Catégorie : Acheter une entreprise

entreprise saguenay

Vous souhaitez immigrer au Québec et y acheter une entreprise ? Quel beau projet !

Selon la Communauté métropolitaine de Montréal, en 2016, environ 85 % des immigrants du Québec résidaient dans la grande région de Montréal.

Pour un immigrant, s’installer en ville offre bien des avantages, mais il y en a aussi plusieurs lorsqu’on choisit plutôt d’aller en région ! Les connaissez-vous ?

Afin de vous éclairer là-dessus, le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) fait appel à quelques experts, ainsi qu’à un entrepreneur immigrant qui s’est établi en région et y a acheté une entreprise.

Les avantages d’acheter une entreprise dans une région du Québec

« D’entrée de jeu, il y a beaucoup moins de concurrence en région pour acheter une entreprise », affirme Charles-André Morel, conseiller en transfert d’entreprise au CTEQ. Ceci s’explique par le fait qu’il y a une carence démographique et un enjeu de relève en région, surtout en ce qui concerne les régions rurales. On constate de plus en plus que les employeurs recrutent à l’étranger pour pallier ce manque.

De plus, comme l’affirmait Stéphane Lesourd, directeur des opérations de Place aux Jeunes en région dans notre article Acheter une entreprise en région, « On parle évidemment de proximité à la nature et d’achat local au sein de communautés solidaires et tricotées serrées. L’achat d’une maison, ou d’autres propriétés sont aussi beaucoup plus accessibles ».

La question de l’intégration

Du côté de Place aux jeunes en région, Stéphane constate que le volume de demandes provenant de l’extérieur du pays pour s’installer dans une région du Québec a augmenté au cours des dernières années. En effet, le rôle de l’organisme est d’attirer, d’accueillir et d’intégrer les jeunes de 18 à 35 ans en région grâce à différents programmes, incluant la clientèle immigrante. Pour ce faire, c’est un réseau de plus de 80 agents répartis partout au Québec qui offrent, sans frais, des services d’accompagnement.

Le rôle que la pandémie a joué

« La pandémie de la COVID-19 a remis les choses en perspective pour plusieurs. », soutient Stéphane Lesourd. « On pense par exemple à un entrepreneur parisien qui est confiné dans un petit logement avec sa famille et en télétravail qui ressent un besoin pour de l’espace soudainement. Cette situation l’amènerait sûrement à revoir ses priorités et ses aspirations. », poursuit-il.

Charles-André renchérit : « Immigrer dans une région du Québec lui permettrait d’avoir une maison abordable et assez grande pour sa famille, ainsi que d’y acheter une entreprise plutôt que d’en démarrer une nouvelle ou encore faire croître son entreprise par acquisition ».

L’histoire du Français Louis Cousin et de la boulangerie Merci la mie au Lac-Saint-Jean

Après avoir quitté la France pour faire ses études à Montréal, il s’est rapidement installé à Alma pour y travailler. Ayant choisi une municipalité à l’échelle de sa ville natale, Louis Cousin s’est facilement intégré à la communauté almatoise.

« Un jour, je suis allé marcher et j’ai trouvé une boulangerie où on y vendait du bon pain. Du bon pain, c’est important pour un Français », raconte-t-il en souriant.

Malheureusement, quelques années plus tard, la boulangerie en question, véritable fleuron régional en matière de gastronomie, a subitement fermé ses portes. M. Cousin était persuadé que la boulangerie serait rapidement rachetée et rouverte. Mais, quelques mois plus tard, ses portes étaient toujours closes.

C’est lorsqu’il a appris que l’ancienne propriétaire cherchait à vendre tout l’équipement en Gaspésie que Louis a décidé de prendre la situation en main. Lui et quelques autres amis de la boulangerie se sont rencontrés et ont rapidement décidé de reprendre l’entreprise.

« Si on perdait le matériel, on perdait notre boulangerie », se rappelle-t-il.

Ils ont repris collectivement le commerce et ont fondé une coopérative de solidarité. Cette forme d’organisation, particulièrement adaptée aux projets menés par et pour la communauté, a permis d’insuffler une gestion démocratique au projet et de s’assurer que les retombées sociales et économiques se fassent à l’échelle locale.

Une fois la boulangerie reprise, ils ont dû s’attaquer à un défi important : embaucher un boulanger. Ce qui a rendu la tâche doublement difficile, c’est le fait qu’ils n’en trouvaient pas localement. Ils ont dû recruter en France, et ce, en pleine pandémie. Après plusieurs mois, et grâce à l’aide de leur député fédéral, Merci la mie a enfin pu intégrer un boulanger.

« Je remercie notre milieu. Malgré nos défis, notre clientèle a continué à nous soutenir. On ne les remerciera jamais assez. On croit maintenant que la boulangerie a de belles années devant elle », dit-il.

Des conseils du repreneur immigrant

« Les régions au Québec, c’est un monde d’opportunités. Si tu as un savoir-faire, une envie entrepreneuriale, tu vas sortir du lot tout de suite. Tu vas être mis de l’avant. »

Lorsqu’on lui demande quelles sont les premières étapes à entreprendre pour un immigrant souhaitant s’installer en région pour y acheter une entreprise, Louis dit en riant : « Appelle-nous ! Je suis passé par là et je pourrais sûrement vous donner un conseil ou deux ».

« Mais surtout, faites-vous accompagner. Il y a plusieurs organismes qui peuvent vous soutenir, dont le CTEQ », conclut-il.

Et vous, où rêvez-vous de vous installer au Québec ? Quel type d’entreprise aimeriez-vous reprendre ?

Transformez votre rêve en action en communiquant avec nous !

 

À lire : Le secteur bioalimentaire : risques et occasions d’affaires pour les repreneurs

entrepreneur gestionnaire

LE Gestionnaire

L'entrepreneur

Qui sont-ils

Il a fait carrière comme professionnel (ingénieur, comptable, MBA, etc.) au sein d’une ou plusieurs entreprises de petite ou moyenne taille, occupant des postes de cadre ou de gestionnaire.

Il a créé une entreprise ou s’est lancé en affaires en investissant dans un secteur, par exemple l’immobilier. Il détient plutôt une expertise liée à un secteur, que ce soit un métier technique, une passion, ou encore une invention ou une innovation.

Que recherchent-ils dans le repreneuriat ?

Il cherche à devenir le patron, prendre ses décisions, être autonome et mettre ses compétences à profit d’une occasion d’affaires. Il cherche une entreprise stable avec un bon potentiel de croissance.

Idem, mais avec en plus, l’envie de continuer de créer, d’innover, de faire pivoter un modèle d’affaires. Il cherche une entreprise qui l’inspirera pour satisfaire son esprit de défricheur, de créateur et d’innovateur.

Quelles sont leurs forces ?

Il a des compétences approuvées dans son domaine de gestion ou sa profession. Il connaît les rouages des entreprises plus établies. Il prend des risques calculés.

Il sait porter plusieurs chapeaux ayant dû le faire dans une entreprise qui est partie de zéro. Il a une bonne solvabilité et une capacité d’emprunt (si son entreprise est en santé).

Il n’a pas peur du risque.

Leurs défis

Bien que son savoir-faire peut être transféré sur d’autres fonctions en entreprise (RH, opérations, stratégie, finances, ventes, etc.), le type gestionnaire est souvent moins polyvalent en raison de son expérience.

Il pense parfois pouvoir diriger d’en haut, mais devra mettre les mains dans les opérations, être informé de tout, parfois boucher les trous et soutenir ses équipes.

Plusieurs gestionnaires font parfois demi-tour face aux implications financières qu’implique un rachat d’entreprise. (p. ex., une garantie personnelle)

L’entrepreneur a quant à lui sans doute plus de mal à entrer dans les chaussures d’un ancien dirigeant.

Il voudra sans doute dès le départ amorcer beaucoup de changements et faire les choses à sa manière !

 

Que doivent-ils considérer ?

Envisager d’acquérir une entreprise de taille similaire à celle(s) dans laquelle/lesquelles il a évolué pourra l’aider à trouver des repères.
Il peut être moins à l’aise dans de très petites entreprises, à moins d’avoir démontré beaucoup de polyvalence et une forte envie d’apprendre.

Développer ses qualités de leader et ses compétences dans les aspects de gestion moins maîtrisés.

Considérer l’affinité qu’il a avec le secteur de l’entreprise à racheter pour s’assurer d’être autant investi que dans son entreprise d’origine.

Être à l’écoute du cédant et des équipes en place pour s’approprier le savoir-faire et assurer une transition fluide.

À lire : L’importance de bien cibler l’entreprise que je veux acquérir

Bien entendu, tout n’est pas aussi noir ou blanc ! Beaucoup de gestionnaires qui cherchent une entreprise à reprendre ont une fibre entrepreneuriale et des expériences polyvalentes. Parallèlement, les entrepreneurs aux commandes d’une entreprise en croissance doivent eux aussi démontrer leurs compétences de gestionnaire.

Et peu importe leur bagage, tous deux chercheront une occasion qui correspond à leurs intentions, idéalement clairement définies. Investir un capital dans une entreprise de taille moyenne pour la structurer et la faire grandir, acheter une petite entreprise pour changer de style de vie ou devenir repreneur en série : c’est le champ des possibles !

Au CTEQ, des formations sont mises à disposition sous forme de modules thématiques à consommer à la carte et selon les besoins

Connaître ses avantages, ses défis, demander conseil, analyser et prendre des décisions éclairées : le CTEQ est là pour vous guider !

N’hésitez pas à communiquer avec nous.

médiation pour le transfert entreprise

Qu’est-ce que la médiation ?

Selon l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec, la médiation « est un processus volontaire et flexible, qui se déroule dans un cadre privé et confidentiel; une personne neutre et impartiale, le médiateur, aide des personnes impliquées dans un conflit à communiquer, à tenter de résoudre leurs difficultés et à trouver par elles-mêmes une issue favorable à leur mésentente ».

Quel est le lien entre la médiation et le transfert d’entreprise ? 

À première vue, le lien entre la médiation et le transfert d’entreprise peut sembler obscur. En effet, la médiation est généralement utilisée pour prévenir ou régler un conflit, alors qu’un transfert d’entreprise n’est pas nécessairement une situation conflictuelle.

Or, il ne faut pas négliger le potentiel de conflit que recèle un transfert d’entreprise, notamment s’il s’agit d’une vente à l’interne, par exemple à des employés-clés, ce qu’on appelle un « management buy-out ».

À lire : Transfert d’entreprise : les pièges à éviter pour le cédant

 L’écoute active

Les médiateurs d’expérience savent utiliser leur outil de prédilection pour favoriser la résolution de conflit : l’écoute active. Cet outil s’avère précieux dans le cadre d’un transfert d’entreprise, car, au-delà des aspects techniques d’une transaction éventuelle, la dynamique d’un transfert est résolument humaine.

Or, ayant affaire avec des humains, la communication est la clé du succès dans le domaine du transfert d’entreprise, encore une fois surtout s’il s’agit d’une vente à l’interne.

Voici quelques-uns des outils de l’écoute active dont le médiateur en transfert d’entreprise se sert pour favoriser une saine communication entre les personnes impliquées et, ainsi, de faciliter la mise sur pied d’une structure transactionnelle convenable pour tous :

  • Le questionnement : le médiateur fait preuve de curiosité par rapport aux individus impliqués dans le processus et à la dynamique de l’entreprise en posant différents types de questions (ouvertes, fermées, etc.)
  • L’éclaircissement : le médiateur s’assure que l’information échangée est claire en demandant des précisions
  • La reformulation : le médiateur explique en ses propres mots ce qu’il a compris et s’assure ainsi d’avoir bien compris l’information qui lui est transmise

Le processus de médiation

Le processus de médiation suit quatre étapes, lesquelles ne sont pas nécessairement suivies de manière chronologique, dans le sens qu’on peut revenir à une étape dite antérieure selon les besoins de la situation. Ces étapes sont les suivantes (Bériault, Marois, Roberge 2012) :

  1. Introduction de la médiation et récit : cette étape permet aux personnes impliquées de faire valoir leur point de vue sur la situation ainsi que leur position de négociation
  1. Exploration des intérêts : l’objectif de cette étape est d’aller au-delà des positions exprimées à l’étape 1, et de découvrir les motivations et intérêts réels qui sous-tendent la position de chacun, ce qui se fait notamment en utilisant les outils d’écoute active présentés plus haut
  1. Création des options et négociation de la solution : il s’agit à cette étape de « brainstormer » sur des solutions potentielles qui, dans le domaine du transfert d’entreprise, seront des solutions de nature transactionnelle
  1. Conclusion de la médiation et entente : on sélectionne les solutions qui conviennent à tous et on s’engage à mettre celles-ci en œuvre dans le cadre d’une transaction entre les parties

Conclusion

L’expérience nous montre que les outils de la médiation sont fort utiles aux fins d’un transfert d’entreprise, en particulier pour un transfert à une relève à l’interne. En effet, il est plus envisageable qu’un médiateur spécialisé en transfert d’entreprise puisse intervenir en toute neutralité dans un contexte de relève interne plutôt que dans celui d’une acquisition par un compétiteur, par exemple. Bien qu’un transfert d’entreprise ne soit pas nécessairement une expérience conflictuelle, il ne faut pas négliger le risque qu’elle le devienne. Or, la médiation n’est pas seulement un outil formidable pour régler des conflits, mais aussi pour les prévenir, et en définitive pour trouver des solutions transactionnelles qui conviennent à tous.

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histoire achat entreprise restauration

Quand deux amis rachètent une institution touristique du coin

En avril 2020, Laurence Marquis et Nicolas Horth, rimouskois de 26 et 27 ans deviennent propriétaires de Capitaine Homard, une adresse estivale incontournable de Sainte-Flavie. Histoire de leur acquisition d’entreprise.

Capitaine Homard est une institution dans la région. À la fois restaurant, poissonnerie, site de camping et de chalets locatifs avec vue sur le fleuve, l’établissement est une halte incontournable pour bien des touristes qui empruntent les routes de la région.

L’entreprise saisonnière emploie environ 35 personnes pour quatre mois durant l’été. Le reste de l’année, les deux propriétaires demeurent les seuls employés.

Le rachat au temps du « corona »

Laurence : Je me rappelle que la journée de signature de notre prêt, le gouvernement annonçait les premières mesures en réaction à la pandémie. Ça nous a presque fait hésiter.

Nicolas : Notre première année a été particulière : on a su à la dernière minute que nous allions pouvoir servir des clients. Heureusement ! Malgré les contraintes, nous sommes contents de l’achalandage de notre premier été. Ça nous a aussi donné plusieurs idées sur ce que l’on devait améliorer.

Un an plus tard, Capitaine Homard s’est doté d’une nouvelle terrasse, a renouvelé son menu qui met de l’avant des produits locaux, a apporté des améliorations à ses chalets locatifs et a apporté des changements pour améliorer l’efficacité du service en cuisine et des commandes à emporter.

Alors que Nicolas prend sous sa responsabilité les opérations en cuisine et tout ce qui touche à la comptabilité, aux « chiffres » (de dire Laurence), cette dernière assure le service client et le marketing. Le duo parfait !

Lire aussi : Acheter une entreprise en période d’incertitude

Un lien de confiance

 Nicolas connaît bien les rouages de l’entreprise : il y a travaillé pendant 7 ans, plus récemment comme gérant et bras droit de l’ancien propriétaire.

Nicolas : Quand on a su qu’Alain voulait vendre, on a sauté sur l’occasion !

Son amie d’enfance Laurence, forte d’une expérience en marketing dans le secteur de la restauration, a embarqué à pieds joints dans l’aventure.

Laurence : Les négociations avec le cédant ont été fluides. Il reste d’ailleurs près du téléphone quand on a besoin de se référer à lui. 

La reprise, pas si facile…

 Laurence : C’est certain qu’acheter une entreprise quand on est jeunes pose des défis. Quelqu’un peut facilement se perdre dans la paperasse à remplir. Il faut aussi trouver une mise de fonds. Ce n’est pas simple comme acheter une maison ! Mais il existe énormément de programmes pour les 18 à 35 ans, pour les femmes en entrepreneuriat, sans compter tous les organismes de soutien qui sont là pour nous aider à concrétiser notre projet. Il faut juste faire ses recherches, et surtout, croire en soi et en son projet au moment de faire des pitchs !

Nicolas : Chaque personne que tu rencontres à travers ces organismes, que ce soit au CTEQ ou auprès de ses partenaires (SADC, CLE, etc.), te donne une information clé pour te faire avancer.

Les deux repreneurs ont pu compter sur l’ancien propriétaire comme créancier principal, combiné à des prêts auprès des organismes de développement économique de la région et une contribution de la famille, la transaction a pu se concrétiser.

Être patrons

Laurence : Gérer des employés, prendre des décisions, c’est stressant. On s’améliore, on gagne en confiance. Il faut accepter que rien ne soit parfait comme on le voudrait.

Nicolas : Les souliers de l’ex-proprio étaient assez grands à combler. Il était très aimé de tous. Se faire accepter des employés, ça se fait avec le temps, mais, ça augure bien.

Les deux propriétaires ont des projets plein la tête pour le futur proche. Ils prévoient de renouveler l’identité de marque et créer une collection de vêtements notamment.

Laurence : On veut faire quelque chose à notre image : jeunes et audacieux !

Ce témoignage vous inspire ? Contactez le CTEQ pour nous parler de votre projet !

Vous aussi vous souhaitez acheter une entreprise ? Découvrez le portrait d’une entreprise à vendre sur la Côte-Nord

Les trois grandes questions suivantes ont été répondues :

  1. Je veux acheter une entreprise : je commence par où ?
  2. Je veux faire valider mon projet : quoi faire ?
  3. Je passe à l’action : ça ressemble à quoi ?

 

Pour toutes questions, n’hésitez pas à communiquer avec nous!

Dirigeant organisant un transfert d"entreprise

La complexité d’un transfert d’entreprise

Le cédant et le repreneur qui s’engagent dans un processus de transfert d’entreprise pour la première fois ne sont généralement pas conscients du niveau de complexité que cela implique. Pour n’en nommer que quelques-uns, voici des volets importants de ce processus :

  • L’évaluation de l’entreprise à transférer
  • La structure fiscale de la transaction
  • Les aspects comptables, fiscaux et légaux de la vérification diligente
  • La négociation et la rédaction la documentation légale

Ces quelques éléments essentiels d’un transfert d’entreprise impliquent à eux seuls l’apport des professionnels suivants :

  • Expert en évaluation d’entreprise
  • Conseiller en fiscalité
  • Comptable professionnel agréé (CPA)
  • Conseiller juridique (avocat ou notaire)

À lire : Un plan de transfert : une dépense ou un investissement ?

Qu’est-ce que la multidisciplinarité en contexte de transfert d’entreprise ?

Pour mener à bien un transfert d’entreprise, les professionnels mentionnés ci-dessus doivent généralement tous être impliqués dans le projet.

Traditionnellement, ceux-ci travaillaient dans une équipe homogène, c’est-à-dire une équipe dans laquelle ne se côtoyaient que des personnes ayant une expertise similaire entre elles.

Cette situation amène son lot de problèmes dans le cadre de transferts d’entreprise, notamment au niveau de ce qui suit :

  • La difficulté de communication entre les professionnels impliqués, ceux-ci ne travaillant souvent pas ensemble sur une base régulière, et les coûts supplémentaires que cela peut occasionner pour la partie représentée.
  • Les enjeux de coordination entre les professionnels du fait que chacun d’eux travaille en silo et que leurs horaires et dossiers prioritaires ne concordent pas nécessairement.
  • Le manque de cohésion potentiel dans la stratégie globale du transfert d’entreprise du fait que chaque professionnel tend à vouloir imposer son point de vue sur le transfert.

Il nous semble évident que cette situation n’est pas optimale.

Il existe donc deux manières d’améliorer cette situation, car, d’une part, nous ne pouvons nous passer de ces différentes expertises dans le cadre d’un transfert d’entreprise, mais que, d’autre part, il est impératif de coordonner le tout adéquatement :

  • Nommer l’un des professionnels impliqués comme gestionnaire de projet en lui attribuant le mandat de gérer les échéanciers, assurer une bonne communication entre les professionnels, et clarifier la stratégie globale du projet et s’assurer que tous y adhèrent.
  • Mandater une équipe multidisciplinaire, c’est-à-dire une équipe comprenant l’ensemble des spécialités professionnelles nécessaires pour assurer le succès d’un transfert d’entreprise, et nommer l’un des membres de l’équipe comme porte-parole de celle-ci et comme gestionnaire de projet à l’interne afin de coordonner le travail et les communications entre ses collègues.

Qu’est-ce qu’une équipe multidisciplinaire ?

Une équipe multidisciplinaire ne représente pas uniquement une équipe autonome ayant toutes les compétences requises pour réaliser le projet, mais il s’agit également d’une équipe dans laquelle chacun de ses membres possède des connaissances larges en transfert d’entreprise lui assurant une polyvalence en tant qu’intervenant et une vision globale du projet. En effet, en étant constamment en contact entre eux, les membres de l’équipe multidisciplinaire développent les compétences ainsi que les connaissances complémentaires provenant des autres spécialités professionnelles représentées par leurs collègues.

À titre d’exemple, l’avocat membre d’une équipe multidisciplinaire en transfert d’entreprise aura non seulement des connaissances en droit des affaires, mais il comprendra également le processus d’évaluation d’entreprise, saura lire des états financiers et autres informations financières, et possédera les réflexes fiscaux requis pour signaler la nécessité de procéder à des analyses ou vérifications fiscales en temps opportun.

Conclusion

Le transfert d’une entreprise étant une opération hautement sophistiquée impliquant plusieurs expertises, il en résulte qu’une équipe multidisciplinaire, qui combine à la fois les forces de consultants généralistes en transfert d’entreprise ainsi que celles liées à la spécialisation, élimine les risques qu’implique l’éparpillement des professionnels amenés à intervenir dans le projet. Une équipe multidisciplinaire travaillant sous un même toit optimise la communication et la collaboration entre chacune des disciplines amenées à intervenir. Cet avantage permettra donc de prévenir les conflits entre les spécialistes impliqués qui pourraient avoir un point de vue unidimensionnel sur l’objectif. Ces raisons nous permettent de conclure que la multidisciplinarité constitue un puissant allié au service du transfert d’entreprise.

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Noba

Robert Larocque, CPA, CGA, a toujours voulu être à la tête d’une entreprise. Il réalise ce rêve à l’âge de 55 ans, en reprenant l’automne dernier, une petite entreprise du secteur bioalimentaire en Estrie. Il nous raconte son parcours de repreneur.

POURQUOI AVOIR CHOISI LE REPRENEURIAT ?

Je suis un comptable de formation, mais je n’ai jamais voulu être un spécialiste de la comptabilité. En sortant de l’université, j’ai lancé deux entreprises, de manière un peu naïve et avec peu de succès.

Dans ma carrière, j’ai toujours cherché à être au service des entreprises et surtout, des petites entreprises au sein desquelles je finissais toujours par faire un peu de tout. On me confiait non seulement des tâches de comptabilité, mais aussi de gestion des TI, des ressources humaines par moment, de la qualité et de la logistique. Ce bagage m’a préparé à devenir repreneur.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE PREMIÈRE DÉMARCHE COMME REPRENEUR ? 

J’ai pris le temps de « magasiner » des entreprises sur différentes plateformes, notamment sur l’INDEX du CTEQ. Après trois mois de recherches, c’est là que j’ai trouvé. J’ai d’ailleurs apprécié la position neutre et professionnelle du CTEQ dans le processus de transfert.

À lire : Acheter une entreprise : de l’intention à l’action – Nos réponses à vos questions

DÉCRIVEZ-NOUS L’ENTREPRISE QUE VOUS AVEZ ACQUISE

Alégria est un fabricant artisanal de pâtes alimentaires sèches biologiques de Stornoway, au nord de Lac-Mégantic. L’entreprise a été fondée par la meunerie La Milanaise. Elle a été reprise en 2008 par un couple qui se dirige maintenant vers la retraite.

POURQUOI L’AVEZ-VOUS CHOISIE ? 

Alegria était mon coup de cœur. Même si je la trouvais trop petite, je voyais tout son potentiel. Ce qui m’a plu, c’est le côté écoresponsable de ce fabricant d’aliments biologiques. Cela s’inscrit dans mes valeurs et dans les tendances actuelles.

L’entreprise a peu de compétiteurs : elle est la seule productrice de pâtes biologiques au Québec à mettre en marché une gamme aussi variée de produits.

RACONTEZ-NOUS BRIÈVEMENT VOTRE PREMIÈRE RENCONTRE AVEC LES CÉDANTS  

Quand j’ai visité les lieux, il y a eu un « clic » entre nous. Ce sont des gens extraordinaires qui voulaient céder à quelqu’un qui partageait les mêmes valeurs d’écoresponsabilité et d’approche humaine.

QUEL TYPE DE TRANSFERT AVEZ-VOUS FAIT ?

Je suis devenu actionnaire principal de la compagnie. Les anciens propriétaires ont gardé des parts.

QUELS ONT ÉTÉ VOS PRINCIPAUX DÉFIS ? 

Mon premier défi a été d’aller chercher le financement. Pour ce faire, j’ai dû :

  • Convaincre des banquiers traditionnels comme la Banque Nationale, Desjardins ou autre
  • Convaincre un organisme comme Investissement Québec afin qu’il donne une garantie de prêt à la banque
  • Avoir un troisième partenaire comme un Centre local de développement (CLD) qu’on doit convaincre afin qu’il nous octroie un prêt
  • Faire une mise de fonds d’au moins 25 %

Un autre de mes défis est de gérer une entreprise située à 150 km de chez moi qui habite à Bromont.

SELON VOUS, QUELS SONT LES AVANTAGES DE REPRENDRE UNE ENTREPRISE ? 

Quand on démarre une entreprise, on n’a pas validé le marché pour notre produit. Avec une reprise, on peut se baser sur un historique, sur une expertise acquise au sein de l’équipe. On garde aussi tous les collaborateurs, cela facilite les opérations.

Lire aussi : Parcours d’un repreneur avec Antoine Chatel

QUELLES SONT LES QUALITÉS ET COMPÉTENCES À AVOIR EN TANT QUE REPRENEUR ? 

Il faut détenir des compétences pour les différents aspects de la gestion d’une entreprise et pas seulement avoir des notions financières. J’avais touché à plusieurs de ces fonctions dans le passé, mais j’avoue que je me suis doté de renfort pour ce qui est du marketing et des ventes.

COMMENT SE DÉROULE VOTRE PROPRE PLAN DE RELÈVE ? 

J’avais plutôt besoin d’un transfert de connaissances techniques, car je maîtrise bien la gestion financière et la gestion d’une usine. Je ne connaissais cependant rien à la fabrication de pâtes bio !

C’est pour cela que l’ancien propriétaire, le directeur des opérations, reste à mes côtés. Il est prêt à rester le temps qu’il faudra, mais pour un maximum de 3 ans. Comme il reste actionnaire, il s’implique beaucoup. On est tous gagnants.

QUELS CHANGEMENTS AVEZ-VOUS FAITS DEPUIS ?

J’ai décidé de changer le nom de la marque pour Noba. Alégria n’était pas une marque déposée. Je me suis dit : « Tant qu’à pivoter, changeons le nom ! ».

Nous sommes passés d’environ 40 produits à 6, fabriqués avec 2 farines (kamut et épeautre). J’ai aussi changé l’emballage en passant du sac de plastique à la boîte faite de fibre recyclée et biodégradable.

Nous lancerons d’ailleurs nos produits en avril sur le marché québécois. C’est très excitant !

COMMENT VOUS PORTEZ-VOUS EN TANT QUE NOUVEAU PATRON D’ENTREPRISE ?

Je suis stimulé à l’os ! J’ai beaucoup trop d’idées, je dois parfois me lever la nuit pour les noter !

Cette histoire vous inspire ? Parlez-nous de votre rêve repreneurial en communiquant avec nous !

acheteur d'une entreprise

Le 18 février dernier, le CTEQ organisait un webinaire en collaboration avec Femmessor sur le thème : Acheter une entreprise en période d’incertitude. Lors de cet événement, quelques questions posées par les participants n’ont pu être couvertes faute de temps. Découvrez dans cet article, les réponses apportées par les conférenciers et d’autres experts aux questions restées en suspens pendant le webinaire.

Vincent Lecorne, président-directeur général, Centre de transfert d’entreprise du Québec

Est-ce que les statistiques émises par M. Lecorne émanent toutes de Statistique Canada ou elles proviennent d’autres sources ?

Les chiffres concernant les intentions de transfert proviennent de Statistique Canada. Les données quant au vieillissement des entrepreneurs et de l’âge moyen des entrepreneurs au Québec proviennent du recensement de 2016 de Statistique Canada.

Finalement, les statistiques évoquées quant aux possibles fermetures d’entreprise proviennent de la note de recherche de janvier 2021 de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante intitulée : Entreprises et emplois à risque au Canada en raison de la COVID-19.

Parmi les 15 000 entreprises, quel pourcentage sont des TPE, PME et grande entreprise ?

  • Le chiffre de 15 000 est une approximation, donc il ne faut pas oublier que l’on parle d’environ 15 000 entreprises (plus précisément entre 15 050 et 15 200 entreprises qui ont l’intention de transférer). En ce sens, toujours selon les récentes données de Statistiques Canada, on peut estimer qu’au Québec c’est environ : 7 800 entreprises de 1 à 4 employés qui ont l’intention de transférer en 2021
  • 5 800 entreprises de 5 à 19 employés ont l’intention de transférer en 2021
  • 1 300 entreprises de 20 à 99 employés ont l’intention de transférer en 2021
  • 120 entreprises de 100 employés ou plus ont l’intention de transférer en 2021
Nathalie Boudreau, conseillère en transfert d’entreprises touristiques, Centre de transfert d’entreprise du Québec

Comment réussir à trouver des opportunités de reprise au sein de l’industrie touristique ?

La première étape est de s’inscrire et de consulter l’INDEX du CTEQ. Cette plateforme compte plus d’un millier d’entreprises à vendre partout au Québec.

Cependant, malgré la pandémie, il ne faut pas s’attendre à acquérir une entreprise à rabais. La plupart des cédants qui sont prêts à vendre sont propriétaires depuis plusieurs années et ont su faire face à ce ralentissement de clientèle, voire profiter de l’affluence des touristes québécois.

Cela dit, les cédants sont toutefois conscients des difficultés qu’auront à surmonter les repreneurs en cette période particulière et ils feront tout leur possible pour faciliter le transfert.

À lire aussi :

L’INDEX, un puissant outil de recherche au service des vendeurs et acheteurs d’entreprise

Je souhaite acheter une entreprise : comment faire mes recherches activement ?

Pour les restaurants quels sont les enjeux d’achat ?

Trouver du financement pour ce secteur d’activité compte habituellement des défis et la pandémie n’aide en rien. Ensuite, le manque de main-d’œuvre est un problème auquel les restaurateurs font face en temps normal. De plus, en raison du contexte actuel, les employés de la restauration se sont réorientés pour la plupart, donc, les propriétaires doivent s’attendre à travailler de longues heures.

Quel message lanceriez-vous aux entrepreneurs/repreneurs des domaines du tourisme ?

Plusieurs secteurs du tourisme ont la cote. Les Québécois(es) ont envie de découvrir leur Québec : le plein air, le sentiment de liberté, le goût de vivre des expériences, pour ne nommer que quelques exemples.

Soyez créatifs, unissez-vous dans vos régions pour vous assurer une offre touristique intéressante. Vous avez tous besoin les uns des autres pour traverser cette tempête !

À consulter :

Vendre une entreprise touristique : les enjeux et les possibilités

Le transfert d’entreprises touristiques au temps de la COVID-19

Guylaine Vézina, propriétaire, Boutiques Twist à Saguenay

Acceptez-vous des artistes qui sont en dehors des régions où sont vos boutiques ? Mais toujours au Québec bien sûr.

L’artisan peut nous contacter directement par téléphone à nos bureaux au 418 512-1818 ou nous proposer ses services par courriel à : [email protected]. Lorsque les produits nous intéressent, nous expliquons les modalités, termes et conditions de vente à l’artisan et si nous nous entendons, nous signons une entente.

Comment est-ce que le potentiel de développement que vous avez constaté dans votre entreprise a influencé votre prix d’achat ? Vous êtes-vous basée seulement sur les états financiers ou étiez-vous prête à payer plus cher pour le potentiel ?

Je me suis basée beaucoup sur les états financiers, le domaine d’activités et l’état actuel de l’entreprise. Mon potentiel de développement provient de mes idées, mon bagage et ma vision du domaine des affaires afin de faire prospérer et accroître l’entreprise, ce qui est n’est pas attribuable à l’ancienne propriétaire, mais à moi seule.

Est-ce que vous avez dû négocier une balance de vente pour permettre la transaction ?

Oui, je l’ai négocié, et ce fut très facilitant, ne serait-ce que pour attacher l’ancien propriétaire aux résultats futurs et aux obligations. Cependant, la transaction aurait eu lieu quand même.

Est-il déjà arrivé à Guylaine de se planter en repreuneuriat, malgré son « flair » et son intuition ? Si oui, comment gérer l’impact sur les collaborateurs afin de conserver la relation ?

Tout est une question de communication et de perception. Lorsque nous établissons un climat de confiance et de respect dès le départ et que les choses sont claires entre le cédant et le repreneur, la relation va très bien par la suite, même si l’acquisition de l’entreprise n’a pas pu s’effectuer. C’est la vie !

Est-ce que les employés, fournisseurs artisans en place savaient que l’entreprise était à vendre avant l’achat par Guylaine ?

Non. Les fournisseurs ont été avisés après mon entrée du 1er octobre 2020. Pour les employés, ils ont été mis au courant lors d’une réunion de l’équipe, un mois avant mon entrée du 1er octobre.

Vicky Pronovost, Associée, Mallette

Peut-on financer 100% de l’achat d’une entreprise ? Est-ce une bonne idée ?

Il est rare que l’on voie une acquisition d’entreprise financée à 100%. Souvent, les banquiers veulent voir l’entrepreneur prendre des risques également.

Souvent, les liquidités provenant des profits générés par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour payer le capital et les intérêts d’un financement à 100%.

Vous pouvez obtenir une portion équité (investissement en capital-actions) provenant de certains prêteurs afin d’alléger la portion de la dette à rembourser.

La structure financière dépend principalement de la solidité financière de l’entreprise, de sa capacité à générer des profits et des actifs à donner en garantie.

Dans une perspective de reprise d’entreprise, au regard des banquiers et autres acteurs financiers, quelle est la crédibilité du repreneur s’il a été essentiellement « Intrapreneur » durant sa carrière ?

Un intrapreneur est un employé qui développe l’entreprise, c’est quelqu’un qui innove. Donc, en principe les banquiers et financiers voient d’un bon œil un employé à l’interne qui a le sens de développer l’entreprise. Si l’intrapreneur propose un bon plan de match pour la poursuite de l’entreprise, démontre qu’il a une vision, qu’il est sensible aux résultats financiers, et qu’il peut s’adjoindre des collaborateurs pour l’aider dans ses faiblesses, tout devrait bien se passer.

Bien s’entourer pour une transaction peut coûter combien en matière de pourcentage de la valeur de la transaction ?

Il existe plusieurs organismes qui offrent de l’accompagnement gratuitement ou à peu de frais (CTEQ, Femmessor, CLD, SADC, etc.). C’est difficile de chiffrer des honoraires, car il y a une partie qui est difficile à déterminer, soit le temps consacré aux négociations qui peut être court, comme très long. Pour certaines transactions, vous allez avoir besoin de prévisions financières complètes pour obtenir du financement, alors que pour d’autres transactions vous n’en aurez pas besoin. L’important, c’est de prendre le temps de trouver un bon professionnel qui a de l’expérience en transaction. Vous devez être à l’aise avec le professionnel choisi de discuter d’honoraires et d’avoir une discussion franche.

Est-ce un bon moment pour vendre ou il est préférable d’attendre… puisque les bénéfices ne sont pas nécessairement au rendez-vous ?

Ça dépend du secteur et de la raison justifiant pourquoi les bénéfices ne sont pas au rendez-vous. Est-ce simplement la COVID ? Est-ce qu’après la COVID, votre produit ou service va revenir à la normale ou il pourrait y avoir une modification des habitudes des consommateurs qui étaient ciblés par votre produit ou service, à la baisse ? Est-ce que votre historique de profit (cinq dernières années) est assez stable ou en dent de scie ? Si vous êtes capables de démontrer le retour des profits après la pandémie, vous pourriez tenter votre chance, mais les négociations peuvent être plus ardues et il pourrait y avoir des clauses d’ajustement de prix de la part de l’acheteur conditionnel au retour des profits. Cependant, si vous attendez, cela vous permettra de prouver à un acheteur que les profits sont de retour et les négociations pourraient être plus faciles.

Est-ce que les sources de financement pour un repreneuriat sont autant disponibles maintenant qu’avant la pandémie ? Est-ce que les bailleurs de fonds sont compréhensifs en vue d’une baisse des ventes et des profits qui seraient causés par la pandémie ou bien est-ce qu’ils demandent de plus grandes mises de fonds ?

Oui, les institutions financières ont des fonds disponibles pour financer des acquisitions. La vitesse du retour à la profitabilité va avoir un impact important sur le montant de financement. Il en faut comprendre qu’un prêteur veut s’assurer d’être remboursé dans les délais prévus. Donc, selon votre secteur, les actifs à donner en garantie, la vitesse de retour à la normale, la solidité du repreneur et son bilan personnel vont avoir un impact sur le montant du prêt.

Comment calculer l’impact des subventions salariales aux états financiers ? Il est difficile dans une entreprise en croissance de voir si l’impact de la subvention aux états financiers est un avantage ou désavantage en fonction des profits vraiment perdus.

Premièrement, il faut demander au vendeur s’il n’est pas indiqué clairement dans les états financiers, toutes les subventions reçues en lien avec la pandémie. Une bonne analyse financière mensuelle historique (24 mois minimum) avant la pandémie et les mois après la pandémie (sans les subventions), est nécessaire pour comprendre la rentabilité mensuelle de l’entreprise (stable ou cyclique). Elle peut permettre d’évaluer l’impact des subventions salariales. Bref, en comparant, mensuellement sur trois ans, exemple avril 2018, avril 2019 et avril 2020 (pandémie) cela permet d’évaluer l’impact de celle-ci sur les profits perdus.

J’ai déjà eu l’expérience de rachat d’entreprise dans le domaine manufacturier avec l’apport nécessaire (mise de fonds) et balance de 25% du prix négocié avec le vendeur. Mais aucune banque ne s’est avancée dans ce contexte de pandémie. Quelle est la position des banques pour le financement ? Sachant que ce contexte est là pour un bon moment !

Ça dépend du secteur manufacturier, des projets pour la reprise, de sa capacité actuelle à payer de nouvelles dettes, des actifs qu’elle peut donner en garantie. Il faut prendre le temps de regarder le dossier avec plusieurs institutions financières, car leur tolérance au risque pour certains secteurs peut être différente d’une banque à l’autre. Il est souvent intéressant de demander à deux institutions financières de partager le risque. Exemple : banque traditionnelle avec BDC, ou IQ, Fonds régionaux FSTQ, CSN, Desjardins Capital de risque, DEC Canada, etc.

En tant que repreneur individuel, comment se différencier par rapport à un acheteur stratégique ?

L’acheteur stratégique peut être prêt à payer un peu plus cher une transaction, sachant qu’il réalisera des économies par la suite, donc il faut en être conscient. Vous n’avez pas intérêt à payer une entreprise trop cher, donc il est important de bien évaluer le projet. Vous pourrez vous différencier par votre connaissance de l’entreprise et du secteur, votre leadership, votre solidité financière (personnelle), les projets que vous désirez réaliser avec cette entreprise.

En tant que repreneur, je trouve que les entreprises québécoises ont un prix très élevé par rapport à leur BAIIA. Comment travaillez-vous avec les cédants pour gérer leurs attentes en ce qui concerne la valeur de leur entreprise ?

Lorsque j’établis la valeur d’une entreprise avec un cédant, je regarde toujours dans une 2e étape la capacité de l’entreprise à financer la transaction selon le prix établi. Par cet exercice, le cédant est en mesure de comprendre, combien l’acheteur pourrait obtenir d’une institution financière et combien l’acheteur devra mettre de sa poche pour acquérir l’entreprise. Si l’acheteur n’a pas ce montant, je lui explique que c’est lui qui pourrait avoir à demeurer en balance de vente. Cet exercice permet de conscientiser le cédant, surtout s’il veut vendre à ses employés qui souvent n’ont pas de fortune personnelle à investir.

Si l’entreprise que j’aimerais acheter avait dû avoir de meilleurs résultats en raison de la pandémie, mais que dans les états financiers il n’y avait pas de croissance est-ce une bonne idée d’acheter ?

La première étape est de bien comprendre pourquoi les résultats n’ont pas été au rendez-vous. La réponse à cette question permettra de déterminer si c’est une bonne idée ou non.

Visionnez le webinaire complet ici.

N’hésitez pas à communiquer avec nous pour toute question !

Sarah Perreault, co-propriétaire de Toiture 24

TOUT D’ABORD, PRÉSENTEZ-NOUS BRIÈVEMENT VOTRE ENTREPRISE

Depuis 2008, Toitures 24 dessert des clients de la Rive-Sud de Montréal et ses environs. Fondée par trois frères, l’entreprise se spécialise dans l’installation de bardeaux et la réparation de toitures. Cet esprit familial règne encore aujourd’hui entre les employés qui comptent une nouvelle recrue : Sarah Perreault, co-propriétaire.

POURQUOI AVOIR PRIS LE VIRAGE DU REPRENEURIAT ?

J’ai souvent voulu me lancer en affaires, mais je n’arrivais pas à m’arrêter sur une idée précise. C’est une occasion qui s’est présentée à mon conjoint. Le repreneuriat est devenu un projet de couple.

Son patron voulait laisser son entreprise rapidement. Comme il avait fait preuve d’un bel engagement et d’un esprit d’intrapreneur, il a tout de suite été vu comme le successeur idéal.

Lire aussi : Parcours d’une repreneure avec Jacinthe Larivière

QUEL TYPE DE REPRISE AVEZ-VOUS FAIT ? 

Il s’agit d’une reprise interne par un employé.

COMBIEN DE TEMPS S’EST ÉCOULÉ ENTRE VOTRE DÉCISION ET VOTRE PASSAGE À L’ACTION ? 

Une semaine ! Les propriétaires laissaient tout à bon prix, mais voulaient une réponse rapide.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE PREMIÈRE DÉMARCHE ?

De mon côté, comme je ne connaissais pas le domaine, j’ai demandé conseil auprès d’un organisme de développement économique de ma région pour savoir si le prix de rachat semblait juste. On m’a mentionné que c’était une très bonne affaire !

Ensuite, j’ai eu une montagne de tâches à faire pour lesquelles j’ai dû m’armer de patience. Magasiner des assurances et un prêt en temps de pandémie n’a pas été de toute évidence. Il y a une réticence auprès de certaines instances. Finalement, c’est en changeant de banque que j’ai obtenu un prêt.

J’ai aussi fait appel à un conseiller au CTEQ, qui m’a guidée dans les étapes à suivre pour le transfert. Il m’a aussi beaucoup encouragée dans les moments de stress.

Dans le domaine de la construction, on n’achète pas les actions pour reprendre une entreprise. Il faut s’incorporer à nouveau.

« Nous avons presque tout repris de Toitures 24 : on a racheté le nom, le nom de domaine, l’équipement de base, le numéro de téléphone ».

QUELS ONT ÉTÉ VOS PRINCIPAUX DÉFIS ?

Les cédants voulaient se libérer rapidement parce qu’ils avaient un autre projet d’entreprise. Ils ont mis un peu de pression sur nous. Mais le problème était que les démarches de type administratives ont pris beaucoup de temps : obtention des permis, des assurances, de ma licence de la Régie du Bâtiment du Québec. De mon côté, je n’avais aucune expérience dans le domaine. J’ai dû me former.

Si vous comptez que j’ai gardé mon emploi jusqu’à la fin du transfert et que nous avons un bébé de moins d’un an, vous imaginez pourquoi j’ai de nouveaux cheveux blancs cette année !

SELON VOUS, QUELS SONT LES AVANTAGES DE REPRENDRE UNE ENTREPRISE ? 

On ne part pas dans le vide. Dans notre cas, les propriétaires ont été très généreux. Il y a aussi tout un transfert de connaissances qui s’est fait; ils nous ont soutenus dès le début. Avec une clientèle déjà bâtie, une confiance sur la marque, des fournisseurs contents de pouvoir continuer à travailler, il y a beaucoup d’étapes de franchies par rapport au démarrage d’entreprise.

AVEZ-VOUS COMMENCÉ À PRÉPARER VOTRE PROPRE PLAN DE RELÈVE ? 

Comme mon conjoint connaît bien l’entreprise, cela a été assez fluide. Les propriétaires nous ont aussi transmis des mines d’or d’informations, car ils voulaient se dégager rapidement. Après seulement deux mois et demi, nous étions autonomes. On a aussi gardé le même comptable, c’est très pratique !

QUELLES SONT LES QUALITÉS ET COMPÉTENCES À AVOIR EN TANT QUE REPRENEUR D’ENTREPRISE ? 

Savoir gérer son stress ! Il faut aussi avoir de l’assurance quand on reprend les commandes. Ce rôle est très nouveau pour moi, mais je pense que j’ai de belles habiletés. Je mets les clients en confiance.

SI VOUS RETOURNIEZ EN ARRIÈRE, QU’AIMERIEZ-VOUS CHANGER PAR RAPPORT AU PARCOURS QUE VOUS AVEZ EU OU QUE FERIEZ-VOUS AUTREMENT ?  

Je pense qu’on prendrait plus notre temps et on céderait moins à la pression des cédants. Nous avons réussi, mais ce fut une grosse année !

QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS À QUELQU’UN QUI SE LANCE AUJOURD’HUI DANS UN PROJET REPRENEURIAL ? 

Bien se renseigner : il y a des risques à reprendre une entreprise. Il faut demander de l’aide, il y a beaucoup de ressources au Québec, dont le CTEQ. Et je dirais qu’il faut lutter contre l’envie de tout faire vite. Il faut analyser, se poser les bonnes questions.

De mon côté, j’ai trouvé sur les médias sociaux un groupe de femmes œuvrant dans le domaine de la construction qui a été d’une grande aide. N’ayez pas peur de demander de l’aide.

RACONTEZ-NOUS UNE ANECDOTE COCASSE QUE VOUS AVEZ VÉCUE LORS DE VOTRE PARCOURS REPRENEURIAL.

Notre maison est maintenant aménagée en fonction de l’entreprise. Les photos de couple au mur ont été remplacées par des calendriers de travail.

 

Cette histoire vous inspire ? Qu’attendez-vous pour vous lancer dans l’achat d’une entreprise ? Communiquez avec nous pour plus d’information !

« Acheter une entreprise en temps d’incertitude » est le sujet qui a réuni le 18 février dernier, 3 experts en transfert d’entreprise ainsi que Guylaine Vézina, nouvelle propriétaire des boutiques Twist qui partage avec nous les différentes étapes de sa reprise d’entreprise en pleine crise sanitaire.

Découvrez dans ce webinaire les conseils aguerris de nos experts pour acheter une entreprise en temps de pandémie, mais aussi l’histoire inspirante de Guylaine Vézina qui a su transformer les menaces en opportunités pour voir son rêve se réaliser.