentait moins ».

On saisit vite que l’entrepreneur a l’esprit du défricheur. Il l’avoue : « C’est vraiment thillrant pour moi de démarrer quelque chose dans un milieu émergent où tout est à faire. Je ne voulais pas faire une overdose de café, même si ça reste mon repas préféré », rigole-t-il. 

Comment recruter un bon repreneur ?

« J’ai tout d’abord sondé mon réseau. Ensuite, je me suis informé auprès d’un courtier, une avenue qui me tentait moins. Je suis un entrepreneur; je préfère souvent faire les choses moi-même. Le CTEQ me permettait de m’annoncer d’une façon que je qualifie d’« élégante ». Son portail assure une certaine confidentialité en plus de toucher une clientèle qualifiée ».

Quelques semaines après avoir inscrit l’entreprise, il recevait déjà des candidatures. Deux mois plus tard, il obtenait une lettre d’intention d’un repreneur.

« En plus de nous être montrés fortement motivés, Sébastien et moi avions tellement d’affinités. Le choix était sans conteste. Le CTEQ a été pour moi un très bon cupidon ».

Le processus qui s’en suit…

Le processus de négociation qui s’en est suivi a duré un an. « Plusieurs vérifications, analyse des contrats, beaucoup de virgules », de préciser Jean-François.

« C’est une année un peu étrange où je devais incarner deux rôles qui sont en quelque sorte inconciliables. D’une part, me préparer mentalement à céder totalement le contrôle de mon entreprise à quelqu’un et de l’autre côté, devoir mettre la pédale à fond pour que l’entreprise continue de croître, qu’elle développe de nouveaux projets. Ces derniers efforts sont essentiels pour montrer la valeur au repreneur. J’ai réussi à concilier le tout, mais ce n’était pas de tout repos ».

Un conseil d’ami

« D’ailleurs, je pense que c’est la plus grande difficulté pour un cédant; celle de trouver l’équilibre entre ces deux rôles qui sont très exigeants. Il faut se garder motiver à s’investir dans l’entreprise et la garder au top sans quoi le processus risque de ne pas aboutir, menant par exemple à une balance de ventes qui tombe à l’eau. Il faut être mentalement prêt et rester motivé au fil des mois ».

Projets d’avenir

 Au moment de faire l’entrevue, l’ex-propriétaire, début quarantaine, était encore à l’appui du repreneur : « Je reste disponible pour mon repreneur, pour assurer une bonne passation, mais à moyen terme, je veux vraiment prendre une pause. J’ai décidé de me l’accorder, de prendre du temps pour moi, ma famille, mes loisirs. Je n’exclus aucune possibilité pour mon futur ».

À la question, Pensez-vous démarrer une autre entreprise ?, il répond : « Je ne suis pas un artiste, mais je pense que la création d’entreprise est un art en soi et qu’il m’a toujours stimulé ».

Comme le dit le dicton : Jamais deux sans trois !

cédant piège à éviter

Minimiser l’aspect émotionnel

C’est une des premières erreurs que fait le cédant. Votre entreprise, c’est votre « bébé ». Vous l’avez créée, développée et vue grandir sur plusieurs années. Devoir la transférer un jour peut soulever beaucoup d’émotions en vous et cela est tout à fait normal. Vous devez d’abord accepter le fait que vous n’êtes pas éternel, faire votre deuil et être prêt mentalement à passer le flambeau même avant d’entreprendre le processus de transfert. Cela facilitera la transaction entre vous et votre relève.

Rester bloqué sur un prix de vente

Notez que le prix est une base de négociation et non la valeur brute de l’entreprise. Vous devez donc être plus flexible sur cet aspect au risque de faire échouer la transaction surtout si vous avez déniché la perle rare à qui transférer votre entreprise. Il est nécessaire d’avoir une vision globale sur les conditions générales de négociation et ne pas uniquement rester fixé sur le prix. À la place d’avoir le prix de vente souhaité, vous pourriez par exemple négocier avec le repreneur pour garder quelques actions dans l’entreprise.

Penser qu’il sera facile de trouver sa relève et sous-estimer le temps de transfert et de cohabitation

Cette erreur est souvent rencontrée chez plusieurs propriétaires-dirigeants. Cependant, il faut savoir que trouver la bonne relève et bien la préparer afin qu’elle assure la pérennité de l’entreprise peut prendre plusieurs années. Et plus vous reportez cet exercice à demain plus vous courez la chance de voir votre entreprise disparaître sans jamais trouver personne pour la reprendre. Alors prudence ! Vous devez anticiper cette étape importante de la vie de votre entreprise. Si vous souhaitez vendre votre entreprise dans les 2 ou 3 prochaines années, vous devez dès maintenant commencer à chercher votre relève.

À lire : Réussir son transfert : ce n’est pas simplement une question d’argent !

De plus, la vente n’exclut en aucun cas le processus de planification de la relève. Pour assurer la prospérité de l’entreprise après la vente, une période de transition ou de cohabitation est essentielle entre le cédant et le repreneur.

Se dire que la relève sera familiale donc le transfert d’entreprise sera facile

Il s’agit là encore d’une belle idée reçue ! Le transfert d’entreprise familial vient aussi avec son lot de défis à gérer tant au niveau de la famille qu’au niveau des employés. Voici les cas les plus souvent rencontrés :

  • Vous avez plusieurs enfants, mais vous décidez de transférer l’entreprise à un seul d’entre eux. Cela peut rapidement générer des tensions familiales qui perdurent. Il faudra alors vous assurer qu’il y ait une certaine égalité dans l’offre qui sera faite aux autres enfants.
  • La reprise familiale entraîne parfois aussi beaucoup de non-dits entre les différents acteurs. La vie familiale et les affaires sont souvent mélangées. Il est parfois difficile pour certaines personnes d’établir les barrières de façon claire. Cela peut non seulement rendre la transaction extrêmement éprouvante et compliquée, mais aussi briser des liens familiaux.
  • Dans certains cas, vous vous demandez si vous devriez vendre ou non l’entreprise en dessous de sa juste valeur pour aider et faciliter l’achat à votre enfant. Cela aussi peut entraîner toutes sortes d’émotion et de tiraillement au cours de la transaction.
  • L’exonération de gain en capital est aussi actuellement un frein au transfert familial, car elle désavantage beaucoup le cédant. À cet effet, vous pouvez consulter notre webinaire : (publication du rapport sur l’influence des facteurs fiscaux sur les transferts de PME)
  • Vos employés peuvent aussi être mécontents de voir que le repreneur est un membre de la famille qui n’a peut-être aucune expérience pour diriger l’entreprise. Il est donc conseillé que votre enfant acquiert de l’expérience ailleurs avant de reprendre l’entreprise ou alors, qu’il commence au bas de l’échelle dans l’entreprise et qu’il gravisse les échelons avant de reprendre un jour l’entreprise. Cela rassurera le personnel et donnera de la crédibilité et de la légitimité à votre enfant.

Pour toute question, n’hésitez pas à communiquer avec nous !

Vous pourriez aussi aimer cet article sur les pièges à éviter en tant que repreneur d’entreprise. 

Richard Gauthier, cédant de Construction Gauthier Entrepreneur Général

Parlez-moi de votre entreprise et des transferts qu’elle a vécus.

Construction Gauthier a été fondée par mon père, au début des années 1960 au Saguenay. Je suis arrivé dans l’entreprise à la fin des années 1970 après avoir terminé mes études en génie civil et j’ai repris l’entreprise avec mes deux frères environ 15 ans plus tard.

Au fil des années, l’entreprise s’est spécialisée dans la construction commerciale, industrielle et institutionnelle, partout au Québec.

C’est en 2018 que la transition vers la 3e génération s’est conclue. Les propriétaires sont mon fils, mon neveu, un membre de la direction ainsi qu’une personne du domaine bancaire. Il s’agit donc d’une reprise assez mixte !

On parle souvent du fait que le plan de transfert devrait faire partie du cycle de vie normal d’une entreprise. Est-ce un concept relativement nouveau selon vous ? Est-ce que les prédécesseurs de votre entreprise étaient sensibilisés à cela ?

Mon père et sa génération n’étaient aucunement sensibilisés à cela. C’est aussi le cas pour la mienne. Le transfert d’une entreprise n’était pas considéré comme une étape planifiée dans le cycle de vie normal d’une entreprise, mais d’un passage obligé pour prendre sa retraite. On croyait que le temps allait faire les choses, mais au bout du compte, le transfert se réalisait de façon très bousculée.

Cependant, pour les entrepreneurs qui ont moins de 50 ans aujourd’hui, il s’agit bien d’un concept important.

À mon avis, réfléchir à son transfert est une obligation. Ne pas le planifier met en péril l’image de l’entreprise et sa valeur, entre autres.

Lire aussi : De chef d’entreprise à retraité : comment gérer la transition ?

Personnellement, qu’est-ce qui vous a sensibilisé à l’importance de préparer votre plan de transfert ?

Pour ma part, puisque je suis impliqué dans plusieurs organisations, la réflexion m’est venue naturellement. De plus, un petit problème de santé m’a amené à devoir passer les rênes pendant un mois. Cet événement m’a fait réaliser que ceux qui m’ont remplacé, et particulièrement mon fils Pier-Alexandre, étaient prêt à prendre de nouveaux défis au sein de l’entreprise.

Force est d’admettre que la pensée est vite devenue une action quand nous avons été mis devant ce fait accompli : nous ne sommes pas irremplaçables et il est impératif d’organiser l’après.

On dit qu’un transfert d’entreprise se réalise sur 2 à 7 ans, selon la complexité de l’entreprise, sa taille, et le type de transfert. Y a-t-il d’autres facteurs propres au secteur de la construction qui pèsent dans la balance ?

Oui, c’est une industrie qui a son lot de complication. Ce sont des entreprises qui doivent reconstruire leur carnet de commandes à chaque année. De plus, elles sont extrêmement difficiles à financer car beaucoup repose sur la relation de confiance de l’entrepreneur et de ses actifs.

En plus, il s’agit d’un domaine qui n’a pas une excellente presse en raison des commissions vécues et qui n’a pas une bonne réception des banquiers à l’origine.

Il faut se battre à chaque année pour se vendre à nos assureurs, nos clients, nos financiers, etc.

Mais, ça demeure une entreprise. Et la valeur de celle-ci se mesure par ses entrepreneurs, ses employés, sa structure et surtout, ses clients.

Quelles sont les conséquences d’un plan de transfert inexistant, mal préparé ou préparé trop tard sur un entrepreneur et son entreprise ?

C’est la fatalité. On ne peut plus se permettre aujourd’hui de ne pas être préparé pour l’après. Une entreprise mal préparée ne survivra pas l’exercice car ça demande d’échanger de l’information précise sur tous les volets touchant l’entreprise.

Le repreneur aura à vivre avec ce qui aura été négocié avec le cédant pour le reste de sa vie d’entrepreneur, donc il faut que ce soit bien fait.

On le dit et on le répète : une année de préparation va sauver 10 années de vie à une entreprise. Il faut le prendre comme un investissement. C’est un exercice qui nous permet de faire le constat de nos bons et mauvais coups et que la relève ne retienne que les bons.

Quand est-ce que le plan de transfert d’entreprise doit être préparé ?

À mon avis, le meilleur moment pour planifier la vente de votre entreprise en construction est : lorsque vous êtes très bien assis dans votre siège d’entrepreneur et que vous maîtrisez l’organisation. C’est à ce moment-là que vous devriez commencer à déléguer.

Si j’avais à donner un chiffre, je dirais que c’est à mi-chemin de votre carrière estimée. Donc si votre carrière d’entrepreneur durera 30 ans, commencez à planifier 15 ans après le début de celle-ci.

Y a-t-il des enjeux typiques aux entrepreneurs en construction qui pourraient les retarder à bien planifier leur transfert ?

La grande majorité sont des autodidactes. Souvent, ils ont commencé comme ouvrier et ils ont constaté avec le temps qu’ils avaient des qualités de leader. Ils ont ensuite appris à gérer une entreprise « sur le tas ». C’est pourquoi ils ne sont pas nécessairement sensibilisés à l’importance de planifier le transfert d’entreprise.

En contrepartie, la nouvelle génération d’entrepreneurs est mieux formée et possède normalement une formation collégiale ou même universitaire.

Si vous aviez tous les entrepreneurs en construction du Québec devant vous présentement, quel message aimeriez-vous leur partager ?

Ne vous imaginez pas qu’un transfert d’entreprise ne se prépare pas.

Se trouver une passion pour la retraite fait partie de cette préparation. J’ai constaté que les entrepreneurs avec des passions autres que celle pour l’entreprise ont une belle retraite.

Il est très rare de découvrir des nouvelles passions rendu à la retraite, donc vaut mieux explorer avant pour être prêt. Personnellement, j’en ai plusieurs, dont le vélo. J’en fais même l’hiver !

Sortez un peu de l’entreprise. Passez une partie des pouvoirs aux gens qui vous entourent. Explorez différentes activités : la pêche, le sport, le voyage, la lecture… Le monde est à votre portée !

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Où en êtes-vous dans votre plan de transfert ? Contactez-nous pour nous en parler, même si tout est à faire !